‹ Le laquais d'Arthur comédie en un acte, en proseChapitre 8 sur 14 · C-’e?t drôle ! la tête de ce valet me rappelle... qui donc · texte numérisé non relu

C-’e?t drôle ! la tête de ce valet me rappelle... qui donc

( Henri s arrête pour contempler madame île Sancy avec amour.)

ARTiiun, l'apercevant. ■

Encore là, faquin I

HENRI

Je sors. (A part.) Jo ne te laisserai pas longtemps en tête à tête. b 1

(Il sort par le fond.)

scÈire ▼.

ARTHUR, MADAME DE SANCY

[Madame de Sancy s'assied sur le sofa. — Arthur en vers la

fenêtre.)

MADAME DE SANCY

Comment se porte l’orage ?

ARTHUR

Le ciel ne pouvait pas continuer à se fâcher, madame, il vous voyait à l’instant de pleurer.

4 MADAME DE SANCY

Vous dégénérez, monsieur de Fougères. Voilà que vous tournez au poète.

artiicr, s'unima/iL

Et qui ne serait poète devant la poésie elle-même!

MADAME DE SANCY

Voua voilà en récidive, monsieur, et il v a la galanterie en plus. Méfiez-vous 1

ARTHUR

Et qui ne serait galant, madame?...

madame DE sancy, ironiquement.

Devant la beauté elle-même, nVst-ce pas? Qui, monsieur? Un chasseur doublé d’un sporlsmju.

ARTHUR

Et si poésie cl galanterie mêlées, contenaient le secret d’une métamorphose ?

Z MADAME DE SANCY, méllte jctt.

Un secret , monsieur f... ces choscs-Ià sont dangereuses une heure avant minuit.

ARTHUR

Vous raillez, madame.

MADAME DE NANCY

Au fait ! j'oubliais que vos confidences courent le pays à toute heure, cl ne se gênent pas pour frapper à toutes les portes.

Arthur, fous deux assis.

Celle-ci , madame, peut aboutir sans de longues préfaces... Mon secret, c’est le secret que chacun a eu une lois dun* sa vie, c’est celui qui nous remplit a la fois de bonheur et de tristesse, et qui tient dans un seul mol : « Amour. »

madame de sancy, gravement.

L'amour, monsieur, j'ai déchiré mon dictionnaire à cette pagc-là ! ( Après un ini/ont de silence.) Mais, à propos, est-ce que le reste du monde s'en occupe encore ?

ARTHUR

Mais, oui, madame, et nous autres jeunes gens, nous savons rendre à la beauté des hommages sincères.

HENRI

MAUAUF. DP. s. ;;cï.

Oui, un jeune homme qui, à l'âge de tous (es jeunes-gens d’aujourd'hui , cinquante ans ou peu s‘en faut, vient s’asseuir tranquillement auprès d’une pauvre femme qui ne lui a rien fait. Pour lui prouver qu'il est épris d'elle, il consent à lui parier de la danseuse en vogue ou du prochain vaudeville. L’amour ! allons donc I Pauvre petit dieu ridé, raillé, gelé cl désarmé; son plus grand défaut, c’est d’élro tout à fait mort!... Il y a beau temps que M. de Boufflers et le chevalier de Parny l’ont enterré dans leurs petits vers. Seulement, dans ce tempslà, c’était encore la mode de suivre son enterrement. Les uns portaient son carquois et sa guirlande, les autres son arc et sa torche ontlammée ; vous , qui venez les derniers , vous ne portez rien I

Arthur, filmant.

Ah I madame, est-ce que vous niez lu seul intérêt sérioux de la vie?

MADAME DE SANCY

Du tout, je ne le nie pas... dans l'histoire des Grecs, et, je vous l'accorde un peu, au moyen-âge; mais.au Café do Paris, mais dans le fumoir de l’entresol quo vous devez habiter, monsieur de Fougères...

a&tiii n.

Remarquez, madame, que nous sommes en province et je vous jure que j'ai émigré a cause de vous seule.

MADAME DE SANCY

Et à cause du steeple chase de dimanche prochain ! Notre arrondissement s’y entend, à ce qu'il parait, ('handicap est immense... £st-ce que ce n’est pas comme ça que ça s’appelle?

ARTHUR

Je ne sais plus, madame... Tenez, c'est mal à vous de mu désespérer. Depuis un an la passion la plus ardente...

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