‹ Le Koran;Chapitre 17 sur 572 · Le peuple s'écria · texte numérisé non relu

Le peuple s'écria

0 Moïse! une seule nourriture ne nous suffit pas. Invoque le Seigneur, afin qu'il fasse pro-

duire à la terre des olives, des concombres, de l'ail, des lentilles et des oignons. Moïse répondit : Voulez-vous jouir d'un sort plus avantageux?

Retournez en Egypte, vous y trouverez ce que vous demandez. L'avilissement et la pauvreté furent leur partage. Le courroux du ciel s'appesantit sur eux, parce qu'ils ne crurent point à ses prodiges, et qu'ils tuèrent injustement les prophètes : ils furent rebelles et prévaricateurs.

50. Certainement les mu-sulmans, les juifs, les chrétiens et les sabbéens, qui croiront en Dieu et au jour dernier, et qui feront le bien, en recevront la récompense de ses mains : ils seront exempts de la crainte et des supplices.

60. Lorsque nous acceptâmes votre alliance, et que nous élevâmes au-dessus de vos tètes le mont Sinaï, nous dîmes : Recevez nos lois avec reconnaissance ; conservezen le souvenir, afin que vous marchiez dans la crainte.

61. Bientôt vous retournâtes à l'erreur, et si la miséricorde divine n'eût veillé sur vous, votre perte était certaine.

Vous connaissez ceux d'entre vous qui transgressèrent le jour du sabbat (1); nous les

(1} Une partie des habitants d'Ail», ville située sur les bords de la mer Rouge, s'étant obstinés à pécher 1« jour du sabbat, malgré les représentations de leur concitoyens, furent maudits par David, et transformés en singes. Ils demeurèrent trois jours dans cet état; ensuite un vent violent les précipita

transformâmes en vils singes.

62. Ils ont servi d'exemple à leurs contemporains, à la postérité, et à ceux qui craignent.

63. Dieu, dit Moïse aux Israélites, vous commande de lui immoler une vache (1).

Prétoiuis-tu abuser de notre crédulité? répondirent-ils. Je retourne vers le Seigneur, ajouta Moïse, pour n'être pas au nombre des insensés. Prie le Seigneur, répliquèrent-ils, de nous déclarer quelle vache nous devons lui sacrifier.

Qu'elle ne soit ni vieille ni jeune, ajouta le prophète, mais d'un âge moyen. Faites ce qui vous a été ordonné.

64. Prie le Seigneur, continua le peuple, de nous faire connaître sa couleur. Qu'elle soit, dit Moïse, d'un jaune clair, #{ui réjouisse la vue.

65. Prie le Seigneur de nous désigner plus particulièrement la victime qu'il demande; nos vaches se res-

dans la mer. Abul feda rapporte cette phrase accréditée parmi les musulmans.

(1) Hammiel, uu des plus riches d'entre les Israélites, ayant été ti:é, ses parents conduisirent à Moïse les prétendus meurtriers, ils nièrent le fait. On n'avait point de témoins. La vérité était diflicile à découvrir. Dieu ordonna d'immoler une vache avec les conditions requises. On toucha le cadavre avec la langue de la victime, il revint à la vie, se leva, prononça le nom de son meurtrier, et mourut de nouveau. Abulfeda.

Les Arabes ont puisé cette histoire dans le Pentateuque, où Dieu commande d'immo'er une vache rousse, d'un âge formé, sans tache et qui n'ait point porté le joug-. On brûlait la victime et ses nendres mêlées avec de l'eau servaient à purifier ceux qui avaient touché un cadavre. Num., ch. m. AJaracci.

semblent, et si Dieu veut, il dirigera notre choix.

66. Quelle n'ait point servi à labourer la terre, ni travaillé à l'arrosement des moissons; qu'elle n'ait point souffert l'approche du mâle; qu'elle soit sans tache : tel est le précepte du Seigneur. Maintenant, s'écria le peuple, tu nous as dit la vérité. Ils immolèrent la vache, après avoir été sur le point de désobéir.

67. Lorque vous mites un homme à mort, et que ce meurtre était l'objet de vos disputes. Dieu produisit au grand jour ce que vous cachiez.

68. Nous commandâmes de frapper le mort avec un des membres de la vache ; c'est ainsi que Dieu ressuscite les morts, et fait briller à vos yeux ses merveilles, afin que vous compreniez.

69. Après ce miracle, vos cœurs opiniâtres de'vinrent plus durs que les pierres ; car à la voix du Très-Haut, le rocher se fendit, et de ses flancs entr'ouverts, coulèrent des ruisseaux. Mais le Tout-Puissant ne néglige pas vos actions.

70. Prétendez-vous, ô musulmans 1 que les juifs aient votre croyance? Tandis qu'ils écoutaient la parole de Dieu, une partie d'entre eux en corrompait le sens, après l'avoir comprise. Et ils le savaient I

71. Avec les fidèles, ils se parent de leur religion. Retirés dans leurs assemblées, ils disent : Raconterons-nous aux

LE KÛRAN.

musulmans ce que Dieu nous a découvert, afin qu'ils disputent avec nous devant lui ?

N'en voyons-nous pas les conséquences?

72. Ignorent-ils donc que le Très-Haut sait ce qu'ils cachent comme ce qu'ils manifestent?

73. Parmi eux, le vulgaire ne connaît le Pentateuque que par la tradition. Il n'a qu'une aveugle croyance. Mais malheur àceux qui l'écrivant, de leur main corruptrice, disent, pour en retirer un faible salaire : Voilà le livre de Dieu ! Malheur à eux parce qu'ils l'ont écrit, et qu'ils en ont reçu le prix I

74. Ils ont dit : Nous ne serons livrés aux flammes qu'un nombre de jours déterminé. Réponds-leur : Dieu vous en a-t-il fait la promesse? Ne la révoquera-t-il jamais? ou plutôt, n'avancezvous point ce que vous ignorez ?

75. Certainement ceux qui n'ont pour tout gain que leur mauvaises actions, ceux que leurs péchés enveloppent de tous côtés, ceux-là seront voués au feu et ils y demeureront éternellement.

76. Au contraire les croyants qui auront fait le bien habiteront éternellement le paradis.

77. Quand nous reçûmes 1 alliance des enfants d'Israëî, nous leur dîmes : N'adorez qu'un Dieu, soyez bienfaisants envers vos pères, vos proches, les orphelins et les pauvres ;

ayez de l'humanité pour tous les hommes; faites la prière, donnez l'aumône; et, excepté un petit nombre d'entre vous vous avez refusé de suivre ces commandements, et vous avez marché dans l'erreur.

78. Quand nous formâmes avec vous le pacte de ne point verser le sang de vos frères, et de ne point les dépouiller de leurs héritages, vous le ratifiâtes, et vous en fûtes témoins.

79. Vous avez ensuite massacré vos frères ; vous les avez chassés de leurs possessions, vous avez porté dans le sein de leurs asiles la guerre et l'injustice. Lorsqu'il se présente à vous des captifs, vous les rachetez, et il vous était défendu de les traiter hostilement. Croyez-vous donc à une partie de la loi, tandis que vous rejetez l'autre?

Quelle sera la récompense de cette conduite? L'ignominie dans ce monde, et au jour du jugement l'horreur des supplices, car Dieu ne voit point vos actions d'un œil d'indifférence.

80. Tels sont ceux qui ont sacrifié la vie future à la vie du monde. Mais la peine qui les attend ne sera point adoucie, et ils n'auront plus d'espoir.

81. Nous avons donné le Pentateuque à Moïse ; nous l'avons fait suivre par les envoyés du Seigneur. Nous avons accordé à Jésus, fils de Marie, la puissance des mirables. Nous l'avons fortifié

par l'esprit de sainteté (1).

Toutes les fois que les envoyés du Très-Haut vous apporteront une doctrine que rejettent vos cœurs corrompus, leur résisterez-vous orgueilleusement? Kn accuscrez-voDs une partie de mensonge'.' Massacrerez-voiis les autres?

82. Ils ont dit : Nos cœurs sont incirconcis. Dieu les a maudits à cause de leur perfidie. Oh! combien le nombre des croyants est petit!

83. Après que Dieu leur a envoyé le Koran pour confirmer leurs écritures (auparavant ils imploraient le secours du ciel contre les incrédules), après qu'ils ont reçu ce livre qui leur avait été prédit, ils ont refusé d'y ajouter foi ; mais le Seigneur a frappé de malédiction les infidèles.

84. Ils ont malheureusement vendu leur àme pour un vil prix ; ils ne croient point à ce qui est envoyé d'en haut, par jalousie, parce que Dieu a, par l'effet de sa grâce, envoyé un livre à celui d'entre ses serviteurs qu'il lui a plu de choisir. Ils s'attirent de la part de Dieu colère sur colère ; mais un supplice ignominieux est préparé aux impies.

Page 1