‹ Le langage des fleursChapitre 58 sur 81 · HABIT MORAL D’UNE DAME, SELON LES COULEURS · texte numérisé non relu

HABIT MORAL D’UNE DAME, SELON LES COULEURS

« Et, tout premièrement, dame ou damoiselle doit avoir ses pantoufles de couleur noire, qui dénote sim plicité ; ce qui démontre aux dames qu’elles doivent marcher en toute simplicité, et non en orgueil. Et, en après, la dame, de quelque état qu’elle soit, doit porter les jarretières qui seront de blanc et noir, dénotant ferme propos de persévérer en vertu ; et, ainsi que le blanc et noir, jamais ne changent naturellement. Après ces choses, la cotte doit être d’un damas blanc, qui démontre l’honnêteté et chasteté qui doivent être en une dame; idem, doit être la pièce de devant soi de couleur cramoisi, qui sera appelée la pièce de bonnes pensées ardentes envers Dieu.

« Enfin, la robe pour une grande dame doit être de drap d’or, qui représente beau maintien; car, tout ainsi que l’or plaît à la vue des gens, à soi pareillement le beau maintien d’une dame est cause qu’elle est prisée et regardée. »

Voilà des vêtements dont la morale est parfaite; mais notre siècle les trouvera-t-il assez galants ? n’inspireront-ils aucun effroi à nos belles? en un mot, la mode osera-t-elle jamais leur présenter des habits qui les environneraient de tant de vertus sévères? voilà ce

que nous n’osons dire. II y a bien longtemps qu’on vante la bonhomie de nos pères, et cependant nous n’avons point encore vu qu’on se soit empressé de l’imiter.

Nous ne donnerons donc pas plus de détail à cet article, dans lequel il sera facile de trouver la signification des principales couleurs.

Vois comme au printemps tout sourit :

Les Grâces font fleurir la rose;

L’air se tait, le flot s’assoupit, lit sur le sein des mers repose.

Dans ce cristal brillant et pur Déjà le cygne plonge et nage,

Tandis que l’oiseau de passage Fend lentement un ciel d’azur;

Du jour plus douce est la lumière,

Les sombres nuages ont fui;

Des trésors qu’enferme la terre Le germe s’est épanoui;

La vigne a repris son ombrage,

L’olivier son fruit, sa fraîcheur :

Sur les rameaux, sous le feuillage,

Partout naît le fruit ou la fleur (1).

Cette belle saison, qui anime tout dans la nature, et qui inspira au poëte des amours des chants si doux, semble passer en vain pour la froide ibéride : cette plante, dans tous les temps, nous présente son vert feuillage et ses corymbes blancs et inodores ; souvent, pour recueillir ses graines, la main du jardinier arrache le voile fleuri qui persiste à les couvrir. Ainsi, le printemps et l’amour passent sans embellir cette insensible.

(1) Anacréon, traduction de Saint-Victor.

llb LE LANGAGE

La maternité arrive sans la flétrir; elle ce parure jusque dans sa décrépitude; et, si nous rappelle celui des autres fleurs, c’est b pour nous consoler de leur absence que pour regretter leurs grâces et leurs doux parfums C est sans doute à cause de son aspect, qc jamais, que les femmes de l’Orient, qui ont ell inventé l’ingénieux lanease des fleurs nnt f

DES FLEimS.

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