Qu’ils disent ce qu’ils ne font pas
227. Sauf ceux qui ont cru, qui pratiquent le bien, et répètent sans cesse le nom de Dieu J ,
228. Qui se défendent quand ils sont attaqués : car ceux qui attaquent les premiers apprendront un jour quel sort leur est réservé.
4 C’est-à-dire, ils s'abandonnent à leur imagination, et abordent toute sorte de sujets.
De tout tcmp9, les Arabes ont cultivé avec beaucoup de soin leur langue, aimé la poésie et bonoré les portes. A Okadb, marché du Hedjaz, indépendamment des foires hebdomadaires, se tenait tous les ans une foire qui durait un mois. Lu, au milieu des affaires de commerce, des poètes accourus de tous les points de l’Arabie, venaient réciter leurs poëmes ( kaeidah ), chanter leurs exploits et leurs aventures, se provoquer à qui traiterait mieux tel sujet. C'était qn tournoi poétique dont les nombreux auditeurs, citadins et Bédouins, étaient les juges. Au plus digne était réservée la récompense devoir ses poèmes inscrits en lettres d’or et suspendus au temple vénéré de la Kaba. De lh les sept poèmes le plus en vogue avant Mahomet sont appelés modhahhabat (dorés) et moaüakal (suspendus ). Les Arabes du désert excellaient surtout dans la poésie ; la langue s’est toujours conservée plus pure et plus correcte sous les lentes; souvent une mère bédouine infligeait une correction douloureuse a son enfant coupable de quelque faute de grammaire. Mahomet devait «i la vigm-ur de son langage, souvent poétique, une grande partie du succès qui couronna ses efforts ; il a même recommandé a ses compagnons de consulter les œuvres des poètes arabes, et d’jr chercher l’interprétation des mots ou expressions obscures du Koran. D’où vient donc que le prophète arabe a supprimé cette fameuse foire d’Okadb et lancé tin anathème contre les poètes? En voici la raison. Les Arabes du désert, en général, et parmi eux les poètes, goûtaient fort peu le nouveau culte; ils étaient attachés aux plaisirs de la vie nomade et accoutumés a ses peines; indépendants, indociles b supporter un joug quelconque, braves, généreux, mais fiers et vindicatifs, toujours îi h piste d’un ennemi pour venger quelque affront, ou sur les pas d’une beauté du désert, austères cl sauvages comme Scbanfara, aimant les phisirs et la vie joueuse comme Amrolkaïs, insouciants sur la vie future, sceptiques ou épicuriens, ils n’étaient pas des premiers II suivra le nouveau prophète. Les poètes cherchaient i perpétuer ces habitudes de 1a vie nomade; Mahomet vojrait daus ces instincts négatifs ou destructeurs un grand obstacle \ l'établissement de sa doctrine morale et religieuse, et il les condamne. Si l’on ajoute 2i cela que la verve satirique de quelques-uns s'était exercée contre le nouveau prophète, on ne s’étonnera pas du jugement qu’il en a porté. Quelques historiens accusent Amrolkais d’avoir écrit des satires contre Mahomet, qui, à son tour, aurait chargé le poète Lebid, nouveau converti, d’jr répondre. M. de SIjdc, qui a publié les poésies d’Amrolkaîs, combat cette opinion, qtuAt k ArmoIkaiYet à Lebid ; il n’en est pas moins vrai que Mahomet avait îi ses ordres quelques poète» dévoués, et les versets 227 et 22$ y font allusion. Il disait à Kaab, l’un d’entre eux : « Combats-les. (les poètes ) avec les satires, car, j’en jure par celui qui tient mon àme dans ses mains, les satires font plus de mal que les flèches. »
* Cette exception s’adresse h quelques poètes qui avaient embrassé l’islam.