Aussitôt qu’il se voit riche
parmi les affiliés les plus obscurs. Revenu rie son exil et de sa prison de Rhodes, après l’avénement du sultan actuel le conspirateur se serait abstenu de la politique, et aurait continué son travail réformateur par les principes religieux.
« Quoi qu’il en soit, et quel que soit le héros de cette réforme, elle a pris naissance sur le sol ottoman, et sur le principe musulman. Elle existe. Est-elle destinée à vivre? Que fera la diplomatie ? réclamera-t-elle en faveur des musulmans réformés, ou s’abstiendra-t-elle par le seul motif que ce n’est pas œuvre de propagande catholique ou anglicane?
« Que fera la Sublime-Porte elle-même, quand elle aura constaté les nombreux adeptes de ce protestantisme dans l’islamisme?
On nous assure qu’elle ne poussera pas plus loin les persécutions religieuses, et que ce qu’elle a fait, c’est seulement pour ne pas mécontenter le sultan, qui avait été inquiété par de faux rapports. »
« On a souvent répété que le Coran s’oppose radicalement aux progrès de l’esprit humain et rend nécessairement stationnaires les peuples qui en suivent la doctrine. Cette assertion est fausse dans un sens, mais elle a quelque chose de vrai dans un autre. Rien dans ce livre ne s’oppose formellement aux investigations scientifiques, ni au libre développement de l’intelligence. Il admet sans doute certaines explications vulgaires de faits physiques dont les théologiens musulmans peuvent s’armer contre les découvertes de la science. Mais à cet égard nos livres canoniques n’ont aucun avantage sur lui, et chacun connaît l’abus qui en fut fait à diverses époques. Ce ne sont là que de faibles obstacles que la science persévérante surmonte facilement, même sans sortir de l’orthodoxie, et que l’on rencontera dans toutes les religions positives. Quant à la brutale réponse d’Omar qui amena la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie, déjà décimée par un autre fanatique, elle n’est qu’un fait isolé, même en l’admettant comme authentique, ce qui est fort contestable. Elle s’efface d’ailleurs devant la création de milliers de bibliothèques fondées par les arabes au temps de leur puissance, et surtout devant la publication d’ouvrages d’une philosophie assez hardie, dus à des écrivains de cette ingénieuse nation. » (Pélissier de Reynaud, Annales Algériennes, t. III, p. 457. éd. 1854.)
« L’excessive difficulté delà lecture, qui suppose toujours en arabe l’intelligence du texte, a été et sera constamment un obstacle à la diffusion des lumières parmi la masse des musulmans. Savoir lire un texte, chez eux est le plus haut résultat de l’étude : on n’y parvient souvent qu’après avoir appris de mémoire, analysé et commenté ce texte; et ce n’est que par une profonde étude et une longue pratique que l’on peut s'habituer à déchiffrer assez rapidement en cette langue. Que l’on compare cette
PROGRES
xx 113. ... Ne te hâte point de répéter les versets du Koran, tant que la révélation sera incomplète. Dis plutôt : Seigneur augmente ma science.
xvii 38. Ne poursuis point ce que tu ne connais pas.
extrême difficulté de la lecture en arabe, à la facilité avec laquelle nous lisons dans les langues européennes, même sans en connaître autre chose que les caractères! 11 serait donc étrange de vouloir, de nos jours, comme on en a émis l’intention, tirer de l’ignorance, au moyen des hautes études musulmanes, que nous chercherions en vain d’ailleurs à rétablir, un peuple qui passe sa vie à apprendre à lire dans sa langue, et chez lequel les connaissances s’acquièrent avec tant de lenteur et de peine. Je ne parle pas des erreurs scientifiques, ni des idées rétrogrades, ni du fanatisme que l'on propagerait à notre détriment, et que nous nous verrions obligés de combattre quand ils auraient jeté de profondes racines. Il y a sans doute pour nous quelque intérêt à ne pas laisser tomber entièrement les études des Arabes; mais il est de notre sagesse de ne pas nous laisser aller en cela à un engouement peu éclairé, et de nous renfermer dans les bornes du nécessaire. J’ajoute un mot : Tous les musulmans qui ont appris un peu le français Usent très-volontiers nos livres, et trouvent du plaisir ci cette occupation; tandis que les plus savants d'entr'eux ne peuvent lire et comprendre qu’un certain nombre d’ouvrages arabes, et avec un labeur digne cl'un résultat meilleur que celui qu'ils obtiennent. Que l’on tire de ce fait, que chacun en Algérie peut vérifier, la conclusion toute naturelle qui en découle.
« Ceci peut nous permettre de dire que le rétablissement au-delà du strict besoin, chez les Arabes de l’Algérie, des lettres et des sciences arabes, à peu près perdues aujourd’hui, en nous présentant des obstacles puissants et au-dessus de nos ressources actuelles, nous offrirait des résultats dangereux pour notre politique, et à peu près négatifs par rapport aux avantages intellectuels qu’ils produiraient ; car I’impossibilité de faire servir la langue arabe à la transmission de la plupart de nos idées modernes et de les rendre par ce moyen, intelligibles à la niasse, ferme la voie a tout progrès. Un autre fait vient à l’appui des observations qui précèdent, et signale à l’attention des esprits positifs toute la puissance de la langue française pour l’éducation progressive du peuple arabe civilisable : C'est qu'il faut moins de temps à un jeune musulman intelligent pour faire d'utiles éludes dans la langue française, qui lui est étrangère, que pour arriver à comprendre, dans la langue arabe, les principaux ouvrages de théologie, de science et de littérature, composés il y a plus de quatre siècles et restés jusqu'à ce jour sans la moindre modification. » (L. Bresnier, Anthologie arabe élémentaire, 1852, p. 130, note. — Voir : Messie, note.)
On en peut dire autant, et avec plus de vérité peut-être, du chinois. Ceci paraît confirmer l’opinion que le système graphique actuel des langues européennes sans distinction, est supérieur comme clarté, comme précision, comme instrument de progrès, au système graphique des langues sémitiques.
24. Nous connaissons ceux d’entre vous qui marchent en avant et ceux qui restent en arrière.
29. Ne savez-vous pas à quoi Dieu compare la bonne parole? C’est
un bon arbre, ses racines tiennent fermement au sol et ses branches s’élèvent jusqu’au ciel.
30. 11 donne des fruits dans chaque saison. Le Seigneur parle aux
hommes en paraboles, afin qu’ils réfléchissent.
31. La parole mauvaise est comme un arbre mauvais; elle est à
fleur de terre et n’a point de stabilité.
32. Dieu affermira les croyants dans cette vie et dans l’autre par
la parole immuable. Il égarera les méchants, car Dieu fait ce qu’il veut1.
§ 2. initiative [2 versets.]
135. Dis-leur : O mon peuple! agis selon tes forces, moi j’agirai aussi...
40. Dis-leur : O mon peuple! agis comme tu peux ; moi j’agirai aussi, et nous verrons.
§ 3. travail [11 versets.]
33. Que la terre, morte de sécheresse, serve de signe de notre puissance {aux hommes). Nous lui rendons la vie, et nous en faisons sortir des grains dont ils se nourrissent.
34. Nous y avons planté des jardins de dattiers et de vignes ; nous y avons fait jaillir des sources,
35. Afin qu’ils mangent de leurs fruits et jouissent des travaux
de leurs mains. Ne seront-ils pas reconnaissants envers nous?
10. Nous avons accordé à David un don qui venait de nous, {le talent de chanter). Nous dîmes : O montagnes et oiseaux,