‹ Le Koran;Chapitre 235 sur 503 · LA LUMIÈRE · texte numérisé non relu

LA LUMIÈRE

Donné à Médine. — 64 versets.

Au nom, au Dieu clément et miséricordieux.

1. Foici une sourate '^ que nous avons fait descendre, et nous l'avons rendue obligatoire ; dans cette sourate nous avons fait descendre des signes évidents (versets clairs), afin que vous réfléchissiez.

2. Vous infligerez à l'homme et à la femme adultères cent coups de fouet à chacun. Que la compassion ne vous entrave pas dans r accomplissement de ce précepte de Dieu, si vous croyez en Dieu et au jour dernier. Que le supplice ait lieu en présence d'un certain nombre de croyants.

3. Un homme adultère ne doit épouser qu'une femme adultère ou une idolâtre , et une femme adultère ne doit épouser qu'un homme adultère ou un idolâtre. Ces alliances sont interdites aux croyants.

4. Ceux qui portent des accusations contre des femmes honnêtes, sans pouvoir produire quatre témoins, seront punis de quatre-vingts coups de fouet; au surplus, vous n'admettrez jamais leur témoignage en quoi que ce soit, car ce sont des méchants ;

5. A moins qu'ils ne se repentent de leur méfait et ne se conduisent exemplairement ; car Dieu est indulgent et miséricordieux.

6. Ceux qui accuseront leurs temmes et qui n'auront d'autres témoins à produire qu'eux-mêmes, jureront quatre fois devant Dieu qu'ils disent la vérité,

7. Et la cinquième fois pour invoquer la malédiction de Dieu sur eux, s'ils ont menti.

8. On n'infligera aucune peine à la femme , si elle jure qiiStte fois devant Dieu que son mari a menti ,

9. Et la cinquième fois, en invoquant la colère de Dieu sur elle si ce que le mari a avancé est vrai.

10. N'était la grâce inépuisable de Dieu et sa miséricorde, il

* La lumière dont il est parlé au verset 33 sert de titre à cette sourate. ' Sourate, chapitre. Ce mot ne s'emploie qu'en parlant du Koran,

LE KOllAN.

VOUS punirait à l'instant J; mais il aime à pardonner, et il est miséricordieux.

11. Ceux qui ont avancé un mensonge ^ sont en assez grand nombre parmi vous ; mais ne le regardez pas comme un mal l bien plus, c'est un avantage pour vous s. Chacun de ceux qui sont coupables de ce crime en sera puni ; celui qui Taura aggravé éprouvera un châtiment douloureux.

12. Lorsque vous avez entendu l'accusation, les croyants des deux sexes n'ont-ils pas pensé intérieurem.ent en bien de cette affaire? N'ont-ils pas dit : C'est un mensonge évident?

13. Pourquoi les calomniateurs n'ont-ils pas produit quatre témoins? et, s'ils n'ont pu les produire, ils sont menteurs devant Dieu.

14. N'était la grâce inépuisable de Dieu et sa miséricorde dans cette vie et dans Tautre, un châtiment terrible vous aurait déjà atteints en punition des bruits que vous avez propagés , quand vous les avez fait courir de bouche en bouche , quand vous prononciez de vos lèvres ce dont vous n'aviez aucune connaissance, que vous regardiez comme une chose légère, ce qui est grave devant Dieu.

15. Que n'avez-vous pas dit plutôt, en entendant ces bruits :

' D'avoir propagé ou admis des propos outrageants contre la femme du prophète. Voy. la note ci-après.

' C'est-à-dire, qui ont porté contre Aïécha, femme de Mahomet, Taccusalion d'adultère. Voici l'historique de cet événement. Dans Tannée 6 de l'hégire, Mahomet avait entrepris l'expédition contre la tribu Mostalek. Au retour de cette course, et non loin de Médine, un soir quand on levait le camp pour continuer la route, Aïécha descendit de son chameau et s'éloigna pour quelque temps. Ses gens, la croyant déjà montée dans sa chaise, emmenèrent le chameau, et toute la caravane poursuivit sa route. Aïécha, se voyant abandonnée, resta à l'endroit même oij elle était descendue, attendant qu'on revînt la chercher, et finit par s'endormir. Peu de temps après, un jeune homme, Safwan Ebn el- Moattal, vint à passer par là ; voyant quelqu'un couché par terre, il s'approcha, et, reconnaissant que c'était une femme, prononça ces mots : « Nous sommes à Dieu et nous retournerons à lui. » Puis il se mit à l'écart, réveilla Aïécha, et lui offrit son chameau. Aïécha accepta l'offre. C'est ainsi que le lendemain elle parvint à rejoindre la troupe. Quand l'absence d' Aïécha et son retour avec Safwan furent connus, on tint sur elle des propos malveillants. Mahomet, ne sachant pas ce qu'il devait croire, se trouvait dans une grande perplexité, et ce ne fut qu'au bout d^un mois qu'il déclara connaître la vérité par suite d'une révélation tout à l'avantage de sa femme. Cette révélation forme le principal sujet de ce chapitre.

'" Ces paroles doivent s'adresser à Mahomet, à sa famille et à Safwan, car la propagation de ces calomnies ne servit qu'à mieux établir l'innocence et l'honneur des uns et des autres.

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