VIBERT ET BORDAS
De l’impossibilité de diagnostiquer la nature blennorrhagique. des Vulvites par les microorganismes que contient l’écoulement
Le médecin légiste est souvent appelé à donner son avis sur la nature des vulvites qui se rencontrent chez des victimes d’attentats à la pudeur : il serait fort important, dans bien des cas, de pouvoir dire si ces vulvites sont d’origine blennorrhagique, ou non. Des travaux récents, notamment ceux de MM. Gabriel Roux, Legrain, Bumm, Neisser, etc., tendraient à démontrer qu’il est possible par l’étude micrographique de diagnostiguer la présence du gonocoque dans les écoulements de ce genre. Des médecins-légistes ont même déjà fait l’application de ces méthodes au diagnostic de taches blenhorrhagiques.
MM. Vibert et Bordas arrivent à des résultats opposés.
Ils ont étudié le pus provenant de vulvites aiguës, qui n’étaient certainement pas de nature blennorrhagique, mais qui avaient été provo-
quées par des attouchements, ou s’étaient développées spontanément. Il s’agissait de six petites filles de deux ans et demie à 11 ans, qui disaient avoir subi des attouchements de certains individus. Les auteurs ont examiné les six inculpés (dont Lun avouait), dans un délai qui n’a pas dépassé huit jours après l’attentat supposé. Aucun d’eux ne présentait la moindre trace d’écoulement uréthral.
Or, le pus de toutes ces vulvites contenait un microcoque, qui dans 4 cas était le seul microbe qu’on trouvât dans l’écoulement, et qui dans les deux autres cas était associé à des bactéries. Ce microcoque présentait tous les caractères qui sont attribués actuellement au gonocoque : il avait les mêmes formes et les mêmes dimensions ; il se trouvait presque exclusivement dans le protoplasma des globules de pus ; il se décolorait complètement et rapidement par la méthode de Gram , caractère qui a été indiqué par M. Gabriel Roux comme pouvant servir au diagnostic du gonocoque avec les autres microcoques qui peuvent se trouver dans les parties génitales, et auquels certains auteurs attribuent une grande valeur.
La culture de ce microcoque n’a pas non plus fourni de caractères permettant de le distinguer du gonocoque.
11 résulte donc de ce travail que l’examen microbiologique du pus des vulvites ne permet
NATURE BLENNORRHAGIQUE DES VULVITES
pas, actuellement, de reconnaître si celles-ci sont ou non de nature blennorrhagicjue. C’est là un point de médecine légale dont il est aisé d’apprécier l’importance1.