‹ Le lac LémanChapitre 19 sur 49 · XX. TACHES D'HUILE · texte numérisé non relu

XX. TACHES D'HUILE

Lorsque la surface du lac est agitée par une brise légère, on peut voir, par places, des taches de formes variées se dessiner sur la surface de l’eau. Dans ces taches, les vaguelettes sont mortes et ne présentent pas, comme dans l’eau vive qui les entoure, des sommets aigus et dès faces concaves ; il en résulte qu’elles réfléchissent le ciel et la cote opposée d’une manière différente' que la surface générale du lac, que, par conséquent, leur couleur apparente est différente. La forme de ces taches est variable; en général, elles sont arrondies, souvent

allongées comme un grand chemin tracé sur le lac; souvent aussi elles forment une bande de 50 à 100 m. qui borde le rivage. La position de ces taches sur le lac n’a rien de fixe, et, une fois établies, elles se déplacent sous l’influence des vents et des courants. Ces taches sont dues à la présence d’une substance huileuse répandue accidentellement à la surface de l'eau, couche prodigieusement mince (Vgooooo de millimètre) et provenant des égouts des villes, des bateaux à vapeur, des cadavres d’animaux, etc.

Ces mêmes taches d'huile peuvent se reconnaître lorsque la pluie tombe sur un lac absolument calme. Chacune des gouttelettes, en frappant sur l’eau vive, y détermine de petites ondes très serrées qui, s’entrecroisant dans mille directions, donnent à la surface du lac une couleur apparente d’un gris relativement foncé; lorsque les gouttes tombent sur de l’eau recouverte d’une mince pellicule d’huile, ces petites ondes sont immédiatement éteintes, et le moiré grisâtre ne se produit plus.

Page 1