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MUE

— Physiol. Le changement du timbre et de la hauteur de la voix, au moment de la nubilité, tient aux modifications anatomiques qui s'accomplissent dans le larynx et les organes voisins- Il coïncide avec l'évolution des organes génitaux ; mais on ignore la raison de ce rapport.

mue [mû] adj. f. (du lat. muta, muette). Ne s'emploie que dans l'expression rage mue, sorte d'hydrophobie dans laquelle le chien n'aboie pas.

mue, e adj. (de muer). Voix muée, voix altérée au moment do la puberté. Oiseau mué, oiseau qui a dépouillé son plumage.

Muel, comm. d'Ille-et- Vilaine, arr. et à 1C tilde Montfort ; 1.700 h.

muer [mu-é] v. n. (du lat. mutare, changer). Se dit des animaux qui perdent leur peau, leur poil ou leur plumage: les serpents muent régulièrement; des jeunes gens dont la voix change à l'époque de la puberté. V. a. Changer. (Vx.)

muet, ette [mu-è, è-te] adj. (lat. mutus). Qui n'a pas 1 usage de la parole : homme muet. Qu'un sentiment quelconque empêche de parler : être muet de terreur. Qui ne se manifeste point par des cris ou des paroles : tes grandes douleurs sont muettes. Qui ne se manifeste pas verbalement : protestation muette. Qui ne décide ou n'exprime rien : en eas de difficulté, le dictionnaire de l'Académie est inuet. Etre muet comme un poisson, comme une carpe, garder un silence complet. Théâtr. Jeu muet, partie du jeu d'un acteur par lequel il exprime sans parler ses sentiments. Personnage muet, personnage nécessaire a l'action, mais qui n'a rien à dire. Hisl. ottom. Dans l'ancien empire ottoman, nom de serviteurs du sultan , muets de naissance ou obligés de ne s'exprimer que par signes, et qui étaient chargés d'étrangler les personnages dont le souverain voulait se débarrasser. Allus. i.ittér. : Voilà pourquoi votre fille est muette. Dans le Médecin malgré lui, de Molière (II, 6). Sganarelle vient d'être appelé en qualité de médecin auprès de Géronte dont la fille feint d'être muette. Sganarelle, qui voit l'ignorance de Géronte, se livre aux raisonnements les plus bouffons avant d'arriver à la conclusion précitée. Dans l'application ces mots servent à caractériser les explications prétentieuses et qui n'expliquent rien. Gram. E muet, lettre, syllabe muette, qu'on ne prononce que peu ouj point. (V. e.) H muet, v. h. Moût muet, qui n'a pas encore fermenté. Moût dont on a arrêté la fermentation. N. Personne privée de l'usage de la parole. N. f. Lettre muette. Fam. La grande muette, nom donné parfois à l'armée, à laquelle il est interdit de manifester une opinion quelconque. A la muette loc. adv. Sans parler, par gestes. V. sourd-muet.

Muette de Portici (la), opéra en cinq actes, paroles de Scribe et de Germain Delavigne, musique d'Auber (1828). Le sujet du livret est la révolte du peuple napolitain contre la tyrannie espagnole, sous la conduite de Masaniello. C'est dans cet opéra que se trouve le duo fameux : Amour sacré de ta patrie. Belle partition au style vif et varié; l'ouverture passe avec raison pour un chef-d'a>uvre. Une représentation de cet opéra, à Bruxelles (25 août 1830), fit éclater la révolution qui se termina par l'expulsion des Hollandais et la proclamation de l'indépendance de la Belgique.

muétiser [zé] v. a. Rendre muet : on muétise Ut dans te mot Alger.

muétisme [tis-me] n. m. Etat d'une personne muette.

muette [mu-è-te] n. f. (de meute ou de mue). Maisonnette bâtie dans un parc pour conserver les mues (bois) des cerfs et quelquefois loger les chiens de meute. Pavillon de chasse. Gîte où le lièvre fait ses petits. Petite maison de rendez-vous galants.

Muette (château de la), à Paris, sur la lisière du bois de Boulogne, construit au xvie siècle, sur

Château de la Muette, au ivm' siècle.

l'emplacement d'un rendez-vous de chasse , reconstruit par le Régent pour sa fille, la duchesse de Berry, et embelli par Louis XV. Ce fut là que, le 14 juillet 1790, fut servi le banquet de la Fédération.

muettement

[è-te-man] adv. D'une r manière muette.

muézin ou muezzin [è-zin] n.

m. far. mouazzin).

Membre du clergé musulman, dont les fonctions consistent à annoncer a haute voix, du haut du minaret, l'heure de la prière.

— Encyci.. Les muézins, institués par Mahomet, qui ne dédaigna pas d'appeler quelquefois lui-même les fidèles à la prière, parcourent lentement la galerie qui entoure chaque minareten psalmodiant des phrases arabes qui signifient :

« Allah est le plus grand ! J'atteste qu'il n'y a pas d'autre divinité qu'Allah ! J'atteste qui Mahomet est l'envoyé d'Allah! Venez à la prière. Venez à la meilleure des œuvres, etc. »

Muézin.

muff ou muffe n. m. Forme populaire du mot mufle, dans le sens de sot, grossier ou malhonnête.

muffin [meuf-fin] n. m. En Angleterre, petit pain de luxe, de forme circulaire, à croûte très mince, pale et molle, pour les rôties beurrées.

mufle n m. Extrémité du museau de certains mammifères, en particulier des ruminants, des carnassiers, des rongeurs : un mufle de bœuf. Orifice de la buse d'un soufflet de forge. Pop. Gros et laid de visage; personne désagréable, sotte, peu estimable, v. MUFF.

— Encvcl. Quand le mufle présente la disposition en museau (ruminants), on l'appelle rhinarium, tanpis que chez les singes il prend le nom de chilome; btiand il est allongé, il s'appelle rostre.

mi) fléau [flo] n. m. Nom vulgaire du muflier des jardins.

muflerie [ri] n. f. Pop. Caractère, action, parole de l'individu qui est mufle.

muflier [fli-é] n. m. (de mufle). Genre de scrofulariacées, dont la fleur rappelle le mufle d'un veau.

— Encycl. Les mufliers (antirrhinum) sont des herbes annuelles ou vivaces à fleurs solitaires ou en grappes terminales, purpurines, jaunâtres ou blanchâtres. La corolle a un peu l'aspect d'une gueule de loup. On en connaît une vingtaine d'espèces de l'hémisphère boréal, dont quelques-unes sont cultivées dans les jardins (muflier à grandes fleurs, dit communément gueule -de -loup ou gueule de-lion) et ont donné naissance à de nombreuses variétés.

muflier e n. f. Forte toile garnie de pointes, qu'on suspend au mufle des vaches, à \y des veaux, pour les empêcher

de teter. Muflier: a, coupe de la fleur;

muflisme [fiis-me]

n. m. Pop. Etat d'esprit contraire à tout ce qui est grand, généreux.

mufti ou muphti n. m. (ar. moufti). Membre du clergé musulman, chargé du maintien de la loi religieuse.

— Encycl. C'est le mufti qui règle en dernier ressort toutes les questions importantes touchant à la religion, c'est-à-dire presque toutes les questions qui peuvent se poser dans l'islamisme. Les muftis sont de droit juges dans le tribunal des cadis. Ils portent le turban blanc.

muge ou mulet [lé] n. m. Genre de poissons acanthoptères, très estimés comme comestibles.

— Encycl. Les muges (mugit) sont des poissons allongés, couverts de grandes écailles arrondies.On les appelle continu nément mulets, meuilles, mujons .

D'assez gran- .,

de taille, Us Mu«e'

fréquentent les eaux saumàtres; quelques espèces habitent les côtes de France et remontent assez haut dans les fleuves en été. On les pêche pour leurs œufs, qui entrent dans la confection d'une sorte de caviar appelée boutargue.

muggins [meu-ghin's] n. m. (mot angl.). Variété du jeu de domino, dans lequel la pose doit toujours, par son point additionné avec celui de l'autre bout, faire un total de cinq ou d'un multiple de cinq.

mugilides [dé] n. m. pi. Famille de poissons acanthoptères, ayant pour type le genre muge. S. un mugilidé.

mugir v. n. (lat. mugire). En parlant des bovidés, pousser le cri prolongé et sourd qui leur est propre ; vache qui mugit après son veau. Fig. Pousser des cris semblables à ceux du bœuf. Produire un bruit comparable à un mugissement : tes flots, les vents mugissent.

mugissant [ji-san], e adj. Qui mugit : des bœufs mugissants; les flots mugissants.

mugissement [ji-se-man] n. m. Cri sourd et prolongé des animaux de race bovine : le mugissement des taureauT. Fig. Sons qui ressemblent à ces cris : les mugissements de la tempête.

mugot [gho] n. m. Trésor caché ; magot. (Vx.)

Mugron, ch.-l. de c. (Landes), arr. et à 16 kil.

de Saint-Sever, près de l'Adour; 1.990 h. (Mngro-

nais). Vins, eaux-de-vie. — Le cant.

a 12 comm. et 8.520 h.

muguet [ghè] n. m. (m. apparenté à musc). Bot. Genre de liliacées, à petites fleurs blanches, d'une odeur douce et agréable, qui fleurit en mai. Pathol Maladie des muqueuses, due à un champignon et qui se produit surtout dans la bouche des nouveau-nés.

— Encycl. Bot. Le genre muguet ne comprend qu'une espèce, le muguet de mai ou muguet des bois (convallaria maialis), herbe vivave à feuilles lancéolées d'un vert clair, entre lesquelles s'élève une hampe portant de petites fleurs blanches en clochettes, très odorantes. On le rencontre dans toute l'Europe, l'Asie tempérée, en Amérique, mais il est particulièrement abondant dans les bois d'Europe. On peut le cultiver en serre et le forcer. La pharmacopée en fait un extrait aqueux, employé comme Muguet : ,, co diurétique et cardiaque; il est séda- de la fleur, tif et tonique du système nerveux.

— Pathol. Le muguet, appelé aussi stomatite crémeute ou millet, Su encore blanchet, est une ma-

MUL

ladie parasitaire, caractérisée par le développement sur les muqueuses, et spécialement sur la muqueuse buccale et sur le pharynx, de plaques blanches, crémeuses, contenant une moisissure, l'oïdium albicans. Cette maladie s'observe dans les cachexies et les affections gastro -intestinales. Le pronostic est plus sombre chez l'adulte que chez l'enfant. Des lavages avec un liquide alcalin (bicarbonate de soude) suffisent dans les cas bénins.

muguet, ette [ghe, è-te] n. et adj. Jeune élégant, qui se parfume h l'essence de muguet. çVx.)

mugueter [gke-lé] v. a. (Prend deux ( devant une syllabe muette : je mugaeltc.) Faire le galant auprès des dames : mugueter toutes les femmes. V. n. Faire le muguet.

muguetterie [ghè-te-ri] n. f. Action de mugueter, de faire le muguet.

Muhlberg, v. d'Allemagne (Saxe prussienne), sur l'Elbe; 4.000 h. Victoire de Charles-Quint sur l'électeur Jean-Frédéric le Magnanime , chef de la coalition protestante de l'Allemagne du Nord

Mûhleberg, comm. de Suisse (cant. de Berne), sur une hauteur dominant la Sarine; 2.380 h. Agriculture.

Muhlhausen-en-Thuringe, v. d'Allemagne (Prusse), sur l'Unstrut; 34.500 h. Cotonnades, machines à coudre, cuirs, etc. Munzcr, chef des anabaptistes, y fut exécuté en 1525.

muid [mu-t] n. m. (du lat. modius, mesure). Ancienne mesure de capacité pour les grains et les liquides (elle variait suivant les pays et la matière). Futaille contenant cette mesure. Fam- Etre gros comme un muid, être très gros.

— Encycl. Le muid de Paris valait 18 hectolitres ; le muid d'avoine contenait un peu plus de 37 hectolitres; le muid de sel équivalait a un peu plus de 24 hectolitres ; le muid de charbon de bois valait 41 hectolitres, etc. Le muid de vin était d'environ 2(18 litres ; en province, sa contenance variait de 270 à 700 litres.

muiée [mu-ié] n. f. Ce que contient un muid. muier [mu-ié], ère adj. Fauconn. Qui a subi la mue : faucon muier.

muire n. m. (lat. muria). Eau salée des marais salants, concentrée par l'évaporation.

mulard [lar], e n. et adj. Canard, cane, provenant du croisement du canard musqué et du canard commun : cane mularde.

mulasse [la-se] n. f. Jeune mule.

mulasserie [lu-sc-ri] n. f. Industrie ayant pour objet la production du mulet.

mulassier [la-si-é], ère adj. Qui produit des mulets : jument mulassière. Qui a rapport à cette production : l'industrie mulassière du Poitou. (On dit aussi mulatier, ère.)

— Encycl. L'industrie mulassière est prospère en France, notamment dans les Deux-Sèvres, la Vienne, la Vendée, les Charentes, les montagnes de l'est et du centre de la F'rance, la Gascogne, les départements pyrénéens et la Corse. On élève dans ce pays une race de baudets spécialement destinés à servir d'étalons; les juments mulassières sont de race poitevine également, mais on en tire aussi de la Bretagne. Les baudets étalons sont élevés dans un bâtiment spécial appelé atelier, d'où ils ne sortent que pour saillir les juments. Les animaux nés de cet accouplement sont des miUetons, que l'on sèvre vers le huitième mois et que l'on nourrit ensuite substantiellement : ce sont alors les gitans et gitonnes, qui, bien engraissés, trouvent facilement acquéreur. Conservés une deuxième année, les mulets et mules deviennent doublons et doublonncs, et la troisième année , mulets ou mules d'âge ; mais il est rare que les animaux ne soient pas vendus la première année.

mulatier, ère adj. Syn. de mulassier, ère.

mulâtre n. et adj. (espagn. mulato ; de mulo, mulet). Né d'un nègre et d'une blanche, ou d'une négresse et d'un blanc. (Le nom a pour féru, mulâtresse.)

— Encycl. Si le mulâtre se croise avec une des races parentes, le produit sera un tierceron ; le métis au troisième degré deviendra un quarteron. Le mulâtre offre des caractères intermédiaires entre ceux du blanc et ceux du nègre ; la peau est généralement grisâtre, les lèvres un peu fortes, les cheveux crépus, quoique assez longs; le nez est un peu large, mais saillant. Presque toujours, le père est blanc, la mère noire.

mulâtresse [trè-se] n. f. Femme mulâtre.

mulcter [*é] v. a. (lat. muletare). Dr.

Condamner quelqu'un à quelque peine, à une amende ; punir. Par extens. Maltraiter, offenser, vexer.

mule n. f. (du lat. mulleus toufle, laissant le talon découvert. Engelure au talon.

Affection eczémateuse chronique, qui se montre sur le derrière du boulet de l'ânesse, de la mule ou du cheval. Mule du pape, pantoufle blanche, sur laquelle est brodée une croix, et que le pape donne à baiser à ceux qui lui sont présentés.

mule n. r. (lat. mula). Produit femelle de l'accouplement de l'âne avec la jumeM ou du cheval avec l'ânesse : mule ombrageuse. Etre têtu comme une mule, avoir beaucoup d'entêtement. Ferrer la mute. v. ferrer. Prov. : A vieille mule, frein doré, il faut parer une vieille bête pour la mieux vendre, une femme âgée pour la rendre séduisante. La mule du pape ne mange qu'à ses heures, quoique l'on vive dans l'abondance, on ne mange avec plaisir que lorsqu'on a faim.

mule-jenny ou mull-jenny r/e-m] n. f.

(m. angl.; aemule, mule, ctJenng, Jeannette). Métier

employé dans le filage du coton et de la laine PI. des mule ou mull-jennys. (Quelques-uns font ce mot masc.)

— Encvcl. I.a mule-jenny, métier renvide.ur remplaçant le métier continu, se compose de deux parties : l'une fixe, l'autre mobile. Généralement, co

bottine rou

Pan-

Mule

MUL

métier est à mouvement automatique. La torsion des fils de coton ou des brins de laine 8'effectuc aussi bien quand il est en mouvement que lorsqu'il est arrivé au bout de sa course.

Mulet.

Mul.- jenny : H, ràlelier portant la bobine des rubans ; C, cylindre olireuE des rubans A, A: 11, bobine sur laquelle s'enroule le ruban après qu'il a été étiré : D, chariot portant les bobines U et doué d'un mouvement rectiligne de va-et-vient; M, manivelle taisant manœuvrer le chariot ; N, ensemble du mécanisme pour Hier et retordre le ruban.

mulet [lé] n. m. (lat. mulus). Animal engendré d'un âne et d'une jument, ou d'un cheval et d'une ânesse : lemu- Ict est sobre, patient et très robuste. Grand mulet, mulet pro p rement dit,néd'unàne etd'une jument. Petit mulet, bardot, né d'une ânesse et d'un cheval. Par ext. Tout animal de sang mêlé, produit par le croisement de deux races voisines.

Chargé comme un mulet, chargé d'un fardeau très lourd. Tctu comme un mulet, très têtu.

Mulets de Marias [muli Mariant), sobriquet donné aux légionnaires romains que Marius obligea a porter leurs effets au bout d'un bâton. Allus.

hist. : Mulet chargé d'or de Philippe. Le roi de Macédoine disait qu'il n'existait pas de forteresse imprenable, là ou pouvait monter un mulet chargé d'or.

(On rappelle ce mot pour exprimer la puissance irrésistible de l'or.)

— Encycl Le mulet, hybride de l'âne et de la jument, est un animal robuste, patient et sobre. Il en existe deux types : un type léger ou mulet de bât, utilisé pour le service en montagne, et un type lourd ou mulet de trait, qui, en certaines régions, rend les mêmes services que le cheval. Son aspect et ses formes, bien que variables, se rapportent assez bien à la description suivante :

beaucoup plus grand que l'âne, pelage noir ou alezan brûlé, tête longue et volumineuse avec des naseaux peu dilatés, dos arcades sourcilières proéminentes, des oreilles longues, le poitrail resserré, tandis que le ventre est amplifié, les membres secs.

mulet [le] n. m. Ichtyol.

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