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La valériane à fleurs rouges est assez nouvellement descendue des Alpes dans nos jardins. Sa parure est brillante, mais toujours un peu en désordre. Cette fille des montagnes conserve au milieu de nos fleurs cultivées un port rustique qui lui donne un peu l’air d’une parvenue; cependant cette beauté sauvage doit sa fortune à son mérite; sa racine est excellente contre la plupart des maladies qu’engendre la mollesse; son infusion fortifie la vue, ranime les esprits, éloigne la mélancolie; ses fleurs durent presque toute l’année; la culture les embellit, mais elles ne dédaignent jamais leur champêtre origine, et on les voit quitter nos plates-bandes pour parer les flancs d’une aride colline, ou la cime d’un mur abandonné. Les valérianes de nos bois et celles de nos prairies ont autant de vertus et de beautés que la valériane rouge, mais la main du jardinier les néglige, parce qu’elles manquent de l’heureuse facilité qui distingue celle des Alpes.
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Qui jamais a su chanter et n’a pas chanté la rose? Les poètes n’ont pu exagérer sa beauté, ni parfaire son éloge : ils l’ont appelée, avec justice, fille du ciel, ornement de la terre, gloire du printemps; mais quelle expression a jamais rendu les charmes de cette belle fleur, son ensemble voluptueux et sa grâce divine? Quand elle s’entr’ouvre, l’œil suit avec délices ses harmonieux contours. Mais comment décrire les portions sphériques qui la composent, les teintes séduisantes qui la colorent, le doux parfum qu’elle exhale? Voyezla au printemps s’élever mollement sur son élégant feuillage, environnée de ses nombreux boutons : on dirait que la reine des fleurs se joue avec l’air qui l’agite, qu’elle se pare des gouttes de la rosée qui la
baignent, qu’elle sourit aux rayons du soleil qui l’entr’ouvrent ; on dirait que la nature s’est épuisée pour lui prodiguer à l’envi la fraîcheur, la beauté des formes, le parfum, l’éclat et la grâce. La rose embellit toute la terre : elle est la plus commune des fleurs. Le jour où sa beauté s’accomplit, on la voit mourir; mais chaque printemps nous la rend fraîche et nouvelle. Les poètes ont eu beau la chanter, ils n’ont point vieilli son éloge, et son nom seul rajeunit leurs ouvrages. Emblème de tous les âges, interprète de tous nos sentiments, la rose se mêle à nos fêtes, à nos joies, à nos douleurs. L’aimable gaieté s’en couronne, la chaste pudeur emprunte son doux incarnat ; on lui compare la beauté, on la donne pour prix à la vertu, elle est l’image de la jeunesse, de l’innocence et du plaisir ; elle appartient à Vénus, et, rivale de la beauté même, la rose possède, comme elle, la grâce plus belle encore que la beauté.
Anacréon, le poète des amours, a célébré la i*ose, et pour la bien louer, il ne faut qu’emprunter ses chants.
Des fleurs je chante la plus belle,
La rose, trésor du printemps;
Thaïs, à ma chanson nouvelle Viens mêler tes aimables chants.
Des humains la foule charmée Admire ce don précieux,
Et la pure haleine des dieux De ses parfums est embaumée.
Dans la saison chère aux amours.
Des Grâces la troupe riante,
Pour en composer ses atours,
Va cueillir la rose naissante ;
Vénus, empruntant ses couleurs,
En paraît encor plus charmante;
La rose est chère aux doctes sœurs, Et le poète heureux la chante ;
Dans le buisson, pour la saisir,
La main glisse et brave l’épine;
Qu’il est doux alors de cueillir De l’amour la fleur purpurine,
Et dans un ravissant loisir D’en savourer l’odeur divine!
Des festins la rose est l’honneur;
Et dans ces jours où le buveur Livre à Bacchus son âme entière, Pour lui, moins douce est la lumière Que ne l’est cette aimable fleur.
Sans la rose, que peut-on faire?
Des sages qu’Apollon préfère Lisez les vers harmonieux ;
Elle teint les doigts de l’Aurore ;
Des nymphes le bras gracieux Lui doit l’éclat qui le décore,
Et des plus tendres de ses feux Vénus entière se colore.
Dans nos maux sa vertu souvent Fut utile au dieu d’Épidaure,
Et ses guirlandes sont encore Des morts le dernier ornement.
Bien que le temps lui fasse outrage, La rose orne encor le bocage,
Et jusqu’à son dernier moment A les parfums de son jeune âge.
Me faut-il raconter comment La terre fit ce bel ouvrage ?
Alors que, glissant sur les flots, Sortit du sein de l’onde émue La belle reine de Paphos,
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Il y avait, à Amadan, une académie dont les statuts étaient conçus en ces termes : « Les académiciens « penseront beaucoup, écriront peu, et parleront le « moins possible. « Le docteur Zeb, fameux dans tout l’Orient, apprit qu’il vaquait une place à cette académie : il accourt pour l’obtenir; malheureusement il arrive trop tard. L’académie fut désolée : elle venait d’accorder à la puissance ce qui appartenait au mérite. Le président, ne sachant comment exprimer un refus qui faisait rougir l’assemblée, se fit apporter une coupe qu’il remplit d’eau si exactement, qu’une goutte de plus l’eût fait déborder. Le savant solliciteur comprit, par cet emblème, qu’il n’y avait plus de place pour lui : il se retirait tristement, lorsqu’il aperçut une feuille de rose à ses pieds. A cette vue, il reprit courage ; il ramassa la feuille de rose, et la posa si délicatement sur l’eau que renfermait la coupe, qu’il ne s’en échappa pas une seule goutte. A ce trait ingénieux, tout le monde battit des mains, et le docteur fut reçu, par acclamation, au nombre des silencieux académi-
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