TIVOLI, ALBERT
ALBERT, après Cire reste quelques instans en face de Tivoli, qui finit par rire malgré lui.
Qu’cst-ce que c’cst que ce inonsieur-lâ ?
TIVOLI
Ce monsieur?
ALBERT
Oui... il te connaît?
TIVOLI
Beaucoup.
ALBERT
Tant mieux ; car je t’avoue que je n’ai jamais senti, comme en ce moment, toute l’inconvenance de notre conduite. Tout h l’heure, en traversant les salons, j’élais au supplice, il me semblait que les regards étaient fixés sur moi. Enfin, puisque tu peux te recommander de quelqu'un... de ce monsieur...
TIVOLI, avec aplomb.
Oui... oh! nous sommes très bien, (changeant de ton et tranquillement.) 11 nous prend pour des voleurs...
ALBERT
Que «lis-tu ?
tivoli , vivement.
C'est le mari.
ALBERT
Le mari ?
tivoli.
El tu m'as présenté à lui,' toi ?
tivoli.
J’ai cru qu’il te serait agréable de faire sa connaissance.,, L’n bon physique, befn ?
ALBERT
Mais tu ne vois donc pas dans quelle situation . cela nous met, uous étrangers, inconnus dans cette maison?
TIVOLI
C’est affreux !
ALBERT
Moi surtout moi, à qui il peut en coûter l’avenir, le bonheur.
TIVOLI
C'est surtout pour loi.
ALBERT
Tu ne vois donc pas qu’un mot, un seul, nous livre en but aux soupçons.
C'est épouvantable !
ALBERT
Eh bien?
TIVOLI
Eh bien? que diable veux-tu que j’y fasse?
ALBERT
Ce que je veux ? c’est tout dire, tout avouer à l’instant , demander partldn... On nous l'accordera, peut-être, ou du moins en apprenant qui nous sommes, on verra...
TIVOLI
Mon ami, tu vas gâter notre position.
ALBERT
Elle est jolie. Oui je me nommerai à M** de Savenay... Le nom de mon père est assez connu...
TIVOLI
\1“- de Savenay... une dame d'un certain âge... l'air distingué... tu sais?., que tu as connue dans l'émigration.
De la rue Cassette.
ALBERT
TIVOLI
Je cours.