Acte de maruge du général Dumouriez
Ce Jourd'huy mardy treiz' jour de septembre mil sept cents soixante quatorze, après la publication des bancs du futur mariage entre Monsieur Charles-François Du M0URIER Du Perier, ecuyer, chevalier de Tordre Royal militaire de Saint-Louis, colonnel à la suitte de la légion de Loraine, fils majeur de feu Monsieur Antoine-François du Mourier Duperier, et de feue dame Sophie-Eleonore-Ernestine de Pâtissier de Château neuf, de la paroisse dfc*'Saint-Roch de Paris, d'une part; et demoiselle Marie-Marguerittâ-Leanord- Etienne de Broissi^ fille majeure de feu Monsieur François-Etienne de Fontenay et
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de dame Marie-Anne du Mourier Duperier, veuve en secondes noces de feu Messire Jean-Jacques Leonord Le Grix de la Potterie (i), lieutenant-général civil et criminel au Bailliage de cette ville, d'autre pan ;
Je soussigné M» Pierre-Jean-François-Amable Perchehaye, prêtre, docteur en la faculté de théologie de Paris, et prieur de la communauté des Carmes de cette ville; avec la permission de M. Lelièvre, ancien professeur en l'Université de Caen et curé de cette paroisse, ai reçu après les fiançailles célébrées le jour d'hier en cette église, leur mutuel consentement de mariage (2) et leur ai donné la
(i) Les Mémoires de du Mouriei la disent veuve d'un marquis de Belloy : ce n'est pas la seule inexactitude qui soit à relever dans cet ouvrage.
(2) Ce mariage ne fiit pas heureux ; il avait pourtant commencé par un double sacrifice de la part du fiitur général : la petite vérole avait
bénédiction nuptiale avec les cérémonies prescrites par la Sainte-Eglise ; présence dudit sieur Lelièvre, curé de cette paroisse, de Messire Jacques de Baillehache, écuyer, sieur de Longueval, chevau-légerde la garde ordinaire du Roy, de Maurice Thipagne, sacristain, de Pierre-Maurice Turgis, qui ont signé avec nous :
Du MOURIER Du PeRIER. — ESTIENNE DE
Broissy. — DuMouRiER Du Perier de la PoTTERiE. — Baillehache de Longueval.
— Turgis. — M. Thiphagne. — Lelièvre.
— Amable Perchehaye, prieur des Carmes.
(Extrait des registres des baptêmes et mariages de la paroisse de S*- Ouen, principale du Pont-Audemer, pour Tannée 1774).
défiguré sa fiancée ; non seulement il persista à l'épouser, il vendit à cette occasion cinq mille volumes de sa bibliothèque. Au bout de quatorze ans, ils étaient séparés.
Les Du Pèrier.
En présence ides contradictions que j'ai relevées dans les biographies, et faute de documents authentiques, j'ai dû renoncer à contrôler et à compléter la généalogie des Du Périer, qui est conservée manuscrite aux archives de Seine-et-Oise.
Selon les Mémoires du général Dumouriesiy le père de Provençal s'appelait Français Du Périer, et aurait été le mari d'Anne de Moriès.
' M. Ch. de Ribbe, dans son Ancien barreau du Parlement de Provence y le nomme Claude.
D'après le Dictionnaire de la Noblesse de La Chenaye-Desbois, qui ne fait que reproduire le Nobiliaire de Provence, « Anne, fille de Joseph de Mouriès et de Catherine de Poitevin, se serait mariée, en 1619, à Lor-
gues, avec Claude Du Périer, de la ville d'Aix, gentilhomme de Charles de Lorraine, duc de Guise, gouverneur de Provence, oncle du célèbre Scipion Du Périer, un des plus grands jurisconsultes de son temps.
Le Parnasse François, qui donne à ce gentilhomme le prénom de Charles, le dit frire de Scipion.
Tâchons d'éclairer quelque peu ces ténèbres :
D'après une déclaration d'Antoine-François Dumouriez, père du général, faite en 1769, « Du Périer est le nom propre de sa famille, le nom substantif; le nom Dumourijz qui s'y trouve joint n'étant qu'ajouté et pris par son père (François) du nom de sa mère (Anne de Moriès), dont il n'a fait précéder le nom propre (Du Périer) que pour se conformera V usage de Provence^ dont il était originaire, où Ton fait toujours pré-, céder le nom ajouté au nom propre, usage qui a lieu dans plusieurs contrées, telle en-
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tr'autres la Bretagne, faisant cette observation à cause que parmi nous le nom propre et de famille précède toujours le nom ajouté de seigneurie ou autrement. » (i)
Kotre Provençal serait ainsi le fils de Claude Du Périer et d'Anne de Moriès, qui ne l'auraient eu qu'après 30 ans de mariage. Mais A.-F. Dumouriez a oublié ici un degré : Claude était, non passongrand'père, mais son bisaïeul; son grand'père s'appelait, comme son père, François, et avait, lui-aussi, épousé une Anne de Moriès, nièce de sa mère, d'où la confusion facile qui a été faite jusqu'ici des deux François et des deux Anne de Moriès.
Sans avoir la prétention de faire l'histoire de cette ancienne famille bretonne (2), trans-
(i) Procès-verbal du 18 février 1769 pour la réformation de Tacte de naissance du général (Arc h. Nat. Y, 4924).
(2) Elle remonte â André Du Périer, mare-
plantée en Provence au XIV* siècle et dès lots consacrée à l'étude des lois et à la chose publique, nous dirons qu'un Gaspard Du Périer était conseiller au Parlement de Provence de 1501 à 1530, et que son frère Jacques, chevalier de Rhodes» fut tué au siège de cette ville.
Laurent, fils de Gaspard, fut avocat au Parlement d'Âix. De son mariage avec Anne de Murotte, il eut :
a. Français Du Périer « gentilhomme d'Aix en Provence », comme l'appelle son ami Malherbe en tête des belles stances sur la mort de sa fille. Il avait épousé en 1584 Catherine d'Estienne qui lui donna, outre la Rose qui vécut « l'espace d'un
chai de Bretagne en 1240, qui ne doit point être le premier de sa race. — Pas la moindre notice n'a été consacrée à cette famille illustre dans le Panthéon provençal de Goy, ni dans le Pïutarque provençal d'Alexandre Gueidon.
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matin », Scipion I, le fameux jurisconsulte, ami de Gassendi (1588+ 1667) qui revécut dans son petit-fils Scipion II, conseiller au Parlement de Provence (1639 f 1681).
b. Claude, l'époux d*Anne de Moriès, Faîeul de tous les Dumouriez, le père de Charles le poète et le grand-père de Français le comédien.
Le poète Charles Du Périer, mort sans enfants en 1692, avait en eftet un fi-ère nommé François, qui épousa, selon les uns une Anne de Moriès parente de sa mère, selon d'autres Ânne-Marguerite de Durant.
Un descendant de cette famille a relevé, il y a cent ans, dans les registres de la Madeleine, déposés au greffe d'Aix, l'extrait de baptême d'un François que, jusqu'à plus complète recherche sur place^ nous n'osons donner comme celui de Provençal :
François Du Pirier^ fils de François et d" Anne-Marguerite de Durant, baptisé le 2i
septenére 1646. Parrein : M'? Français de Durant y 5' de Montplaisant : marraine : dame Sibilled^Escalis.
Cet acte doit concerner un autre François, petit-fils de Scipion, fils de François Du Perier et de Marguerite de Duranty de Saint- Louis ; cet homonyme et contemporain de Provençal, son petit-cousin, après avoir été capitaine de cavalerie, était en 1698 consul d*Aix et procureur de la province.
Qpoi qu'il en soit, une note trouvée dans ces papiers de famille (i) nous apprend que notre François, ayant perdu sa mère à l'âge de quatre ans, serait à six venu à Paris avec son oncle Charles qui, ne figurant pas encore à cette époque parmi les « Illustres à qui le Roi donne pension » (2),
(i) Arch. de Seine-et-Oise, série E, liasse
(2) Ch2LppuzQ3My Y Europe vivante, 1666, p. 317. — Dans la liste des pensions pour Tannée 1663 :
se trouvait souvent sans argent (i). Le poète latin n'aura pu subvenir à Fédacacation de Torphelin, et c'est ainsi sans doute que le petit Provençal se trouva conduit à entrer en condition chez Molière.
Blasons.
Des Du PÉRiER : d'azur bordé dentelé de gueules à une bande d'or accompagné en chef du côté senestre d'une tète de lion arrachée d'or, lampassée de gueules et couronnée d'argent.
au sieur Jtt T^mer, poète latin. . . . 800 liv. •au s' Molière, excel. poète comique. 1000 — (i) Harpagoniana^ 1801, page 16.
Des Du MouRiER : d'or à un cœur de gueules soutenu de deux mûres au naturel inclinées en chevrons, au chef d'azur, chargé de trois étoiles d*or.
IMPRIMÉ Sur les presses de Noël Texier,
à PONS (Charente-Inférieure).
Janvier i88j.
IMPRIMERIE DE NOËL TEXIER à Pons (Charente-Inféricnre)