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CONCLUSIONS

travaillé en lui-même et pour lui-même, dans sa forme et sa technique; et que, devenant à lui-même son propre objectif, il s’est perfectionné, assoupli, enrichi, et, dans une certaine mesure même, codifié dans une élaboration purement formelle. Cette culture de la musique pour la musique semble avoir été l'œuvre d'artistes relativement isolés du mouvement social de leur époque. Tout art compte ainsi ses fervents du style et de la forme, ses techniciens intransigeants, plus habiles à exprimer qu'’aptes à sentir.

Antérieur au langage articulé, lié originellement à l’intonation spontanée et à l’imitation réflexe des bruits de la nature, le langage des sons doit être étudié dans ses trois modes : perceptif, expressif et psychique.

Le mode perceptif, ou sensoriel, comprend l'audition et la lecture musicales. Le mode expressif, ou moteur, comprend le chant, le jeu des instruments et l'écriture musicale. Ces diverses modalités ont déjà été bien étudiées par de nombreux auteurs.

Le langage musical psychique, sur lequel nous désirons attirer l'attention, comprend les processus du langage musical intérieur, intermédiaire aux opérations sensorielles et motrices, et constitués par l'élaboration subjective des apports auditifs et visuels. Ce langage correspond à l'idéation musicale.

Chez certains sujets, le langage musical intérieur offre des ressources symboliques supérieures à celles de tout autre langage, et la musique représente pour eux, dans l'expression de leurs pensées et surtout de leurs sentiments, un véritable langage d'élection. On peut étudier ainsi l'expression musicale des principales émotions : joie, douleur, amour, haine, terreur, etc.

L'étude des aphasies musicales, des amusies, s'impose donc chez tout sujet suspect de troubles du langage. Les amusies, comme les aphasies, sont sensorielles (surdité et

cécité musicales) ou motrices (vocales, instrumentales ou graphiques). Elles sont partielles ou totales, simples ou complexes.

L'ensemble des observations, que nous avons étudiées dans la littérature médicale, ou personnellement recueillies, démontre l'origine presque toujours dynamique des amusies partielles, sensorielles ou motrices. Les amusies organiques semblent toujours complexes ou totales. On a, dans des travaux plus théoriques que cliniques, cherché à établir entre les amusies et les aphasies un parallélisme, dont la rigueur schématique s'accorde mal avec la complexité des faits étudiés. La méthode anatomo-clinique n’a pas permis non plus de déterminer les territoires du langage musical : les lésions constatées aux autopsies sont souvent étendues et ne permettent aucune localisation précise.

De même que l'étude de l’aphasie démontre la fréquence de l'association, aux troubles du langage, des troubles de d'esprit, de même l'étude de l’amusie, particulièrement chez les compositeurs, démontre l'association ordinaire aux troubles sensoriels et moteurs (audition et lecture, exécution et écriture de la musique) du désordre ou du déficit du psychisme musical. Celui-ci doit être étudié dans l'interprélation des morceaux, dans l'expression musicale spontanée des différents états d'âme, enfin dans la technique même de l'harmonie et de la composition. Les conclusions d'une pareille étude ne valent que par comparaison des résultats de l’examen actuel avec l'état antérieur, chez le sujet, de l'intelligence et de la culture musicales.

Il existe de nombreux troubles psychonévropathiques du langage musical, relevant de l'hystérie, de la neurasthénie, de la migraine et de l'épilepsie. D’autres troubles apparaissent chez certains déséquilibrés, sous forme d’obsessions, d'impulsions et de phobies. Entin,. on peut observer des associations anormales ou morbides de certains processus, sensoriels, génitaux, etc., aux différentes

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