STATISTIQUE
responsabilité lorsqu’ils sont appelés à traiter, en collaboration avec un chimiste, une expertise d’empoisonnement.
VI. Statistique. — Voici quelques renseignements statistiques sur les expertises de chimie faites au Laboratoire, à la demande du Parquet1 :
28 expertises ont porté sur des examens de taches de sang, 73 sur des examens de scellés de natures très diverses (produits saisis comme pouvant avoir causé des empoisonnements, produits pharmaceutiques, matières explosibles, aliments, vitriol, etc.) ; les analyses de viscères d’individus empoisonnés ou supposés empoisonnés sont au nombre de 57.
Il est intéressant de savoir dans combien de cas les conclusions de ces expertises ont été positives, — nous entendons par positives les conclusions dirigées dans le sens prévu par l’accusation — . Mais ces conclusions étant souvent peu précises, il est assez difficile de faire ce classement d’une manière rigoureuse. Voici cependant quelques renseignements sur ce point.
Sur la totalité des expertises, 50 p. 100 ont donné des résultats positifs et 50 p. 100 des
1. Il ne s’agit ici que des expertises dont les rapports sont conservés au Laboratoire (faites par M. Ogier, seul ou en collaboration avec divers médecins ou chimistes experts. Le nombre en est donc assez restreint).
INTRODUCTION
résultats négatifs ou contraires aux prévisions de l’accusation. Sur les analyses de viscères, c’est-à-dire les expertises de toxicologie proprement dite, 42 p. 100 ont donné des résultats positifs. Parmi les intoxications observées, nous signalerons les suivantes :
Par la morphine ou les composés
de l’opium
Par les composés cyanhydriques .
Par l’oxyde de carbone
Par l'arsenic
Par l’acide oxalique ou le sel d’oseille.
Par le mercure
Par l'acide phénique
Par le chlorate de potasse
Par la strychnine
Par le -chlorure de baryum
7 Emp. démontrés. 5 4—3 7—7 3—2 2—2 1 — 1
La plupart de ces empoisonnements suivis de mort ont été le résultat d’accidents, ou d’erreurs, ou de suicides. Les erreurs de médicaments sont particulièrement fréquentes avec l’opium et ses dérivés ( laudanum, etc.) ; les composés cyanhydriques (cyanure de potassium) sont le plus souvent employés comme moyen de suicide ; les empoisonnements par l’oxyde de carbone sont des suicides, ou surtout des accidents résultant de l’emploi des poêles mobiles ou autres appareils similaires. L’arsenic (acide arsénieux ou arséniate de soude) paraît être toujours le produit le plus employé pour les empoisonnements criminels. Nous avons eu à étudier aussi un petit nombre d’empoisonne-