CHAPITRE XX. 2o
90. — Nous n'avons point violé nos promesses de notre propre mouvement, mais on nous a commandé de porter plusieurs charges de nos ornements^; nous les avons réunis ensemble. Le Samaritain les jeta dans le feu, et en retira pour le peuple un veau corporel , mugissant. On nous a dit : Ceci est votre Dieu et le Dieu de Moïse ; seulement il (Moïse) Ta oublié pour un autre dieu. Il l'a oublié pour en chercher un autre.
91. N'ont-ils pas observé que ce veau ne pouvait pas leur répondre, et qu'il ne pouvait ni leur être utile, ni leur nuire?
92. Aaron leur disait bien : 0 mon peuple ! on vous éprouve par ce veau. Votre Seigneur est miséricordieux! Suivez-moi, et obéissez à mes ordres.
93. — Nous ne cesserons de l'adorer, répondaient-ils, que Moïse ne soit de retour.
94. Il dit à Aaron : Qu'est-ce qui t'a empêché de me suivre lorsque tu les as vus s'égarer? Veux-tu désobéir à mes ordres?
95. — 0 fils de ma mère ! répond Aaron, cesse de me tirer par la barbe et par la tête. J'ai craint que tu ne me disses ensuite : Pourquoi as-tu semé la scission entre moi et les enfants d'Israël? pourquoi n'as-tu pas observé mes ordres?
96. — Et toi , ô Samaritain ! quel a été ton dessein ? Il répondit : J*ai vu ce qu'ils ne voyaient pas. J'ai pris une poignée de poussière sous les pas de l'envoyé de Dieu 2, et je l'ai jetée dans le veau fondu ; mon penchant naturel m'avait suggéré cela.
97. — Éloigne-toi d'ici, lui dit Moïse. Ton châtiment dans ce monde sera celui-ci. Tu diras à quiconque te rencontrera : Ne me touchez pas 3. En outre, il t'est réservé une comparution [dans Vautre monde] à laquelle tu ne saurais échapper. Jette les yeux sur ce dieu que tu as adoré avec tant de dévotion. Nous le brûlerons, nous le réduirons en poudre et le jetterons dans la mer.
98. Votre Dieu est le Dieu unique; il n'y a point d'autre dieu que lui ; il embrasse tout de sa science.
99. C'est ainsi que nous te racontons les histoires d'autrefois ; en outre, nous t'avons envoyé de notre part une admonition.
100. Quiconque s'en détourne portera un fardeau au jour de la résurrection.
'Tels que les bagues, les bracelets et autres ornements que les juifs avaien enlevés aux Égyptiens.
* De l'ange Gabriel. La poussière sur laquelle l'ange Gabriel avait passé, avait la propriété de donner la vie aux objets inanimés.
' Car, disent les commentateurs, celui qui le toucherait devait et donner la fièvre au samaritain, et la gagner de lui, en sorte que le samaritain était conn damné à être traité conime un pestiféré.
2o4 LE KORAN.
101. nie portera élernelleraent. Quelle insupportable charge ce sera au jour de la résurrection !
102. Au jour où l'on sonnera la trompette et où nous rassemblerons les coupables, qui auront alors les yeux frappés de cécité »,
103. Ils se diront en chuchottant : Vous n'êtes resté que dix
jours sur la terre.
104. Nous savons bien ce que voudront dire leurs chefs quand ils répondront : Vous n'y êtes resté qu'un jour.
105. Ils t'interrogeront au sujet des montagnes. Dis-leur : Dieu les dispersera comme la poussière.
106. Il les changera en plaines égales; tu n'en trouveras plus les sinuosités, ni les terrains tantôt élevés, tantôt déprimés.
107. Puis ils (tous les hommes) suivront celui qui les appellera ait jugement, et qui n'a pas de détours 2; les voix s'abaisseront devant le Miséricordieux , et tu n'entendras que le bruit sourd de
leurs pas.
108. Ce jour-là l'intercession de qui que ce soit ne pourra profiter, sauf l'intercession de celui à qui le Miséricordieux permettra de la faire et à qui il permettra de parler.
109. Il connaît ce qui est devant et derrière eux. Les hommes n'embrassent pas cela avec leur science.
110. Les fronts seront baissés alors devant le Vivant, l'Immuable. Malheureux alors celui qui portera sa charge d'iniquité.
111. Celui qui fait le bien, s'il est en même temps croyant, n'aura point à craindre l'injustice ni la diminution de sa récompense.
112. Ainsi, nous avons fait descendre un livre arabe, et nous y avons répandu des menaces; peut-être finiront-ils par craindre Dieu, peut-être ce Koran fera-t-il naître des réflexions.
113. Qu'il soit exalté ce Dieu, le Roi, la Vérité. Ne te hâte point de répéter les versets du Koran , tant que la révélation sera incomplète. Dis plutôt : Seigneur! augmente ma science.
» Le mot arabe zorkan (ace. pi. de az7^ak) signifie proprement ceux qui ont les yeux bleus, et peut s'appliquer ù ceux qui ont la cataracte, ou à ceux qui ont les yeux naturellement bleus. Les Arabes ont toujours eu une grande aversion pour les hommes aux yeux bleus, signe caractéristique des Grecs leurs ennemis, et Mahomet a pu réellement donner aux réprouvés celte marque ; toutefois, les ■versets 124 et l-2ri de ce même chapitre, où Satan est menacé de comparaître aveugle au jour du ju,i::em«'nt. et où Mahomet se sert du mot a'ma, aveugle, font penser qu'il s'aiîit de la cécité dans le verset qui nous occupe.
' Ce doit élre l'nn.^e Isralil qui mt-nera les hommes tout droit au jour du jugement ; il se tiendra sur un rocher devant .U'rusalem.
CUAPITKE XX. 25o
114. Déjà nous avions fait un pacte avec Adam, mais il l'oublia ; nous ne lui avons pas trouvé de résolution ferme.
115. Et lorsque nous dîmes aux anges : Prosternez-vous devant Adam, ils le firent, excepté Éblis; il s'y refusa. Nous dîmes à Adam : Celui-ci est ton ennemi , et l'ennemi de ton épouse. Prenez garde qu'il ne vous chasse du paradis et que vous ne soyez malheureux.