‹ Le langage des fleurs (volume 2)Chapitre 30 sur 192 · RÉCOMPENSE DE LA VERTU · texte numérisé non relu

RÉCOMPENSE DE LA VERTU

Saint Médard, évêque de Noyon, né à Salency, d’une illustre famille, institua, aux lieux de sa naissance, le prix le plus touchant que la tendre piété ait jamais offert à la vertu. Ce prix est une simple couronne de roses ; mais, pour l’obtenir, il faut que toutes vos rivales, toutes les filles du village, vous reconnaissent pour la plus soumise, la plus modeste et la plus sage. La sœur même de saint Médard fut nommée, en 532, d’une commune voix, première rosière de Salency ; elle reçut sa couronne des mains du fondateur, et elle la légua, avec l’exemple de ses vertus, aux compagnes de son enfance. Les siècles, qui ont renversé tant d’empires, qui ont brisé le sceptre de tant de rois, ont respecté la couronne de Salency : elle a passé de protecteurs en protecteurs sur le front de l’innocence; puisse-t-elle la couronner toujours, et mériter le bonheur à toutes celles qui l’obtiendront! Lorsque

M. de Fontanes chantait les vergers et n était que poète, il a dit :

Hélas! belle rosière,

D’autres amis des mœurs doteront la chaumière ; Mes présents ne sont point une ferme, un troupeau, Mais je puis d'une rose embellir ton chapeau.

Page 1