SCÈNE VU
MADAME BELAMI, BAPTISTINE.
madamb bki.ami, rerenant virement.
Ah çù. nous voila seules, parlons un peu «1e noire petite partie de pl.iisir.
BAPTISTtNB.
Vous voulez donc absolument faire de moi une «lame! me meuer au bal du Lbàtcau-Umign ?... h mot) uiari Tenait à savoir ça...
MADAME BBLAJII.
Les mari* ne savent rien que quaiul on v met de la bonne vo- Imné.w D'ailleurs, enfuit que von-, êtes, M. Bouvreuil a-t-il su «pic von» élira allée avec m»i à l'Ambigu ei au Palais Royal?... non. le digne homme se couche avec Je» poules, c’csl à la sir mie ii profiler «lé sa jeunesse pour se divertir un peu... où trouvezvous du uial à ça ?
BAPTISTINE
C’est pas Tenvie qui me maiique, allez.
MADAME BFLAMI.
Eh t bien, alors, en avau! deux... si vous avez un époux à craindre, u’ai-je pas un futur à menacer... aussi, je le ménage... Mijez tranquille, nous irons, uuus en reviendrons, et ils ne sauront rien I
BAPTlSTlNl.
b’il allait se réveiller pendant mou absence..*
MADAME BM-AMI.
Voilh trois ans «pie vous élus ine iee, mi chère.», après trois ans de mariage, lés mans ne se réveillent plus I
BAPTISTINE
C’est donc bien beau, tous ce» ImK-I&?
MADAME nr.LVMl.
Saperbelet aussi bien composé que celui de l’Opéra, où je voulais vous conduire... on peut y aller à présent sans rougir... ! US sont d une retenue, d'une ilecnire!...
BvPriSTINE.
On dit pourtant qu’il y a des dan-cnrs qui font des choses...
MADAME BELASII.
IJ lie faut pas croire tous les bavardages.
Am : 0«i,c'«UiMN mi (Fictorine),
Sur l'Opéra,
Je mis cela,
Oo exerce In inudisaoce,
En inrlnnt De ce liai brillant.
On médit surfin» de sci danse...*
C'est un cancan l Tout s'y passe trés-dcVvmmcnt.
BAPTISTINE
Mais, nous n’avons pas de viioduciciir.
MADAME Bi t- «MI.
Le fait est que jusqn'iri, nuits n 'avons que celui de l’umuibust et il se fuit quelquefois bien attendre.
BAPIISTINE.
Vous voyez bien !...
MADAME BEl.AMt.
Il n’jr a que rein qui vous arrête?... (Sc frappant U front.) Attendez... oui, c'est cela, vous aurez un cavalier.
BAPTISTINE
Qui donc?
MADAME BELAMI.
-Moi... oui, moi... Je me suis lait faire dans Tes temps Un costume «le dandy, qui me va ii merveille, je vais me travestir en jeune élégant, et si un homme ose vous insulter, c'est à moi qu’il aura affaire... ça y isl-il?
DAPTtKTIXE.
Non, non !... abuser de la touiiauce de mon mari, lui, si violent, si emporté avec tout le luoude, et si bon avec moi ; ça uc serait pas bien I
MADAME BELAMI.
Baptisline, vous n’éles pas raisonnable.
BAPTISTINE
EtptiK laisser la maison seule, à l'abandon, quand nous avoirs uu pensionnaire si souffrant, si malade..*
madame bi:ia»i.
Lui, nv.il «de!*., je lie soi» pas si c’est une idée, mais depuis quelques seconde-, je crois que Yulio U. Ovide »c puiie aussi j bien que vous ci uiui,
BAPTISTINE
Ali! qu’est-ce que vous dites là ?... le pauvre garçon... si vous éiicz là. comme moi, quand il a ses étouffements deux ou trois lois par jour, cl qu'il fait : AUI ali! .di 1
MADAME BELAMI.
Vous appciez ça des étouffements, quand il fait '.Ah! ahtaht... c’est qu’il soupire.
BAPTlSTlNl.
Et sefl yeux... il y a des momeuts où il les tourne comme ça; nn diiait qu'il va passer.
MADAME BELAMI.
i H fait ses yeux blancs, j« connais ccs yeux-ü... quand j’étais limonadière !... c’est de ia pa-wou, pas autre chose.
BAFTISTIKI.
De la passion, pour qui?
MADAME BELAMI.
Ah ! connais pas. ( Comme frappée d'une idée.) Tiens! peut— éirr pour moi... au fait, il m’a lancé un regard, eu me disant : (Limitant.) Madame...
baptistixe, à part.
Plus souvent, par exemple!
MADAME BFLAMI.
Mais il ne s'agit pas de cela. L** «ligne Bouvreuil se couche ù huit heure*, à huit heures un qttait il clôt sa paupière tThomme (style rnuiJiitiqiie] ; a neuf heures précises il ronfle comme un sabot (style classique) ; je viens vous cheicber, et uous parions, c'est cou venu.
■APTISTÎNE.
Mais cc o’esl pas convenu du tout* je ne suis pas décidée. Madame belami, tan* t'écouter.
Il y aura une citadine à la porte* c’est moi qui régate. BAPTISTINE.
Mais je vous dis encore une fuis q.ie je n’oserai jamais.
MADAME BELA MJ.
Connu... connu I
A» : dm Farfadet» (Pilâtl.)
Adieu «lune, au revoir (
Cordialité
En mon expérience.
, Adieu dune, au revoir!
L’prcujier pas, vous le. ferez ce soir.
Le premier pas ?...
MADAME FELaMI.
Oui, «-'est le M'ut «pii coûte; fl ne s'agit que d’proidre »>u essor,
El vous serez a jieitie sur la route Que rous dire» : encore, encore, ncor ENSEMBLE.
Adieu donc, au revuir, etc.
Baptistixe.
Non. jierdez cet espoir;
L» prudence Ici me dit «1 avance (ju'à re liai, le «îe.oir Me déiead de vous suivre, ce soir.
(Madame Delami tort à gauche, troisième plan.)