‹ Le Larousse pour tousChapitre 330 sur 979 · ODE · texte numérisé non relu

ODE

diffèrent par le rythme et les sujets. La poésie êlé giaque abonde en précepte) moraux (Callinos, Tyrtée, Mimnerinc, Solon, TheognU). La poésie iâmbique est railleuse et mordante ; dans l'ode proprement dite, Alcée, Sappho et Anacréon célèbrent les plaisirs de la table et l'amour, Enfin, la poésie chorale est illustrée par Pindare. Horace exprime en des strophes variées, dans ses odes, les mêmes sujets que la poésie lyrique grecque. L'ode, en France, a été introduite par la Pléiade. Ronsard imite ingénieusement Pindare et Horace ; l'ode, chez Malherbe, est moins touffue et plus éloquente ; en revanche, son éclat est un peu dur. J.-B. Rousseau, Gilbert et Mallilâtre ont écrit quelques belles strophes. Au XIX" siècle, l'ode s'affranchit (lis eon-

ventions classiques: préparée par Chénier, cette renaissance se manifesta surtout dans les œuvres de C. Delavigne, de Lamartine, de V. Hugo.

Odes, dites à tort d'Anacréon, recueil de petites odes ou chansons qui ne sont pas d'Anacréon, mais d'un porle alexandrin, d'une inspiration souvent charmante, bien que maniérée.

Odes triomphales (ou Epinicies) de Pindare, divisées en Olympiques, Pijlhiques, Néméennes et lsttim.iqv.es, poésies lyriques composées en l'honneur des athlètes vainqueurs aux jeux du stade, où l'on trouve, avec de précieux renseignements historiques, de grandes beautés et le mouvement rapide du style (v° s. av. J.-C.).

Odes d'Horace, poésies lyriques, tantôt élevées tantôt familières et badines. Beaucoup de ces pièces sont des chansons, quelques-unes des hymnes, d'autres de véritables satires ; un grand nombre sont à la gloire d'Auguste, et chantent les vertus anliques de Rome ; on y admire une grande variété de ton, de rythmes et de mètres (i" siècle av. J.-C).

Odes de Ronsard, poésies de ton très varié, d'une forme très belle par l'entente de l'harmonie et des rythmes (1550-1553).

Odes de J.-B. Rousseau. L'auteur s'y montre habile versificateur et étonne quelquefois par l'éclat des images, mais sans jamais atteindre à la véritable émotion (1112).

Odes et ballades, célèbre recueil de poésies lyriques, encore classiques de forme, mais romantiques par l'idée ; premières compositions de Victor Hugo, qui ouvrirent à la poésie française une carrière nouvelle. Beaucoup de ces pièces sont devenues populaires : la Citasse du burgrave, le Pas d'armes du roi Jean, la Fiancée du timbalier, A la colonne de la place Vendôme, etc. (1822).

Odes et élégies de Klopstock, poésies d'une grande variété, mais auxquelles manque souvent le naturel (1771).

Odes funambulesques, de Th. de Banville, recueil écrit par protestation contre le réalisme, dont V. Hugo a dit : « Que de sagesse dans ce rire ! Que de raison dans celte démence ! » Au point de vue de la forme, ces vers sont dune prodigieuse virtuosité, d'un lyrisme aérien et fantastique (1857).

Odelette [lé-te] n. f. Petite ode : les odelettes de Bonsard.

Odelsthing, l'une des chambres du Storthing, assemblée législative de la Norvège. L'autre section s'appelle Latjthinq.

Odèliath [mit'] (Septimius), prince arabe, m. en 267. Gouverneur de Palmyre, il força l'empereur Gallien à lui reconnaître le titre d'Auguste. 11 était l'époux de la célèbre Zénobie, et fut assassiné avec la complicité de cette dernière.

Odeilse, capit. et port de l'île de Fionie (Danemark) ; liO.000 h. Evêché. Manufacture de tabac, l'abrique de cotonnades, savons, vinaigre; sucrerie, papeterie, verrerie.

Odéon, monument d'Athènes, où se faisaient les concours de musique et de poésie. Nom de <li vers théâtres destinés aux représentations musicales, qu'on avait construits dans plusieurs Etats grecs.

Odéon (théâtre de i), fonde à Paris en 1707, près du Luxembourg, par Poupart-Dorfeuille. Incendié deux l'ois, il fut réédifié par Baraguey et Prévost et

Théâtre de l'Odéon.

réorganisé sous le nom de second Théâtre-Français en 1819. C'est un théâtre subventionné par l'Etat, où l'on joue le répertoire classique et moderne (tragédies, comédies).

Oder [Uèr], fl. d'Allemagne, qui naît dans le massif des Sudètes, traverse la Silésie, passe à Breslau, Francfort, Kustrin et Stettin, et se jette dans la mer Baltique ; cours 804 kil.

Oderic de Pordenone [rik], voyageur et fran ciscain italien, né dans le Frioul, m. a Udine (1286- 1331). Il visita Ceylan et la Chine, baptisa plus de 2.000 infidèles et écrivit une précieuse relation de son voyage.

oderint, dum metuant, mots lat. signif. • Qu'ils me haïssent, pourvu qu'ils me craignent. Expression du poète tragique Attius (Alrée), citée par Cicéron .De officiis, I, 28, 97). Elle peut servir de devise aux souverains autoritaires et soupçonneux.

Odessa, v. de Russie (gouv. de Kherson), sur la nier Noire, où elle a deux ports; 404.000 h. Entrepôt des blés du sud de la Russie; commerce très important ; industrie active : métallurgie, cuirs, machines , constructions navales, citadelle. Cette ville fut bombardée par la Hotte franco-anglaise, en 1854.

— 30 4 — ode-symphonie n. t. Poème musical du

genre descriptif, qui tout a la fois de l'oratorio et de la cantate. PI. des odes-sgntphonies.

Odet, Il eitier du Finistère, descendu du versant sud des montagnes Noires ; passe à Quimper et se jette dans l'Atlantique; cuirs 76 kil.

Odette de Champdivers. v. Cuampdi-

Odeur n. f. (lat. odor). Sensation que produisent sur l'odorat certaines émanations : odeur fétide, agréable. F/g. Effet qu'une chose produit sur l'esprit. Réputation : être en bonne, en mauvaise odeur aam se» quartier. Odeur de la poudre, guerre, combat s. Mourir en odeur de sainteté, mourir dans un état de perfection chrétienne qui fait présumer qu'on sera admis au ciel. PI. Parfums : aimer les odeurs- An. os. ni-, r. V. ARGENT.

Odeurs de Paris [les), ouvrage de L. Veuillot, critique amere et virulente de la vie parisienne, île li presse, des spectacles, etc., écrite avec un talent vigoureux et coloré, mais avec l'exagération du parti pris 1I866).

Odevacre (Joseph-Denis), peintre belge, né à Bruges, mort à Bruxelles (1778-1830,. Elève de David, il a peint des tableaux d'histoire : le Couronnement de Charlemagne, la Bataille de Nieuport, etc.

Odger (George), cordonnier, un des fondateurs de l'Internationale, né prés de Plvmouth, m. à Londres (1814-1877).

Odieusement [=e-mattj adv. D'une manière odieuse : être odieusement calomnié. Fig. et fam. A l'excès : tableau odieusement négligé.

Odieux, euse [eu, eu-ze] adj. (lat. odiosus ; de odium, haine). Qui excite la haine, l'indignation ; haïssable : tu'ces odieux. Par exag. Très désagréable. N. m. : l'odieux d'une action. Prov. : Toute comparaison est odieuse, quand on compare deux personnes, l'une des deux, au moins, croit avoir à se plaindre.

Odile (sainte), fille d'Adalric, duc d'Alsace. Aveugle de naissance, elle recouvra la vue, dit la légende, en recevant le baptême ; elle bâtit le monastère de Hohenbourg. — Fête le 13 décembre.

Odilon (saint), quatrième abbé de Cluny, né à Mercœur (962-1048) ; il a laissé des écrits hagiographiques.

Odin (en anc. h. allem. Wuolan), le premier et le plus ancien des dieux secondaires (ases) de la mythologie Scandinave. Il n'a pas créé le monde, mais il l'a ordonné et le gouverne. Il est le dieu de l'éloquence, de la sagesse, de la poésie, etc., le distributeur de la vaillance. Il est le guide et le protecteur du brave à tous les âges de la vie et veille à ce qu'il succombe honorablement au combat, afin de le recueillir au Valhalla.

Odinique adj. Qui a rapport à Odin.

odi profanum vulgus et arceo, mots lat. signif. : Je hais le profane vulgaire, et je l'écarté. Pensée d'Horace {Odes, III, 1, 1),' qui se flatte de mépriser les applaudissements de la foule et de ne rechercher que les suffrages des gens de goût.

OdiOSité [ai] n. f. (du lat. odium, haine). Caractère de ce qui est odieux. iVx.)

Od.jak n. m. Sous l'ancien régime ottoman, corps des janissaires.

Odoacre, fils d'un ministre d'Attila, chef des Hérules (476-493), qui envahit l'Italie et détrôna Romulus Augustule. Bientôt attaqué par Théodoric, roi des Ostrogoths, il dut capituler dans Ravenne, et fut assassiné en 493, par ordre de son rival.

odOgraphe n. m. Syn. de odomètre.

Odographie [fi] n. f. (du gr. odos, route, et graphe, description). Description des routes, des rues.

odographique adj. Qui indique les routes.

odomètre n. m. (du gr. odos, route, et métro», mesure). Instrument qui sert à mesurer le chemin que l'on a fait.

odométrie [«ri] n. f. Art

de mesurer les distances parcourues à pied au moyen de Podomètre.

odométrique adj . Qui

concerne l'odometrie.

Odon (saint), abbé de Cluny.

réformateur de l'ordre de Saint- Benoit, né près du Mans vers 879, m. à Tours en 9V3. — Pète le 19 novembre.

Odon de Conteville,

évêque de Bayeux et comte de Kent, né en Normandie, m. à Palerme (1032-1097), frère utérin de Guillaume le Conquérant. II fit don à l'église de Bajeux de la fameuse tapisserie de la reine Mathilde.

Odon le Bienheureux, bénédictin et évêque de Cambrai, né à Orléans vers 1050, m. à Anchin (Flandre) en 1113. — Fête le 19 juin.

Odon de Deuil, abbé de Saint-Denis, après Suger, né vers 1100, m. à Saint-Denis en 1162; auteur d'une chronique sur le voyage de Louis Vil en Orient.

odonestis [nès-ttssl n. m. Genre d'insectes lépidoptères, de la famille des bombycidés, renfermant des papillons épais et lourds, dont une espèce est commune en France.

O'Donnell (Léopold), comte de Liicena, général et homme d'Etat espagnol, né à Sainte-Croix de Ténériffe, m. à Bayonne (1809-1867 . Il fut plusieurs fois président du conseil, dirigea brillamment une expédition au Maroc en 1859. et combattit avec énergie les mouvements libéraux en Espagne. — Son neveu, Cari, os O'Donnell y Abreu, duc de Tetuan, général et homme politique espagnol, né à Valence, mort à Madrid (1834-1903).

O'DonOvan Rossa (Jeremy), agitateur irlandais, né dans le comté de Cook en 1831.

Odont [don] ou odontO (du gr. odous, ontos, dent), préfixe qui s'emploie sous la première forme devant les voyelles et sous la seconde devant les consonnes.

Odontagre n. f. Méd. Syn. de odontalgie.

odontalgie [ji] n. f. (du gr. odous, ontos, dent, et ulgos, douleur). Mal de dents.

Page 1