Ta Sad. Ce sont les signes de la lecture et de l’Ecriture
évidente.
2. Ils servent de direction et d’heureuse nouvelle aux croyants,
3. Qui observent la prière, font l’aumône et croient fermement à la vie future *.
§ 2. abrogation [2 versetsj.
h 100. Nous n’abrogerons aucun verset de ce Livre, ni n’en ferons effacer un seul de ta mémoire sans le remplacer par un autre, meilleur ou pareil. Ne sais-tu pas que Dieu est toutpuissant.
xvi 103. Si nous remplaçons dans ce Koran un verset par un autre (Dieu connaît mieux que qui que ce soit ce qu’il révèle) ils disent que tu l’inventes toi-même. Non ; mais la plupart d’entre eux ne savent rien .
§ 3. interprétations [1 verset].
xxxm 36. Il n’appartient pas au croyant ni à la croyante, si Dieu et son envoyé ont prononcé sur un point, d’avoir à choisir sur ce qu’ils feront relativement à ce fait. Quiconque désobéit à Dieu et à son envoyé, s’égare d’un égarement évident, c' est-à-dire positif.
AUn allemand, le Révérend J. -A. Moehler, dont le livre, traduit en anglais, a été publié à Calcutta, en 1847, avec une excellente préface de M. John Muir, dit M. Barthélemy Saint-Hilaire ( Mahomet et le Coran , page 230), a cherché, non pas à réfuter, comme Maracci, le Koran par les Evangiles, mais à faire ressortir les rapports existant entre l’Islamisme et le Christianisme. Cet ouvrage est utile à consulter ; mais il ne faut pas oublier que des travaux de cette nature exigent, pour être exécutés avec la plus grande somme possible d’impartialité, des penseurs complètement affranchis de tout engagement fonctionnel vis-à-vis d’un culte quelconque.
KORAN
§ 4. commentateurs ' [3 versets].
in 72. Quelques-uns... torturent les paroles des Ecritures avec leurs langues, pour faire croire que ce qu’ils disent s’y trouve réellement. Non, ceci ne fait point partie des Ecritures. Ils disent: — Ceci vient de Dieu. — Non, cela ne vient pas de Dieu. Ils disent des mensonges sur Dieu et ils le savent.
L «Le Koran fut envoyé du ciel en langue arabe et dans un style conforme à la manière suivie par les arabes pour bien exprimer leurs pensées. Ils. le comprenaient tous alors, et entendaient parfaitement les idées simples et composées qu’il renferme. Il fut révélé phrase par phrase, verset par verset, selon les occasions, soit pour manifester la doctrine de l’unité de Dieu, soit pour indiquer les obligations auquelles les hommes doivent se soumettre dans ce monde ; de ces passages, les uns énoncent les dogmes de la foi, d’autres renferment des prescriptions servant à régler les actions de l’homme. Il y en a aussi qui, révélés d’abord, ont été annulés par d’autres révélés postérieurement. Ce fut le prophète qui en donna l’explication.... qui en développa le sens, distingua les versets abrogeants de ceux qui sont abrogés et communiqua ces connaissances à ces compagnons. Ce fut aussi de sa bouche que les compagnons apprirent la signification (des versets) et les circonstances qui avaient donné lieu à leur révélation. Ainsi, pour n’en citer qu’un exemple, ils surent que ces paroles, l'assistance de Dieu et la victoire étant venues, étaient l’annonce de la mort du prophète. On tient des compagnons quelques autres indications d'un genre analogue. Leurs disciples se communiquèrent ces notions les uns aux autres et les transmirent aux générations suivantes. (Cet usage continua) jusqu’à l’époque où les divers genres de connaissances acquises par les musulmans formèrent autant de sciences et furent mis par écrit dans des recueils. Une grande partie de ces renseignements (au sujet du Koran) furent alors transcrits dans des livres dont quelques-uns offraient les traditions provenant des compagnons et de leurs disciples. Les commentateurs, tels que Tabari, El Ouakedi, Thaalebi et autres, à qui ces renseignements étaient parvenus (par la voie de la transmission orale), firent de leur mieux pour les mettre par écrit. Les sciences qui se rapportaient à la langue arabe, à l’institution primitive des mots, aux principes qui régissaient les inflexions grammaticales et à la manière de combiner les mots afin d’exprimer les idées avec justesse et élégance, devinrent plus tard les objets de l’enseignement professionnel, et il fallut les réunir dans des recueils. Jusqu’alors, ces notions avaient été tellement familières au peuple arabe qu’il n’avait aucun besoin de recourir à des livres ou à la tradition orale pour se les procurer ; mais ensuite elles avaient commencé à tomber dans l’oubli et à ne plus se retrouver que dans les écrits des philologues ; aussi était-on obligé de recourir à ces ouvrages quand on s’occupait de l’interprétation du Koran, car ce livre était en langue arabe et dans un style conforme à la manière dont ce peuple s’y prenait pour bien exprimer ses idées.
« L’interprétation du Koran forma ainsi deux branches (d’exégèse), dont l’une
vi 115. Les paroles de ton Seigneur sont le comble de la vérité et de la justice. Nul ne peut changer ses paroles. Il entend et sait tout.
s’appelle Traditionnelle (et l’autre Philologique). La première s’appuie sur des renseignements oraux qui remontent aux premiers musulmans et consistent en la connaissance de l'abrogeant et de l'abrogé, des circonstances qui donnèrent lieu à la révélation des divers passages du Koran, et de l’objet de chaque verset. Rien de tout cela n’a pu se connaître que par des indications provenant des compagnons et de leurs disciples. Les docteurs d’autrefois avaient réuni ces renseignements dans des recueils ; mais leurs ouvrages renfermaient du bon et du mauvais, des traditions dont les unes étaient acceptables et les autres rejetables, cela tenait à ce que les arabes n’étaientpas de ces peuples qui possédaient des livres révélés, et des notions scientifiques, mais des gens habitués à la vie nomade et profondément ignorants ; aussi, quand ils voulaient connaître les causes qui produisirent les êtres sublunaires, le mode de la création du monde, les mystères de l’univers, ils s’adressaient aux peuples qui avaient déjà reçu des livres révélés et acceptèrent leurs renseignements. Ces peuples étaient les gens du Pentateuque, c’est-à-dire les juifs, et ceux qui les suivirent dans leur religion, c’est-à-dire les chrétiens. Or, les gens du Pentateuque qui habitaient alors parmi les arabes étaient nomades (et ignorants) comme eux et ne possédaient pas plus de connaissances que le vulgaire de leurs correligionnaires. La plupart d’entre eux étaient des himyérites convertis au judaïsme. Lorsqu’ils embrassèrent la doctrine musulmane, ils conservèrent (une masse de récits) qui n'avaient aucun rapport avec les principes de la loi islamique qu’ils venaient d’apprendre ; telles furent les traditions au sujet de l’origine des êtres créés, les prédictions de grandes catastrophes et autre choses de ce genre. Les personnes dont nous parlons étaient Kaab-el-Ahbar ', Oukhb- Iba-Mouebbeh 2, Abd-Allah-Ibn-Selam 3, etc. Les commentaires du Koran se remplirent alors de récits provenant de ces individus, sans remonter plus haut, se rapportant à des matières analogues à celles dont nous avons fait mention, et n’ayant pas assez de connexion avec les articles de la loi islamique pour qu’on se donnât la peine d’y rechercher ceux qui étaient authentiques et dignes d’être acceptés. Les commentateurs se montrèrent très-faciles là-dessus et remplirent leurs livres de récits de ce genre. Ils les reçurent des gens du Pentateuque, ainsi que nous venons de le dire, d’individus qui habitaient le désert et qui étaient tout-à-fait incapables de prouver l’exactitude des histoires qu’ils racontaient. Ce fut la grande réputation de ces néo-
h Voir lra partie, p. 24, note 1.
2. Ce juif, natif de Dimac, village situé à deux étapes de Sanâ, capitale du Yémen, fut un des disciples des compagnons de Mohammed sur l’autorité desquels il enseigna des traditions. Il mourut à Sanâ, vers l’an 114 de l’hégire (732 de J.-C.)
3. De la tribu juive des Béni-Caïnoca. Il embrassa l’Islamisme lors de la fuite de Mohammed et de son arrivée à Médine. Il assista à la conquête de Jérusalem par les musulmans et mourut à Médine, l’an 43 (663-664 de J.-C.)
KORAN
116. Si tu obéis au plus grand nombre de ceux qui habitent ce pays-ci, ils t’écarteront du sentier de Dieu; ils ne suivent que des opinions et ne sont que des menteurs.
phytes et la haute considération dont on les entourait, à cause de leur zèle pour la religion musulmane, qui portèrent les commentateurs à adopter leurs communications.
« L’on s’appliqua plus tard à vérifier les traditions et à rechercher leur authenticité et, dans un des derniers siècles, un docteur nommé Abou Mohammed Ibn Atiya', étant venu au Maghreb, résuma le contenu de ces commentaires, en y prenant surtout ce qui semblait le plus rapproché de la vérité, son ouvrage qui est très-bien rédigé, est fort répandu dans ce pays et en Espagne. El Cortobi 2 vint après lui et suivit précédemment le même plan et la même méthode dans un traité qui jouit d’une grande réputation en Orient.
« La seconde branche de la science d’interprétation Ivoranique est purement philologique, étant basée sur la connaissance de la langue et sur l’art de bien exprimer ses pensées au moyen de termes et de tournures convenables, cette branche se trouve rarement isolée de l'autre, laquelle est la seule qu’on regarde comme essentielle. En efiet, l’interprétation philologique commence seulement à se développer quand la connaissance de la langue et des sciences qui s’y rattachent ne s’acquiert plus que par l’étude. Il est vrai cependant que dans certains commentaires, elle occupe la principale place. » (Ibn-Khaldoun, prolégomènes. T. II, p. 458 et suiv., traduction de M. de Slane, imp. impériale, 1805).
« Il importe de ne pas oublier, quand on consulte les commentateurs, que les docteurs musulmans n’ont pas encore franchi le pas où s’arrêtent volontiers eux-mômes les docteurs chrétiens malgré cette parole de l’Evangile: La lettre tue et l’esprit vivifie. — La science, pour le commentateur musulman, c’est le Koran, ni plus ni moins que la lettre du Koran ; le progrès, c’est un plus grand nombre d’hommes pouvant réciter le Koran ; l’ignorance, c’est l’oubli ou le dédain de la lettre du Koran; le bien, c’est ce qui est fait en conformité de la lettre du Koran; le mal, tout ce qui est en dehors de cette lettre. Il faut que cette étroite façon de raisonner ait sa fascination, puisqu’on la retrouve constamment la même chez tous les convaincus de toutes les religions dites révélées et que bon nombre de travailleurs qui abordent ces matières avec des intentions sérieusement religieuses, finissent par se laisser, eux aussi, entraîner au culte de la lettre.
*. Abd-el-hak Ibo-Ghaled Ibn-Atiya, natif de Grenade, a été toujours regardé comme l 'Imam ou chef de tous les docteurs espagnols qui s’occupaient de l’interprétation du Koran. Il remplit les fonctions de cadi dans la ville d’Alméria et mourut l’an 541 (1147 de J.-C.)
2. Abou-Abd-Allah Mohammed Ibn Ahmed Ibn Atiya el-Cortobi, de Cordoue, mourut dans la haute Egypte, l’an 671 (1272-1273 de J.-C.)
§ 5. paraboles [4 versets].
ii 24. Dieu ne rougit pas d’offrir en parabole, soit un moucheron,
soit quelque autre objet plus relevé. Les croyants savent que c’est la vérité qui leur vient de leur Seigneur; mais les infidèles disent : Qu’est-ce donc que Dieu a voulu nous dire en nous offrant cela comme sujet de comparaison ? Par de telles paraboles, il égare les uns et dirige les autres. — Non, il n’y aura d’égarés que les méchants.
xxxix 28. Nous avons proposé aux hommes dans ce Koran toute sorte de paraboles, afin qu’ils réfléchissent.
xiv 30. ... Le Seigneur parle aux hommes en paraboles, afin qu’ils réfléchissent.
xxv 35. Toutes les fois que ( les infidèles ) te proposeront des ( 'paraboles ) ressemblances, nous te donnerons la vérité et la plus parfaite explication.
§ 6. sept-dormants (les) [17 versets.]
xvin 8. As-tu fait attention que l’histoire des compagnons de la caverne et d’Al-Rakim est un de nos signes et une chose extraordinaire ?
9. Lorsque ces jeunes gens s’y furent retirés, ils s’écrièrent : Seigneur ! accorde-nous ta miséricorde, et assure-nous la droiture dans notre conduite.
10. Nous avons frappé leurs oreilles de surdité dans la caverne
pendant un certain nombre d’années.
1 1 . Nous les réveillâmes ensuite pour voir qui d’entre eux saurait
mieux compter le temps qu’ils y étaient restés.
12. Nous te racontons leur histoire en toute vérité. C’étaient des jeunes gens qui croyaient en Dieu, et auxquels nous avions ajouté encore des moyens de suivre la droite voie.
KORAN
13. Nous fortifiâmes leurs cœurs, lorsque amenés devant le prince,
ils se levèrent et dirent : Notre maître est le maître des cieux et de la terre ; nous n’invoquerons point d’autre Dieu que lui, autrement nous commettrions un crime.
14. Nos concitoyens adorent d’autres divinités que Dieu ; peuventils nous montrer une preuve évidente en faveur de leur culte? Et qui est plus coupable que celui qui a forgé un mensonge sur le compte de Dieu ?
15. Ils se dirent alors l’un à l’autre : Si vous les quittiez, ainsi que
les idoles qu’ils adorent à côté de Dieu, et si vous vous retiriez dans une caverne, Dieu vous accorderait sa grâce et disposerait vos affaires pour le mieux.
16. Tu aurais vu le soleil, quand il se levait, passer à droite de
l’entrée de la caverne, et, quand il se couchait, s’en éloigner à gauche ; et ils se trouvaient dans un endroit spacieux de la caverne. C’est un des signes de Dieu. Celui-là est hien dirigé que Dieu dirige ; mais celui que Dieu égare, on ne saurait lui trouver ni patron ni guide.
17. Tu aurais cru qu’ils veillaient, et cependant ils dormaient ;
nous les retournions tantôt à droite et tantôt à gauche ; et leur chien était couché, les pattes étendues, à l’entrée de la caverne. Si, arrivé à l’improviste, tu les avais vus dans cet état, tu te serais détourné et tu te serais enfui, tu aurais été transi de frayeur.
18. Nous les éveillâmes ensuite, afin qu’ils s’interrogeassent mutuellement. L’un d’entre eux demanda : Combien de temps êtes-vous restés ici ? — Un jour, répondit l’autre, ou une partie seulement de la journée. — Dieu sait mieux que personne, reprirent les autres, le temps que vous avez passé ici. Envoyez quelqu’un d’entre vous avec cet argent à la ville; qu’il s’adresse à celui qui aura les meilleurs aliments, qu’il vous en apporte pour votre nourriture, mais qu’il se comporte avec civilité, et ne découvre à personne votre retraite,
19. Car si les habitants en avaient connaissance ils vous lapide-
raient, ou bien vous forceraient à embrasser leur croyance. Vous ne pourriez plus être heureux, jamais.
20. Nous avons fait connaître à leurs concitoyens leur aventure, afin qu’ils apprissent que les promesses de Dieu sont véritables et qu’il n’y a point de doute sur la venue de l’heure. Leurs concitoyens disputaient à leur sujet. Elevons un édifice audessus de la caverne. Dieu connaît mieux que personne la vérité à leur égard. Ceux dont l’avis l’emportadans leur affaire, dirent : Nous y élèverons une chapelle.
21 . On disputera sur leur nombre. Tel dira : Ils étaient trois, leur chien était le quatrième. Tel autre dira : Ils étaient cinq, leur chien était le sixième. On scrutera le mystère. Tel dira : Ils étaient sept et leur chien le huitième. Dis : Dieu sait mieux que personne combien ils étaient. Il n’y a qu’un petit nombre qui le sait.
22. Aussi ne dispute point à ce sujet, si ce n’est pour la forme et
ne demande point (à aucun chrétien ) des avis à cet égard.
24. Ces jeunes gens demeurèrent dans la caverne trois cents ans,
plus neuf (?).
25. Dis : Dieu sait mieux que personne combien de temps ils y demeurèrent : Les secrets des cieux et de la terre lui appartiennent : Oh ! qu’il voit bien ! oh ! qu’il entend bien ! Les hommes n’ont point d’autre patron que lui ; Dieu ne s’associe personne dans ses arrêts.
§7. alkadr (nuit d’) [5 versets].
xcvii 1. Nous avons fait descendre le Koran dans la nuit d’Alkadr.