‹ Le Laboratoire de toxicologieChapitre 5 sur 47 · FONCTIONNEMENT DU LABORATOIRE · texte numérisé non relu

FONCTIONNEMENT DU LABORATOIRE

juges d’instruction aux médecins-légistes ou chimistes-experts qui fréquentent le laboratoire. Il ne saurait en être autrement. C’est la pratique seule des expertises toxicologiques qui peut nous indiquer les points spéciaux réclamant de nouvelles études ; de même qu’à la Morgue, l’étude scientifique des questions médico-légales est intimement et nécessairement liée à la pratique des autopsies demandées ou autorisées par le Parquet. Sans insister davantage sur ce point, nous dirons seulement qu’on ne comprendrait guère l’existence d’un laboratoire de toxicologie où l’on ne ferait pas de toxicologie réelle, c’est-à-dire de recherches de poisons dans des cadavres réellement empoisonnés ; pas plus qu’on ne comprendrait l’étude et l’enseignement de la médecine légale à la Morgue si l’on n’y faisait pas d’autopsies.

En fait d’expertises chimico-légales, nous laissons entièrement de côté celles qui ont trait aux matières alimentaires, sauf dans les cas où ces matières sont supposées renfermer des substances toxiques ; nous ne traitons pas les questions de falsifications proprement dites : de telles analyses sont du ressort du Laboratoire municipal. Bien que notre règlement ne nous défende pas la pratique des analyses de matières alimentaires falsifiées, l’article 10 de l’arrêté du 4 juillet 1883 a sagement voulu éviter que les deux laboratoires pussent avoir à se

INTRODUCTION

contrôler mutuellement, et cet article interdit en effet ci tout employé de Vun ou Vautre laboratoire, soit municipal de chimie , soit de toxicologie, de se charger de contrôler par des contreexpertises les expertises du laboratoire auquel il n appartient pas. C’est une règle à laquelle il ne se fait jamais d’infraction.

En dehors des expertises demandées par le Parquet, on examine assez souvent au laboratoire des matières alimentaires suspectes d’avoir causé des accidents d’intoxication . Les substances qui font l’objet de ces analyses sont le plus souvent apportées au Laboratoire municipal, qui nous les transmet : elles nous parviennent quelquefois par l’intermédiaire des commissaires de police. Ce sont par exemple des aliments préparés dans des ustensiles contenant du plomb ou autres métaux toxiques ; plus souvent encore des viandes de mauvaise qualité, dont l’analyse, il faut le dire, ne conduit d’ordinaire à aucun résultat pratique, et nous permet seulement d’isoler des alcaloïdes ou ptomaïnes toxiques, sans qu’il soit possible de préciser la cause de leur présence, ni de déterminer sur qui doit retomber la responsabilité des accidents observés.

En général, nous refusons de nous charger des analyses demandées directement par le public. Cependant, il nous arrive assez souvent d’examiner des matières alimentaires suspectes

Page 1