CHAPITRE XVIII
67. Et comment pourrais-tu supporter certaines choses dont tu ne comprendras pas le sens?
68. S'il plaît à Dieu, reprit Moïse 3 je serai constant et soumis à tes ordres.
69. Puisque tu veux me suivre, reprit Vinconnay ne m'interroge sur aucun fait avant que je t'aie parlé le premier.
70. Ils partirent donc et marchèrent jusqu'au bord de la mer; étant entré dans un bateau, X inconnu le brisa. L'as -tu brisé, demanda Moïse, pour noyer ceux qui sont dedans? Tu viens de commettre là une action étrange.
71. Ne t'ai-je pas dit que tu ne pourrais pus demeurer avec moi?
72. Ne me blâme pas , reprit Moïse , d'avoir oublié tes ordres, et ne m'impose point des obligations trop difficiles.
73. Ils partirent , et ils marchèrent jusqu'à ce qu'ils eurent rencontré un jeune homme. L'inconnu le tua. Eh quoi ! tu viens de tuer un homme innocent qui n'a tué personne ! Tu as commis là une action détestable.
74. Ne t'ai-je point dit que tu ne pourrais jamais vivre avec moi ?
75. Si je t'interroge encore une seule fois, tu ne me permettras plus de t'accompagner. Maintenant excusemoi.
76. Ils partirent, et ils marchèrent jusqu'à ce qu'ils arrivassent aux portes d'une ville. Ils demandèrent l'hospitalité aux habitants; ceux-ci refusèrent de les recevoir. Les deux voyageurs s'aperçurent que le mur de la ville menaçait ruine. L'inconnu le releva. Si tu avais voulu , lui dit Moïse, tu aurais pu en demander la récompense.
77. Ici nous nous séparerons, reprit l'inconnu. Je vais seulement t'apprendre la signification des choses que tu as été impatient de savoir.
78. Le navire appartenait à de pauvres gens qui travaillaient sur mer; je voulus l'endommager, parce que
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derrière lui il y avait un roi qui s'emparait de tous les navires.
79. Quant au jeune homme, ses parents étaient croyants, et nous avons craint qu'il ne les infectât de sa perversité et de son incrédulité.
80. Nous avons voulu que Dieu leur donnât en retour un fils plus vertueux et plus digne d'affection.
81. Le mur était l'héritage de deux orphelins de la ville. Sous ce mur était un trésor qui leur appartenait. Leur père était un homme de bien. Le Seigneur a voulu les laisser atteindre l'âge de puberté pour leur rendre le trésor. Ce n'est point de mon propre chef que j'ai fait tout cela. Voilà les choses dont tu as été impatient de connaître le sens \
S2. On t'interrogera , ô Mohammed ! au sujet de Dhoul'Karneïn\ Réponds : Je vous raconterai son histoire.
83. Nous affermîmes sa puissance sur la terre, et nous lui donnâmes les moyens d'accomplir tout ce qu'il désirait, et il suivit une route.
84. Il marcha jusqu'à ce qu'il fût arrivé au couchant du soleil; il vit le soieil se coucher dans une fontaine boueuse: il y trouva établie une nation.
85. Nous lui dîmes : 0 DhouPkarneïn ! tu peux châtier ce peuple ou le traiter avec générosité.
86. Nous châtierons, répondit-il, tout homme impie; ensuite nous le livrerons à Dieu , qui lui fera subir un supplice affreux.
87. Mais quiconque aura cru et pratiqué le bien obtiendra une belle récompense , et nous ne lui donnerons que des ordres faciles à exécuter.