‹ Le langage des fleursChapitre 77 sur 95 · HABIT MORAL D’UNE DAME SELON LES COULEURS · texte numérisé non relu

HABIT MORAL D’UNE DAME SELON LES COULEURS

« Et, tout premièrement, dame ou demoiselle doit avoir ses pantoufles de couleur noire, qui dénote simplicité ; ce qui démontre aux dames qu’elles doivent marcher en toute simplicité et non en orgueil. Et, en après, la dame, de quelque état qu’elle soit, doit porter les jarretières, qui seront de blanc et noir, dénotant ferme propos de persévérer en vertu, et ainsi que le blanc et noir jamais ne changent naturellement. Après ces choses, la cotte doit êtfe d’un damas blanc, qui dé-

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montre l’honnêteté et chasteté qui doivent être en une dame : idem , doit être la pièce de devant, soit de couleur cramoisie, qui sera appelée la pièce des bonnes pensées ardentes envers Dieu.

« Enfin, la robe pour une grande dame doit être de drap d’or, qui représente beau maintien; car, tout ainsi que l’or plaît à la vue des gens, à soi pareillement le beau maintien d’une dame est cause qu’elle est prisée et regardée. »

Voilà des vêtements dont la morale est parfaite; mais notre siècle les trouvera-t-il assez galants? n’inspireront-ils aucun effroi à nos belles? en un mot, la mode osera-t-elle jamais leur présenter des habits qui les environneraient de tant de vertus sévères? Voilà ce que nous n’osons dire. Il y a bien longtemps qu’on vante la bonhomie de nos pères, et cependant nous n’avons point encore vu qu’on se soit empressé de l’imiter.

Nous ne donnerons donc pas plus de détail à cet article, dans lequel il sera facile de trouver la signification des principales couleurs.

IBÉRIDE DE PERSE, TLASP1 VIVACE

Indifférence.

Vois comme au printemps tout sourit, Les grâces font fleurir la rose ;

L’air se tait, le flot s’assoupit,

Et sur le sein des mers repose.

Dans ce cristal brillant et pur Déjà le cygne plonge et nage,

Tandis que l’oiseau de passage

Fend lentement un ciel d’azur;

Du jour plus douce est la lumière ;

Les sombres nuages ont fui,

Des trésors qu’enferme la terre Le germe s’est épanoui;

Sur les rameaux, sous le feuillage,

Partout naît le fruit ou la fleur,

La vigne a repris son ombrage,

L’olivier son fruit, sa fraîcheur »

Cette belle saison, qui anime tout dans la nature, et qui inspira au poëte des amours, des chants si doux, semble passer en vain pour la froide ibéride; cette plante, dans tous les temps, nous présente son vert feuillage et ses corymbes blancs et inodores; souvent, pour recuellir ses graines, la main du jardinier arrache le voile fleuri qui persiste à les couvrir. Ainsi le printemps et l’amour passent sans embellir cette insensible. La maternité arrive sans la flétrir ; elle conserve sa parure jusque dans la décrépitude ; et, si son éclat nous rappelle celui des autres fleurs, c’est bien moins pour nous consoler de leur absence que pour nous faire regretter leurs grâces et leur doux parfum.

C’est sans doute à cause de son aspect monotone, toujours le même, que les femmes de l’Orient, qui ont inventé l’ingénieux langage des fleurs, ont fait de l’ibôride de Perse le symbole de l’indifférence.

i Anacréon, traduction de Saint-Victor.

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