T- II
F. — PSAMMOPHYTES ou Pinière.
Composé entièrement de Psammophytes, ce Groupe occupe uniquement la rive orientale sablonneuse. Il doit sa physionomie caractéristique aux Pins maritimes (Pinus Pinaster) qu’on y a semés. On y voit quelques petits bois de ces conifères et quelques beaux arbres qui donnent au paysage un aspect quasi-méridional, surtout vers Saint- Aignan, pointe de La Ho,nchère, L’Arsangle (1), etc.
Le Pin maritime n’est pas spontané chez nous, mais il occupe de vastes étendues en Bretagne, il s’y reproduit de graines et on peut le considérer comme naturalisé. Il en est de même au lac. La Pinière 3^ est souvent mélangée de taillis de Chêne.
Vu l’envahissement des cultures, ce n’est pas sans peine qu’on peut découvrir quelques lambeaux de la végétation primitive, sur cette rive orientale. C’est surtout vers le Moulin vieux, près Passa\% les Jahardières, Launay en Saint-Aignan, que nous avons pu étudier la végétation des sables qui a précédé la Pinière, car on sait que dans les bois de Pins proprement dit, le sous-bois est à peu près stérile.
Les habitants de ce Groupe, bien qu’essentiellement psammophiles, se divisent très naturellement au point de vue biologique en xérophiles et en hygrophiles (2), répondant à deux Associations : le Cynodactyleium et le Pusillaejunceium.
a) CYnodactyletum.
Cynodon Dactylon,Panicum sanguinale,Panicum filiforme (Dominants) Selaria viridis, Briza minor, Fesiuca Poa., Festuca tenuicula, Carex hirta Polygonum aviculare, avec çà et là, Equisetum arvense, Pteris aquilina, espèces à long rhizome drageonnant, qui semblent des vestiges de la végétation des anciennes dunes, où ne pouvaient guère vivre que des plantes à rhizome ou des annuelles. C’est la flore des sables secs, avec tout un cortège d’annuelles dont les principales sont * Helianthemum guttatum (Dominant), Silene gallica, Spergula arvensis, S. peniandra, S. valgaris, Spergularia riibra, Cerastinm semi-decandrum, Polycarpon tetraphyllum, Herniaria hirsuta, ErodiumcicutariumYSiT., Linum gallicum, OrnU thopus ebracteatus, O. perpusillus, O. roseus (n. Les Sablières), Tillæa muscosa, Galium saxatile, Filago gallica, F. minima, F. lutescens, F. arvensis, Arnoseris pusilla^ Scleranthus annuus. — Linaria Pelliceriana (r. Saint-Mars, Bioret !)
(1) Le bois de L’Arsangle renferme, outre le Pin maritime, une série de conifères parmi lesquels d’assez beaux Pins parasols (Pinus Pinea). On y voit aussi une petite futaie de Chênes verts (Quercus llex), et de très beaux Houx (llex Aquifolium) en sous-bois. A la Senaigerie, on peut voir de beaux Séquoia gigantea, Pinus silvestris, etc., etc.
(2) Nous prenons le terme hvgrophile, comme indiquant seulement une préférence pour les lieux humides, mais ici, comme dans les marais tourbeux, la structure des associés est plutôt xérophytique.
ÉCOLOGIE BIOLOGIQUE
Cette Association s’observe surtout dans les sables fins, fréquemment remués, voisins des cultures potagères du Crène et des Blanchères. — On peut y distinguer deux Sous-Associations :
ad) Nardetum. ^
Nardus stricta,Corynephorus canescens (Dominants).
On y voit une belle série de Psammophytes : Aira caryophyllea, Aira ’præcox, Vulpia Pseudo-Myuros, V. sciuroides, Mibora minima, Rumex acetosella (cc.), V eronica arvensis, Myosotis versicolor, Jasione montana, Hypochoeris glabra, Hieraciiim Pilosella, Herniaria glabra, Sedum acre, Alchemilla arvensis, Trifolium minus, Brassica Cheiranthus, Teesdalea Iberis cc., Moenchia erecta, Spergula Morisonii (ac.), S. pentandra (n. Moulin vieux), Dianthus prolifer.
Cette végétation, entremêlée de Mousses (5ar/7u/a,etc.) et de Lichens, tapisse la faible couche d’humus qui surmonte leo s blés quartenaires du Moulinvieux (Phot. 33).
On voit aussi quelques fragments du Nardetum à L’Arsangle et, très rarement, sur la rive occidentale à Grand-Lieu, près la maison du Garde.
Le Nardetum, où apparaissent quelquefois les Sarothamnus scoparius, Catilina vulgaris, Seiiecio silvaticus, Salix repeiis, montre un acheminement vers la Bruyère (Ericetum).
Le Nardus stricta, d’une structure éminemment xérophytique est, dans l’Ouest de la P'rance, un exemple très frappant de l’adaptation de cette structure, à la fois aux stations très sèches et aux marais tourbeux, où l’absorption de l’eau par la plante est très difficile. Le Nardus se rencontre dans les sables, les landes très secs et dans les marais tourbeux ! Il en est de même des Genista anglica. Lobelia Erinus, etc.
bb) Carduetum.
Carlina vulgaris, Eryngium campestre, Chondrilla juncea, Ranunculus bulbosus, Achillea Millefolium, Artemisia vulgaris, Cichorium Intybus , Hypochoeris radicata. Crépis diffusa, Galium saxatile, G. uerum, G. Mollugo, Plantago lanceolata, Juncus tenais (ar.), Danthonia decumbens.
Végétation montrant une évolution beaucoup plus avancée que les précédentes vers la « Lande ». Composées d’éléments perennants, ces pelouses laissent peu de place aux annuelles. Les Ulex ne tardent pas à les envahir.
b) Pusillaejuncetum.
Juncus Tenageia. J. bufonius, J. capitatus, Scirpus setaceus, S. Savii, Chenopodiiim acutifolium, Corrigiola Jittoralis, Illecebrum verticillatum, Montia fontana. Myosotis sicula, Cicendia filiformis, Cicendta pusilla, Ceiüuncalus minimus, Lythrum Hyssopifolia, Gnaphalium
luteo-album, Radiola linoides, Cardamine parvifloro, Sagina patula, S. subulata, Gypsophila muralis.
Hôtes accidentels : Pilularia globulifera, Bidens tripartita var. pumila Roth. (fol. indivisis), Leontodon autumnale yslt. fol. pennatipartitis.
Association des dépressions sablonneuses humides, composée d’annuelles remarquables par leur petite taille (hygrophiles)
G. -^PELOPHYTES ou Chênaie.
Le taillis de Chêne se forme spontanément sur l’Ancien- Rivage, dès qu’il est à l’abri des inondations et qu’il a acquis une certaine profondeur, le sol silico-argileux lui convient très bien ; il est accompagné d’espèces pélophiles ; on peut même voir quelques futaies à la Senaigerie près Bouaye, à La Honchère, à La Halbrandière, à L’Arsangle, etc. Sur la rive orientale, la Chênaie alterne souvent avec la Pinière et les deux Groupes sont parfois mélangés. Sur la rive occidentale, la Chênaie n’est guère représentée que par des lambeaux de lande qui font immédiatement suite aux prairies marécageuses, au delà desquelles le sol s’élève un peu, puis graduellement, en coteaux atteignant de 11 à 20 mètres d’altitude.
Trois Associations :
a) Ericetum (Bruyère) :
Calluna vulgaris \
Genista anglica [ Dominants
Salix repens )
Erica scoparia, E. cinerea, Achillea Millefolium, Senecio silvaticus, Menthci Pulegiiim. Jiincus acutiflorus, Deschampsia cæspitosa, Molinia cænilea , avec quelques arbrisseaux : Salix cinerea, Populus Treiuula, Prunus spinosa, Cratægus, Pirus communis. Posa sp., Sarothamnus scopafius, et parfois quelques Ulex ; le gazon est formé des Agrostis setacea (Dom*), Agrosiis canina, Festuca tenuifolia, Cynodon Dactylon, Briza minor, Carex hirta, avec ça et Vd: Plantago Coronopus, Cicendia pusilla, Inula ' Pulicaria, Gypsophila muralis, Polentilla argentea. Lotus angustissimus, Allium vineale. etc., etc. .
Cette Association est très fréquente sur la rive orientale où elle marque la limite moyenne du flot d’hiver; elle se montre surtout là où quelques rochers élèvent un peu le sol ; elle correspond au Juncetum du Moyen- Rivage qui apparaît dans les sols plus mouillés. On voit souvent, au seuil de y Ericetum, les épaves charriées par le flot d’hiver (Bourre de Maye).
ÉCOLOGIE BIOLOGIQUE 119
UËricetum se compose d’Associés à structure essentiellement xérophitique.
b) Ulecetum (Lande) :
Ulex europæus ; U. nanus. — Eryngium campestre, Cirsium lanceolatiim, Genîsta anglica, Centaurea serotina, Erythræa Centaurium, Euphrasia nemorosa, Spiranthes autumnalis, Simethis planifolia (paraît rare), Agrostis vulgaris, Danthonia decumbens, etc. etc...
U Ulecetum représente un type un peu différent de V Ericetum. Il aboutit à la véritable lande : la lande bretonne à Ajoncs, quia même donné son nom ou pris son nom aux Ulex, connus en Bretagne sous le nom de Lande, h' Ulecetum occupe les sols plus secs, plus argileux que V Ericetum. Cependant les deux Associations sont souvent mélangées.
c) Quercetum (Chênaie) :
C’est le type du Groupe d’Associations des Pelorhytes, le précurseur immédiat de la Forêt d’arbres à feuilles caduques, à laquelle l’humus est absolument nécessaire. Les jeunes taillis de chêne (Quercus pedunculata), sont parfois mélangés de Fraxinus excelsior, Populus Tremula.
Nous ne pouvons indiquer ici que quelques-uns des co-associés Lonicera Periclymenum, Danthonia decumbens, Agrostis canina, A. vulgaris, Rumex Acetosa, R. Acetosella, Melampyrum pratense, Jasione montana, Centaurea decipiens,^ Sedum anglicum, S. micranthum, Hypericum perforatum, Tormentilla reptans,^ Brassica Cheiranthus, etc., etc., etc.
Les taillis de Quercus pedunculata sont quelquefois entremêlés de quelques Pinus Pinaster (Pin maritime) qui les dépassent (Phot. 8).
Les quelques petites futaies que l’on voit autour du lac sont composées surtout de Chêne pédonculé (Q. pedunculata), avec quelques Châtaigniers, (Castanea vutgaris), quelques Charmes (Carpinus Betulus), et rarement quelques Hêtres (Fagus silvatica).
Le sous-bois est souvent formé d’espèces à feuilles persistantes : en première ligne le Houx (//ex Aquifolium) dont on peut voir de très beaux pieds et dont la végétation est excellente; le Petit- Houx (Ruscus aculeatus) ; le Lierre (Hedera Hélix), puis quelques Troènes {Ligustrum vulgare), quelques petits Erables (Acer campestré) ; notre liane de l’ouest (Tamus commuais) ; Hieracium tridentatum, H. umbellatum, Betonica officinalis, Solidago Virga aurea, quelques Fougères : Aspidium angulare, Polypodium vulgare, etc., etc., etc.
Je terminerai ce Chapitre par une liste de quelques plantes trouvées autour du lac et qu’il ne m’est pas possible, faute de connaître leur station exacte, de rattacher avec cèriiiude à l’une des Associaiions que je viens d’énumérer: