‹ Le laquais d'Arthur comédie en un acte, en proseChapitre 10 sur 14 · ART UC R · texte numérisé non relu

ART UC R

C’est bien 1

HENRI

Monsieur, sait bien qu'il a l’estomac un peu dévasté.

Assez I

ARTHUR

HENRI

Et quo monsieur ne digère plu* facilement,

ARTHUR

T’cn iras tu?

Oui, monsieur.

artiiur, à part.

Ah I ça, il va me faire passer pour une ruine.

Henri, à part.

$*on, traître, jo ne m'éloigne pas. (il se cache derrière un rideau.)

madame de sancy, à part.

Ce pauvre monsieur de Fougères!...

ARTHUR

Reprenons, madame, notre conversation.

MADAME DE SANCY

Ou en étions-nous donc ?

ARTHUR

Au chapitre do l’amour, madame I et vous jurais que mon coeur aussi bien qu'un autre, était capable de...

MADAME DE 8AM.Y

En effet, madame do Vernes nous racontait l'autre soir une aventure dont vous ête9 le héros.

ARTHUR

Moi, madame?

MADAME DE SANCY

Votre entrée à cheval dans ce magasin de modes, un jour que vous jalousiez Byron cavalcadanl a Venise , ou l’on ne se promène qu’en gondole!... L’histoire est très-cavaliore I et pour remettre cos demoiselle* de leur cfiroi. vous les avez toutes menées en chœur aux courses de Chantilly I Une plate bande de chapeaux jonquilles et de chapeaux amaranthes, dont vous étiez le jardinier... prouvant par la que vous avez tous les courages, y compris le courage civil I

artiiur, embarrassé. •

Mes amis exagèrent, madame, ou ils inventent. 9

MADAME DR SANCY

Ne cite-t-on pas dans votre livre d'or, les noms do plusieurs de nos voisins... messieurs Dervilly, du Brienon... (Avtc intention.) Henri do Salgues?

ARTHUR

Jo passe condamnation pour Dervilly et de Brienon. Ce sont de hardis viveurs, capables d'aller réveiller dans leur tombe les maîtresses de Don Juan, pour les mener souper chez la statue du commandeur I mais Henri de Salgues, ah ! quelle erreur. .. un garçon sage et naïf, qui n’a jamais vu que de l’orchestre les coulisses de la vie.

MADAME DR SANCY

Je vous remercie, monsieur de Fougères. Vous mo raccommodez avec mon opinion personnelle. En vous proposant mon trio j’avais peur do ne pas être démentie.

ARTIIUR.

Est-ce quo vous connaissez monsieur de Salgues?

MADAME DE SANCY

J'ai eu, jo me le rappelle, une entrevue avec lui... Comme dame de chanté, j'allais recueillir sa souscription.

ARTHUR

Est-co qu’il ne vous a pas proposé de jouer en société le Soldat laboureur.

MADAME DE SANCT

Non, monsieur; il m'a très-graciousemout remis une trèsgrosse offrande... Il a discuté avec moi toutes sortes d'idées qui pourront contribuer au bonheur des pauvres gens de nos campagnes.

ARTHUR

Mais, madame, j’ai sous presse, moi, tout un volume sur l’amélioration de no* iaces chevalines.

madame de sancy.

A chacun sa spécialité. Quant ù monsieur de Salgues, j'ai cru remarquer en lui une poliiosseet un bon goût, que notre monde, un peu arriéré peut-être, regarde encore comme la vraie distinction.

ARTHUR

Il est ridiculement timide.

HADADE DE SANCY.

Je vous avouerai quo la timidité mérite grâce à mes yeux bien plus qu’une fatuité présomptueuse.

ARTHUR

Sans douta I sans doute ! mais figurez-vous que ce pauvre diable... ( Henri qui a quitté sa cachette, ydjm la porte du fond où Manette lui remet un plateau.)

HENRI

Le souper de madame I

artiiur, à part.

Il est aussi ennuyeux qu’un domestiquo réel!

MADAME DP. SANCY.

Mais c’est fort galamment dressé... d'après le système de

LE LAQUAIS D’ARTHUR. b

Nanclte. Il y a sympathie entre nos gens, monsieur de Fougères.

ARTHUR à table.

Nous les marierons, madame... Entends-tu, maraud? to voila heureux, j’espère ? Allons, remercie.

Henri, à mi-voix.

Putienco I l’aiguillu marque onze heures dix minutes.

Cetto pendule avance.

HENRI

Non pas...

ARTHUR

Labrie I une assiette 1... (.1 madame de Sancg qus s ch approchée de la fenêtre.) Eli bien I madame?... (U lui montre la table.)

madame de 8àncy,sc relevant et allant vers la fenêtre du jardin.)

Je n'ai pas faim I

artiiur, à part.

Diable I

MA DA HE DE SANCY

Mais soupez sans moi !

arthure, souriant.

Ah I madame ! (A part.) J’ai des tiraillements d’estomac.

MADAME DE SANCY

Quel malheurt les allées do mon jardin sont encore envahies par le déluge... et j’aurais eu plaisir à respirer un bouquet de mes roses. J’aime la pluie sur les (leurs.

artiiur, à part.

La pluie sur les fleurs, très-bien ; mais l'herbe mouillée sur mos boites, merci ! (Haut.) Quel dommage I je no connais pas les sentiers du jardin, mais quand la lune sera levée...

iienri , avec éclat.

Il doit faire soleil, madame, j’y cours... '(Il s’élance vers le jardin.)

artiiur, iaiiijyant Henri.

Arrêlo I je m*y oppose formellement... Tu vas tomber dans la pièce d’eau I D'ailleurs, ie ne veux pas abuser plus longtemps du la généreuse hospitalité que madame.. . Suivez-moi à l’instant, je l’exige I

HENRI

Non, monsieur I

ARTHUR

Qu’est-ce à dire ?...

HENRI

Je connais monsieur... monsieur ne peut pas vouloir partir, avant que le désir de madame soit réalisé... Pour la femme que l’on aime, on iraiL cueillir un bouquet danslecratè'edu Vésuve I mais le jardin est humide et monsieur est très-sujet aux rhumes do cerveau... restez... restez; moi, ie rapporte a madame les roses qu’elle désire. (H 'élance dans le jardin.)

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