‹ Le Koran;Chapitre 266 sur 503 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

faire éprouver à Pharaon, à Haman \ et à leurs armées, les maux quails redoutaiento

6. Voici ce que nous révélâmes à la mère de Moïse : Allaite-le, et si tu crains pour lui, jette-le dans la mer, et cesse de craindre; ne t'afflige pas , car nous te le restituerons un jour, et nous en ferons un de nos envovés.

7. La famille de Pharaon recueillit Tenfant, afin qu'un jour il devînt leur ennemi et leur affliction. Certes, Pharaon et Hamau et leurs armées étaient des pécheurs.

8. La femme de Pharaon lui dit un jour : Cet enfant sera notre consolation 2; ne le mettez pas à mort, peut-être nous sera-t-il utile un jour ; adoptons-le pour notre fils. Us ne savaient rien.

9. Le cœur de la mère de Moïse fut accablé de douleur; peu s'en fallut qu'elle ne découvrît son origine ; elle Vaurait fait si nous n'avions pas raffermi son cœur afin qu'elle aussi fût croyante.

10. Elle dit à sa sœur : Suivez l'enfant. Elle l'observait de loin sans qu'on l'eût remarquée.

11. Nous lui avons interdit le sein des nourrices étrangères s, jusqu'au moment où la sœur de sa mère, arrivant, dit à la famille de Pharaon : Voulez-vous que je vous enseigne une maison où l'on s'en chargera pour votre compte, et où on lui voudra du bien? On y consentit,

12. Ainsi nous l'avons rendu à sa mère, afin que ses yeux attristés se consolassent, qu'elle ne s'affligeât plus, et qu'elle apprît que les promesses de Dieu sont infaillibles. Mais la plupart des hommes ne le savent pas.

13. Lorsque Moïse eut atteint l'âge de maturité, et que son corps eut pris de la force, nous lui donnâmes la sagesse et la science : c'est ainsi que nous récompensons les hommes vertueux.

14. Un jour il entra dans la ville sans qu'on l'eût remarqué, et il vit deux hommes qui se battaient; i'un était de sa nation, l'autre était son ennemi [Egyptien], L'homme de sa nation lui demanda du secours contre l'homme de la nation ennemie. Moïse le frappa du poing et le tua; mais, revenu de son emportement, il dit : C'est une œuvre de Satan ; c'est un ennemi qui évidemment nous égare.

15. Seigneur, dit-il, j'ai mal agi envers moi-même, pardonne-

* Selon le Koran, Haman est le vizir de Pharaon.

^ Mot à mot : c'est la fraîcheur de l'œil pour moi et pour toi. Les parents se servent des mots fraîcheur de Vœil comme d'un terme de caresse et d'affection en parlant de leurs enfants. Voy. chap. XIX, 26, note.

^ C'est-à-dire, il refusait de teter toutes les nouiTices qu'on lui amenait.

moi. Et Dieu lui pardonna, car il est indulgent et miséricordieux.

16. Seigneur, dit-il, puisque tu as été bienfaisant à mon égard, je ne serai jamais l'appui des coupables.

17. Le lendemain, il marchait dans la ville en tremblant et regardant de tous côtés, et voici que l'homme qu'il avait secouru la veille l'appelait à grands cris. Tu es évidemment un séditieux, lui dit Moïse.

18. Et quand il voulut repousser par la force l'homme leur ennemi commun, son compatriote lui dit ^ : Voudrais-tu me tuer comme tu as tué hier un homme? Tu veux donc devenir tyran dans ce pays? Tu ne veux pas, à ce qu'on voit, être des justes?

19. Un homme accouru de l'extrémité de la ville lui dit : 0 •Moïse ! les grands délibèrent pour te faire mourir. Ouitte la ville, je te le conseille en ami.

20. Moïse en sortit tout tremblant et regardant autour de lui : Seigneur! s'écria-t-il, délivre-moi des mains des méchants.

51. Il se dirigea du côté de Madian. Peut-être Dieu, dit-il, me dirigera dans le droit chemin.

22. Arrivé à la fontaine de Madian, il y trouva une troupe d'hommes qui abreuvaient leurs troupeaux.

23. Et à côté il aperçut deux femmes qui écartaient leur troupeau. Que faites-vous ici? leur demanda-t-il. — Nous n'abreuverons nos brebis, répondirent-elles, que lorsque les bergers seront partis. Notre père est un vieillard respectable-.

24. Moïse tit boire leur troupeau 3, et, s'étant retiré à Fombre, s'écria : Seigneur! je manque de ce bien que tu m'as fait rencontrer ici ^.

25. Une des deux filles revint à lui, et, s'approchant modestement, lui dit : Mon père te demande afin de te récompenser de la peine que tu t'es donnée pour abreuver notre troupeau. Moïse

' Les mots : son compatriote, ne se trouvent pas dans le texte ; on y lit seulement : il dit, et les commentateurs croient que c'est l'Israélite qui prononce ces paroles offensé de s'entendre appeler par Bloïseim séditieux, et craignant que Moïse ne voulût secourir cette fois-là l'Egyptien ; si l'on applique les mots -. il dit: Voudrais-tu, etc., à l'Egyptien, il faut supposer que celui-ci entendant l'aposlroplie de Moïse adressée à flsraélile, soupçonnait quelque chose de pareil à ce qui s'était passé.

' On peut encore traduire ces mots de celte manière : « Notre père est un grand cheïkli, » c'est-à-dire, un chef puissant.

' En étant l'énorme pierre dont on couvre ordinairement une ciierne.

* Moïse trahit ici le désir qu'il aurait d'éjiouscr une femme pareille à celles qu'il venait de voir»

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