CHAPITRE XXXI
qu’ont fait d’autres que Dieu. Oui, les méchants sont dans un égarement évident.
11. Nous donnâmes à Lokman ' la sagesse, et nous lui dîmes : Sois reconnaissant envers Dieu, car celui qui est reconnaissant le sera à son propre avantage. Celui qui est ingrat... Dieu peut s ert passer. Dieu est riche et plein de gloire.
12. Lokman dit un jour à son lils * par voie d’admonition : O mon enfant! n’associe point à Dieu d’autres divinités, car l’idolâtrie est une méchanceté énorme.
4 Lokman, dont il est parlé ici, est un personnage renommé par sa sagesse parmi les Arabes; c’est pourquoi on joint toujours à son nom l’rpithète de ai hnkim (le sage). Parmi les faits relatifs a l’histoire des Arabes avant Mahomet, on trouve que les Adites, peuple d’Arabie, souffrant de la sécheresse, avaient envoje uti m suge au temple de la Mecque pour implorer la pluie. Parmi ccs dcT'guéf était un certain Lokman; mais les commentateurs ont soin de faire observer que ce Lokman ne doit pas cire confondu avec le personnage nommé dans le Koran. Celui ci, disent-ils (cl cela, comme il arrive toujours, sans citer aucune autorité a l’appui), était lils de Daoûra, fils de Job ; il vécut mille aps et atteignit ainsi les temps de David, dont il apprit la sages. c. Avant ce tcmps-lî», il donnait des consultations en matières de droit. Dieu, ajoutent d’autres, lui avait donné à choisir entre le don de la prophétie et celui de la sagesse, et c’est cette dernière qu’il aurait choisie. Une autre tradition, conserve'e cliex les poètes, nous apprend que Dieu lui avait accordé l’Age égal a celui de sept faucons successivement; ce qui le porterait k cinq cent soixante aus. Ceux qui le disent contemporain de David ajoutent que Lokman, voyant David travailler k une cotte de mailles ( voy. cliap. XXI, 80, et XXXIV, 10), voulut l’interroger sur scs procédés, mais que, fidèle à son esprit de sagesse, il se tilt, et, k force d’attention, rccounut que Dieu rendait le fer ductile comme de U cire entre les mains de David. Tous ces détails, desquels il .serait oiseux de vouloir rechercher l’origine et l’authenticité, font de Lokmau un modèle de discrétion, de politesse, de réserve, et le passage du Koran qui noua occupe leur sert d’appui.
On sait qu’il existe en arabe un recueil de fables qui porte le nom de Lokman le Sage. L’analogie que l’on remarque entre les sujets de ces fables et ceux des apologues attribués k Esope ferait conclure k l’identité de deux personnages. A l’appui de celte hypothèse, viendrait la caractéristique de Lokman, rappoitcc par les écrivains orientaux. Lekman était, disentils, un noir du pays des noirs d’F.^ vptc, et enclave ; selon d’antres, il était charpentier, tailleur, cordonnier, pfttre ; nous avons déjk dit qu’on en faisait un jurisconsulte, gros et difforme, avec de grosses lèvres. Un jour que quelqu’un avait l’air de le regarder avec dédain a cause de sa couleur et de ses lèvres, il aurait répondu que son visage était noir, mais que sôn cœur était blanc (pur', et que ses grosses lèvres distillaient des paroles subtiles. On lui attribue aussi le fait d’avoir apporté des langues quaud on lui demandait ce qu’il y avait de meilleur au monde, et puis encore des langues quand on lui demandait ce qu’il y avait de pire. On veut enfin, dans le nom de son fils Amtatn , voir Knnus , fils d’Esope. Nous ne nous arrêterons pas k discuter la valeur de ccs détails, l’identité ou la différence de Lokman et d’Esope. Il y aurait peut-être litu de séparer Lokman d’Ad, lo contemporain présumé de David, le contemporain de sept faucons, d’arec Lokman, l’esclave et auteur des fables, qui est peut-être le même qu’E^ope ; nous appellerons plutôt l’attention du lecteur sur la manière dont Mahomet cherche a s’emparer de tous les noms marquants ay mit de son temps cours parmi les Arabes, et met dans la bouche de ccs personnage* la profession unitair«e>
- Dont le nom etiit A noam, comme on tient de ic dire dans lu note ci-detnp*
13. Nous avons recommandé à l'homme ses père et mère (sa mère le porte dans son sein et endure peine sur peine, il n’est sevré qu’au bout de deux ans). Sois reconnaissant envers moi et envers tes parents. Tout aboutit à moi.
14. S’ils t’engagent à m'associer ce que tu ne sais pas, ne leur obéis point ; comporte-toi envers eux honnêtement dans ce monde, et suis le sentier de celui qui revient à moi * . Vous reviendrez tous à moi, et je vous rappellerai ce que vous avez fait.
15. O mon enfant! ce qui n'aurait que le poids d’un grain de moutarde, fût-il caché dans un rocher, au ciel ou dans la terre, sera produit au grand jour par Dieu ; car il est pénétrant et instruit de tout.
10. O mon enfant t observe la prière, invite les hommes aux bonnes actions, éloigne-les des mauvaises, et supporte avec patience les maux qui peuvent t’atteindre. C’est la résolution indispensable en toutes choses.
17. Ne fais point de contorsions avec ta bouche par dédain pour les hommes ; que ta démarche ne soit point orgueilleuse, caj- Dieu n'aime point l’homme présomptueux, glorieux.
1S. Cherche à modérer ton pas 8 et à baisser ta voix, car la plus désagréable des voix est bien la voix de l’âne.
19. Ne voyez-vous pas que Dieu vous a soumis tout ce qui est dans les cieux et sur la terre? 11 a versé sur vous ses bienfaits visibles et cachés. Il est des hommes qui disputent de Dieu sans science, sans guide, sans livre propre à les éclairer.
20. Lorsqu’on leur dit : Suivez ce que Dieu vous a envoyé d’en haut, ils disent : Nous suivrons plutôt ce que nous avons trouvé chez nos pères, El si Satan les invite au supplice du brasier ardent?
21 . Celui qui s'abandonne entièrement à Dieu est juste, il a saisi une anse solide. Le ternie de toutes choses est en Dieu .
22. Que l’incrédulité de l’incrédule ne t’afflige pas ; ils reviendront tous à nous, nous leur redirons leurs œuvres. Dieu connaît ce que les cœurs recèlent.
23. Nous les ferons jouir pendant quelque temps, puis nous les contraindrons à subir un rude supplice.
4 Revenir & Dieu signifia se repentir,
3 11 ne faut marcher ni trop vit* ni trop lentement.