CHAPITRE XXXVIII
19. Nous affermîmes son empire. Nous lui donnâmes la sagesse et l’éloquence.
20. Connais-tu l’histoire de ces deux plaideurs qui, ayant franchi le mur, se présentèrent dans l’oratoire * ?
21. Quand ils se présentèrent devant David, il fut effrayé à leur aspect. Ne crains rien , lui dirent-ils. Nous sommes deux adversaires. L’un de nous a agi iniquement envers l’autre. Prononce entre nous comme la justice l'exige, sans partialité, et dirige-nous sur le chemin le plus égal.
22. Celui-ci est mon frère; il avait quatre-vingt-dix-neuf brebis , et moi je n’en avais qu'une. 11 me dit un jour : Donne-la-moi à garder. Il me Va ravie , et l’a emporté sur moi dans la dispute.
23. David lui répondit :11a commis une injustice à ton égard en te demandant une brebis pour l’ajouter aux siennes; un grand nombre d'hommes qui ont des affaires abusent les uns des autres; ceux (pii croient et pratiquent le bien n'agissent pas ainsi ; mais leur nombre est si petit ! David s’aperçut que nous voulions l’éprouver par cet exemple; il implora le pardon de Dieu *, se prosterna et se repentit.
2'r. Nous lui pardonnâmes; nous lui accordâmes dans le paradis une place près de nous , et une belle demeure.
23. O David! nous t’avons établi notre lieutenant sur la terre ; prononce donc dans les différends des hommes avec équité, et garde-toi de suivre tes passions : elles te détourneraient du sentier de Dieu. Ceux qui en dévient éprouveront un châtiment terrible, parce qu’ils n’ont point pensé au jour du jugement.
20. Nous n’avons point créé en vain le ciel et la terre, et tout ce qui est entre eux. C'est l’opinion des incrédules, et malheur aux incrédules, ils seront livrés au feu.
27. Traiterons-nous ceux qui croient et font le bien, à l’égal de ceux qui propagent le mal sur la terre? Traiterons-nous les hommes pieux à l’égal des impies?
28. C’est un livre béni que celui que nous l'avons envoyé; que les hommes doués d’intelligence méditent ses versets, et y puisent des avertissements.
* Ces deux plaideurs étaient deux anges qui feignirent d'en appeler an jugement de David; en réalité, c’était pour lui faire sentir ses propres péchés. L’étonnement et la frajrcur de David venaient de ce que, ayant partagé ses heures entre ses différentes occupations, il consacrait une partie de la journée à la prière ou îi ses affaires, et ne recevait personne. Or, c’est à cette heure de la journée que les plaideurs se présentèrent.
3 Ceci se rapporte à David convoitant la femme d’Uriah.
LE KûrUN
29. Nous donnâmes à David Salomon pour fils. Quel excellent serviteur ! il aimait à revenir à Dieu '.
3). Un jour, sur le soir, on amena devant lui des chevaux magniliques, del)out sur trois de leurs pieds , et touchant à peine la terre avec l’extrémité du quatrième.
31. 11 dit : J'ai préféré les hiens de ce monde au souvenir du Seigneur; je n’ai pu me rassasier de la vue (le ces chevaux, jusqu’à ce que le jour ait disparu sous le voile de la nuit. Ramenezles devant moi.
32. Et lorsqu’on les ramena devant lui, il se mit à leur couper les jarrets et la tête *.
33. Nous éprouvâmes Salomon , et nous plaçâmes sur son trône un corps informe1. Salomon, pénétré de repentir, retourna à nous.
3Î-. Seigneur, s’écria-t-il, pardonne-moi mes fautes, et accordemoi un pouvoir tel que nul autre après moi ne puisse eu avoir de pareil. Tu es le dispensateur suprême.
33. Nous lui soumîmes le vent, dégagé dans son essor et courant partout où il le dirigeait.
3(î. Nous lui soumîmes aussi les démons , tous architectes ou plongeurs,
37. Et d’autres attachés les uns aux autres avec des chaînes.
38. Tels sont nos dons, lui dîmes-nous; répands tes faveurs ou refuse-les ; tu n’en rendras pas compte.
* Revenir a Dieu, vent dire se repentir.
* Salomon avait pris dam le* pays de Damas et de Nisibit une grande <]uanlih! de chevaux ■ d'autres disent que estaient des chevaux que D-irid avait pris sur les Am.décites, et laissas eu héritage \ son fil* ; d'autres, enlin, que Je* chevaux était ut mis de la mer et avaient des ailes Quand on amena ces mille chevaux devant Salomon, il fut si longlcmp* a les examiner, qu'il oublia l’heure de la prière ; tnaii, s'étant aperçu de sa faute, il ht tuer en sacrifice à Dieu la plut grande partie, ne conservant qu'une centaine des plu* beaux. Pour le consoler de la perte du ses chevaux, Dieu lui soumit les vents.
1 Salomon, après avoir conquis Sidon cl ntisà mort le roi de cette ville, prit sa fille pour conctibiue. Celle-ci obtint la permission d'avoir la statue de son |»ère dan* ses appartement*, elle s'en lit un objet d’adoration, et introduisit ain>i sous le toit du roi Salomon le culte idolâtre. Dieu voulut le punir de celte faiblesse. Salomon avait coutume de laisser chez nue de scs femmes toutes les fois qu'il se rcndiil au baiu, son anneau, l'emblème du pouvoir et le talisman avec lequel il conduisait les génies. Un de ces génie* parvint à s’eu rendre maître, et s'assit sur le trône; Salomon, dépossédé de son anneau, perdit le roiaumc, et fut obligé d’errer sur la terre, méconnu et renié de ses sujets, jusqu a ce que l'anneau, que le démon avait jeté dans la mer, retiré par un pécheur, lui fit regagner son autorité.