CHAP. III
FALSIFICATION DE LA NATURE iO
l'étherest le principe, la cause de ma vision. L'objet de ma vision est la chose constituée de telle ou telle manière dans le monde extérieur. Si les dénominations relatives à l'odorat et au goùtont un caractère plus subjectif, néanmoins nul homme sensé ne doute que ce sont des disposition externes propres et caractéristiques de lanaturc des choses, qui sont au fond de la sa veur alcaline, amère, métaUique, salée, ou de l'odeur de brûlé, de pourri, d'épicé. Et quand Schopenhauer s'écrie avec confiance, au sens même de Kant : « Considère ce grand, massif, « pesant arsenal : je te le dis : cette masse « dure, lourde, spacieuse, n'existe que dans la « pâte molle du cerveau : c'est \i\ seulement « qu'elle a la subsistance, elle ne peut se trouce ver en dehors d'elle, c'est ce qu'il te faut « avant tout comprendre » (1), il ne peut, amener l'homme sensé qu'à douter s'il a perdu la tète. La science même de la nature distingue de la façon la plus nette des choses
(1) Œuvres posthumes manuscrites, p. 330.
externes les phénomènes subjectifs, et, ces choses, elle prétend pouvoir les connaître. « Si, « remarque Ilartimann, les choses n'avaient « pas une existence indépendante de l'être « connaissant, les lois de causalité qu'enseigne « la science de la nature, ne seraient que des « rapports entre des combinaisons d'idées abs- « traites : supposition qu'il suffit d'énoncer c pour en sentir le ridicule. D'après l'idéalis- « me, la scienca ne nous dit pas que la choc( se en soi de Tatome A attire la chose en « soi de l'atome B, selon la loi du carré des « distances, mais seulement que mon idée « de l'atome A attire mon idée de Tatome B, tf selon ladite loi. Les savants sont des pen- (L seurs trop naïfs pour admettre encore, ne (( fût-ce que comme possible, une telle déri- « sion de leur science de la part d'une philo- « Sophie idéaliste percée à jour : aussi ne com- <L prennent-ils point ce que veulent dire ces phi- <( losophes avec leurs analyses idéalistes » (1).
(1) Expos, fond, du réalisme transcendental, 93-9-1.
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Résumons-nous brièvement. La nature de la connaissance humaine, c'est quen fait elle ne se produit pas exclusivement par notre activité subjective, mais par le concours déterminant de'la réalite externe. Bien en plus, en fait elle se règle sur le réel qui existe hors de nous, et cette réalité est aussi bien métaphysique que physique, amsi que l'établissent aujourd'hui les sciences de la nature. Ce sont ces trois faits que Kant dénature: on vient de le voir.