‹ Le langage martien; étude analytique de la genèse d'une langue dans un cas de glossolalie somnambuliqueChapitre 54 sur 58 · GRAS · texte numérisé non relu

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pas, que l’ontogénèse est la reproduction exacte de la phylogénèse, ilne nous est pas interdit de nous former une représentation très vague des premiers débuts du langage humain. Le cri animal, avant d’être un appel, ne fut qu'un réflexe inconscient, et le langage en procède, mais par une voie détournée: seul le cri d'appel, l’interjection, chez l’homme, est la survivance

d’une animalité antérieure ; le langage proprement dit

a une autre origine, non moins mécanique, au surplus, ni moins foncièrement étrangère au mécanisme de la pensée. Bref, ce que nous nommons « le langage suivi», par opposition, à la simple exclamation, a dû débuter par une éjaculation de sons quelconques, appropriés naturellement à l’organe qui les émettait, mélopée très probablement allitérante et assonante, gymnastique pulmonaire et labiale, sous laquelle le sujet ne mettait sans doute, et sûrement ne cherchaït encore à faire comprendre à ses semblables aucun rudiment d'idée. Avant d’être l'expression d’une pensée, le langage a été un exutoire: pour les muscles pectoraux ? pour les cellules de la troisième circonvolution? C’est aux physiologistes d’en décider ‘

1. En dehors de ces considérations génétiques, le fait capital qui se dégage, pour le linguiste, des observations de M. Flournoy, c'est que tout fait linguistique, en tant qu'il a été une fois perçu, DEMEURE dans la mémoire au moins subconsciente du sujet. Cette donnée, pour n'être pas absolument nouvelle, est trop importante pour qu'on ne tienne point compte, dans toutes les inductions

ultérieures, de la preuve éclatante que M'* Smith nous en à

fournie.

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