‹ Le langage populaire; grammaire, syntaxe et dictionnaire du français tel qu'on le parle dans le peuple avec tous les termes d'argot usuelChapitre 24 sur 79 · DÉCLINAISON, CAS · texte numérisé non relu

DÉCLINAISON, CAS

C'est avec l'étude de Tarticle que doit se faire en français celle de la déclinaison. Les déclinaisons ont presque complètement disparu des langues modernes avancées en développement, c'est-à-dire analytiques. Ainsi en anglais le seul cas qui subsiste dans la déclinaison du substantif, est le génitif (« 's »). En fr., les prépositions ayant rem-, placé les flexions des déclinaisons, on peut considérer que les contractions « du » (de le), « au » (à le), « des », « aux », sont des formes de déclinaison. Remarquer aussi que le signe du pluriel pour les substantifs n'existe plus guère en fr. parlé que grâce à l'article (et aussi, à certains motir indiquant le pluriel : « deux », « trois », etc., « plusieurs »,- « beaucoup de », etc., et enfin à certaines liaisons). On pourrait donc dire que la déclinaison à flexion est remplacée par des préfixes : « le », « la », « les » ; « du », « de la », « des », etc.. Les pronoms ont gardé une partie de l'ancienne déclinaison («je », « m' » « me » « moi » ; « il », « lui » « eux », etc.). Mais on trouve encore en fr. et en LP. de nombreuses traces de l'ancien esprit des déclinaisons dans certaines constructions. D'autre part, les mêmes prépositions n'étant pas toujours employées en. fr. et en LP. pour le même usage, il est utile d'examiner les cas de la déclinaison en fr. et en LP., bien que les flexions en aient disparu.

Génitif. — Certaines constructions peuvent être considérées comme un souvenir du génitif. Dans l'ancien français, des expressions comme « THôtel-Dieu », « la Mort- Notre-Seignenr », « TÉpée Roland » signifîaient « l'Hôtel de Dieu », « la Mort de Notre-Seigneur », « TEpée de Roland ». Cette construction s'est conservée dans un grand nombre de noms de lieu, de noms de famille, de noms de fêtes religieuses, de noms de rues, etc.. Actuellement le langage commercial qui est plus répandu en LP. qu'en fr. donne des génitifs de ce genre : une fine maison (« une fine Champagne de la maison />). Les constructions telles que : je connais une de femme qui. . ., j'étais seule de femme. . ., ça fait deux de bonnets que je perds, etc., peuvent être considérées comme marquant un génitif.

Datif. — Le datif remplace en LP. le génitif de possession du fr. ; c.-à-d. à remplace « de ». Ex. : La femme à Ugène -, la mère à Jules ; c'est le livre à Pierre.

Accusatif. — En LP. l'accusatif et le datif s'emploient parfois, après certains verbes, à l'inverse du fr. Ex. : tu l'apprends à mal faire (« tu lui apprends ») ; je lui ai empêché de partir (« je l'ai empêché »).

Ablatif. — L'ablatif, cas latin correspondant à plusieurs autres cas d'autres langues, par exemple à l'instrumental et au prépositionnel russes, correspond en fr. aux idées : où ? comment ? par qui ? par quoi ? d'où ? etc.. En LP. il se tourne parfois par l'apposition simple. Ainsi les expressions cousu main, brodé main (« à la main ») ; voyez caisse ! (« voyez à la caisse »), etc..

On peut considérer comme une sorte d'ablatif particulier au LP. les formes populaires marquant l'idée de mouvement : j'en deviens ; l'endroit d'où je deviens ; je viens de rf'là ; je deviens de r/'là.

Remarque. — Les expressions telles que un tissu laine, une étoffe soie et coton, qui appartiennent au langage commercial, signifient un K tissu fait avec de la laine », « une étoffe faite avec de la soie et du coton » ; ou bien « un

tissu de" laine », « un tissu en laine », etc.. Ce sont plutôt des expressions correspondant à Fablatif qu'au génitif. Le LP. pour toutes les matières d*origine (principalement les métaux) préfère en à « de ». Ex. : un tissu en laine, un bijou en or, une table en bois'.

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