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ROI

ROM

roitelette [«-tel a. £ Famt Roitelet femelle.

Rojas (Fernando de), écrivain espagnol, né à la Pueblade Montalvan vers 1475, m. après 1538; auteur de la Célestine, roman sous forme dramatique, une des œuvres maîtresses de la littérature espagnole.

Rojas Zorilla (Francesco de), poète dramatique espagnol, né à Tolède en 1G07, m. après 1600; auteur de nombreuses comédies. Son chef-d'œuvre est : Après le roi, personne ou Garcia del Castaûar.

ROjestvensky (Zinovy-Petrovitch), amiral russe, né en 18;8, m en 1909. Au cours de la guerre russo-japonaise, il essuya une terrible défaite dans le détroit de Tsous-Shima.

rôlage n. m. Action de tticttre en rôles le tabac.

Roland [lan], paladin fameux, préfet des marches de Bretagne, un des douze pairs de Charlemagne, immortalisé par la Chanson de Bola7id et le poème de l'Arioste, mort dans la vallée de Roncevaux, où il couvrait la retraite de l'armée de Charlemagne. Son épée, la fameuse Durandal, a été célébrée par les chroniqueurs. D'après la légende, Roland en frappa un coup si terrible, qu'il pratiqua dans le rocher une ouverture appelée depuis la Brèche de Boland. V. Chanson de Roland, cor, et jument.

Roland, opéra de Quinault et l'une de ses principales tragédies lyriques (1685), musique de Lulli.

Roland amoureux, poème célèbre de Boïardo, un des plus importants de la littérature italienne ; il a ouvert les voies à l'épopée romanesque et inspiré a l'Arioste le Boland furieux qui continue le récit de Boïardo i,1495).

Roland à Roncevaux, opéra en quatre actes, paroles et musique d'Auguste Mermet (1864).

Roland furieux, poème épique de l'Arioste, en 46 chants (1516 et 1582). Le sujet est à la fois la folie de Roland amoureux d'Angélique, les amours de Roger et de Bradamante, ancêtres légendaires de la maison d'Esté, et la lutte de Charlemagne contre les païens. Il s'ajoute une foule d'épisodes variés, où le plaisant et le sérieux, le gracieux et le terrible se mêlent avec un art par-fait. Parmi les principaux personnages , citons encore :

Agramant, Renaud, Sacripant, Rodomont , Mandricard Gradasse. Marphise, Médor, Alcine, Astolphe, etc.

Roland de La Pla-

tïère ( Jean-Marie ) , homme politique ^français, né à Thizy (Rhône\ m. à Bourg-Baudouin (1734-1793^ ; ministre de l'intérieur en 1792, ami des girondins.

Il s'efforça inutilement de sau- /

ver Louis XVI de la mort, et, Roland.

après avoir lutté contre l'influence grandissante de Robespierre, il se donna la mort en apprenant l'exécution de sa femme.

Roland ( Jeanne -.Va h ore Phlipon, plus tard .!/"'). femme du précédent, née et m. à Paris (1754- 1793), femme d'une haute intelligence et d'un grand cœur, passionnée pour la littérature et les arts. Républicaine et stoïcienne, elle eut à Paris un salon célèbre, dont l'influence politique fut considérable et où fréquentaient surtout les girondins. La haine des montagnards l'envoya à l'échafaud, où elle monta en pro' nonçant la phrase célèbre :

« O Liberté! que de crimes on commet en ton nom. » Elle a laissé d'intéressants Mémoires.

rolandien, enne [diin, è-ne] ou rolandique

adj. Anat. Qui a rapport à la scissure de Rolando. Zone rolandique, zone motrice du cerveau, composée surtout par deux circonvolutions : la frontale et la pariétale ascendante.

rolandiste [dis-te] ou rolandin n. et adj.

Partisan de Roland, ministre de 1792 à 1793.

Rolando (Louis), anatomiste et physiologiste italien, né vers 1770, m. en 1831. 11 a étudié principalement le cerveau (structure et fonctions). On a donné le nom de scissure de Bolando au sillon oblique qui sépare le lobe frontal du lobe pariétal.

rôle n. m- (du lat. rotulus, rouleau). Liste des causes inscrites dans l'ordre où elles doivent se plaider : sa cause viendra à tour de rôle. A tour de rôle, dans l'ordre d'inscription au rôle. Fig. Chacun son tour. Liste, catalogue, énumération détaillée. En style de pratique, feuillet écrit, comprenant la page et le verso. Cahiers portant la liste des contribuables, avec indication de leur cotisation individuelle : consulter le rôle des contributions- Partie d'une pièce que chaque acteur doit jouer. Premier rôle, rôle d'un personnage sérieux et important ; acteur qui joue les rôles de caractère. Créer un rôle, le jouer le premier. Jouer un rôle, faire un

?ersonnage sur le théâtre. Fig. Remplir certaines onctions : jouer un vilain rôle. Personnage qu'on fait dans le monde, dans une affaire : il a joué là tin triste rôle. Mar. Distribution de l'équipage dans les divers services. Bûche ou rondin destiné au chauffage. Pelote de tabac à chiquer, en forme de petit câble. Boudin roulé plusieurs fois sur lui-même.

TÔler [lé] v. n. Faire des rôles d'écriture. V. a. Mettre en rôles, en parlant du tabac.

rôlet [le] n. m. Petit rôle. Etre au bout de son rôlet, ne savoir que dire ou que faire.

Rolet 'Je], nom d'un procureur du xvnc siècle, connu pour son avarice et sa rapacité, et que Boileau a immortalisé dans ce vers .

J'appelle un chat un chat et Rolet un fripon.

roleur n. m. Ouvrier qui fait les rôles de tabac.

Roll (Alfred-Philippe), peintre français, né à Paris en 1847. On lui doit des tableaux de genre et d'histoire, d'un vif sentiment de la réalité et du plein air : la Grive des mineurs, le Président Carnot à Versailles pour le centenaire de l'ouvert ire des Etats généraux, les Joies de la vie, etc.

Rolla, poème d'A. de Musset (1836). Un débauché consacre ses derniers louis à acheter la nuit d'une

Les Romains de la décadence, d'après Couture.

serrou-

belle fille, résolu d'en finir avec la vie dès le matin. Avant qu'il ne meure, tous deux connaissent une seconde de pur amour. Ce poème, inspiré par un sentiment faux, est cependant d'un pathétique sincère et émouvant et d'une forme brillante.

Rolland (Romain), littérateur et auteur dramatique français, né à Clamecy en 1868. Il a donné au théâtre Aërt, Danton, la Montespan, etc., et publié des études intéressantes sur les artistes [Michel- Ange, Beethoven).

rolle [ro-le] n. m. Tisonnier dont se sert le chaufournier.

Rolle, v. de Suisse (cant. de Vaud), ch.-l. de district.au bord du Léman; 1.700 h. Château du xme siècle, ayant appartenu à la maison de Savoie.

Rolleghem, comm. de Belgique (Flandre- Occidentale, arr. de CourtraiJ; 2.300 h.

TOller [leur1] n. m. (m. angl.). Cylindre avec lequel on travailla le fer, quand il est devenu malléable par le recuit.

roller-gin [ro-leur-djin'] n. m. Machine vant à égrener le coton et composée de deux leaux recevant un mouvement de rotation en sens opposé.

rollier [li-é] n. m. Genre de passereaux lévirostres, renfermant de beaux oiseaux de la taille d'une pie, remarquables par leur livrée brillante, et qui vivent dans les régions chaudes de l'ancien monde :

les rolliers sont appelés aussi geais bleus.

Rollin (Charles), humaniste et historien français, né et m. à Paris (1G61-1741), professeur d'éloquence latine au Collège royal, recteur de l'Université, auteur du Traité des études, d'une grande valeur

pédagogique, et qui fut, à son heure, d'une importance capitale, d'une Histoire ancienne, etc.

Rollinat (Maurice) poète français, né à Châteauroux, m. à tvry (1853-1903), auteur des Névroses, recueil de poèmes d'une inspiration bizarre et macabre, mais d'une réelle originalité.

Rollon, chef de pirates normands, m. en 931. Par le traité de Saint-Clair-sur-Epte (911), il se lit céder par Charles le Simple une partie de la Neustrie, qui prit le nom de Normandie, et dont il fut le premier duc ; puis il se convertit au christianisme et gouverna sagement son duché.

Rom, comm. des Deux-Sèvres, arr. et à 23 lui. de Melle ; 1.640 h.

Romagnat, comm- du Puy-de-Dôme, arr. et à G kil. deClermont ; 1.380 h.

Romagne (La), comm. de la Vienne, arr. et à 15 kil. de Civray ; 1.770 h.

Romagne, ancienne prov. d'Italie (Etats de l'Eglise); cap. Ravenne. (Hab. Bomagnols.)

Romagne, comm. d'Ille-et-Vilaine, arr. et à 7 kil. de Fougères ; 1.580. h.

Romagnesi (Joseph-Antoine), sculpteur français, né et m. à Paris (1776-1852), auteur de l'Eloquence et l'Harmonie, bas-reliefs (Louvre), etc.

Romagnesi. (Henri), compositeur français, né et m. à Paris (1781-1850), auteur de romances : la Dormeuse, Je t'aime encore. l'Attente.

Romagnieu, comm. de l'Isère, arr. et à 16 kil. de La Tour-du-Pin ; 1.530 h.

Romagnosl (Giovanni), philosophe et jurisconsulte italien, né à Salso-Maggiore, m. à Milan (1761-1835). Son principal ouvrage a pour titre : Origine du droit vénal.

Romagny, comm. de la Manche, arr. et à 4 kil. de Mortain ; 1.300 h.

romaïka n. f. Danse nationale des Grecs modernes.

romaillet [ma, Il mil., è] n. m. Mar. Morceau de bois qui sert à remplir un vide.

romain, e [min, e-ne] adj. eln. (lat. romanus). De l'ancienne Rome : la république romaine. De la Rome actuelle : les Etats romains. Digne des anciens Romains: vertu romaine. Fam. Travail de Bomain, travail dur et difficile. Chiffres romains, lettres numérales, I, V, X, L, C, D, M, qui valent respectivement 1, 5, 10, 50, 100, 500, 1.000, et qui, diversement combinées, servaient aux Romains à former tous les nombres. Eglise romaine, Eglise catholique, dont Rome est le siège principal. Architecture romaine,

ordre toscan et ordre composite. Ecole romaine, école de peinture fondée par Pérugin. N. m. lmpr. Caractère droit, perpendiculaire, dont on se sert généralement pour la partie courante d'un livre. ( Adjectiv. : du caractère romain.), Claqueur payé pour applaudir au théâtre. N. f. Pop. Mélange de rhum et d'orgeat.

— Enctcl. B.-arls. Ecole romaine. Grâce à la papauté et aux immenses travaux qu'elle entreprit pour embellir la ville éternelle, Rome a été un grand centre de production artistique, mais les artistes qui y travaillèrent furent presque tous appelés des autres cités italiennes. L'école romaine n'est en somme qu'une branche des écoles ombrienne et florentine.

Raphaël d'Urbino fut le véritable chef de l'école romaine; Jules II l'appela à Rome en 1508. La décadence de l'école romaine commença sous le règne de Grégoire XIII. En sculpture, le maître qui domine est Michel-Ange. Le Bernin sculpte la chaire de Saint-Pierre. L'Algarde, son contemporain, a aussi beaucoup produit à Rome. Sous l'influence de ces deux maîtres, la sculpture tomba dans le maniérisme et l'abus des effets pittoresques. La sculpture était en pleine décadence lorsque partit Canova, qui produisit à Rome la plupart de ses chefs-d'œuvre. Ses imitateurs n'apportèrent pas malheureusement le même goût et la même science dans leurs œuvres. Lorsque Jules II voulut reconstruire le Vatican, c'est le projet de Bramante qu'il adopta. Raphaël le remplaça à sa mort ; puis Michel-Ange dirigea les travaux de Saint-Pierre pendant dix-sept ans et en dessina et construisit en partie la fameuse coupole. Avec le xvn« siècle commence la décadence de la sculpture romaine.

Romain (Histoire de la décadence et de la chute de l'empire), par Gibbon. V. Décadence.

Romain (Histoire de la chute de l'empire), par Sismondi. Savant résumé des causes qui ont amené et entretenu la décadence de la civilisation romaine (1836).

Romaine (Histoire), par Tite-Live. V. Décades.

Romaine (Histoire) de Velléius Paterculus ; récit serré et nerveux, écrit avec élégance (i" s.).

Romaine (Histoire) d'Appien. grand ouvrage dont il ne reste plus qu'un petit nombre de livres (ne s.).

Romaine (Histoire), d'Ammien Marcellin. ouvrage écrit d'un style déjà barbare, et qui jouit cependant d'une grande autorité (iv« s.).

Romaine (Histoire), de Niebuhr, un des ouvrages d'érudition les plus remarquables du xixes., où Niebuhr s'efforce non sans talent et sans vraisemblaneede reconstituer l'histoire primitivede Rome non plus d'après les légendes rapportées par Tite- Live, mais d'après les textes et les monuments (1811).

Romaine (Histoire), par Th. Mommsen. C'est le plus important des ouvrages entrepris depuis Niebuhr , œuvre intéressante, souvent profonde, toujours d'une érudition exacte et sûre. Il s'arrête à la fin de la république (1854-1857).

Romaine (Histoire de la république), par Michelet (1830), où l'auteur se montre hardi dans ses conjectures, vif et sobre dans la narration, noble et brillant dans le style.

Romaines (Bévolutions), par Vertot. L'auteur examine les diverses phases par lesquelles a passé le gouvernement chez les Romains et recherche les causes qui les ont déterminées. Le style est remarquable ; mais la pensée reste souvent superficielle (1719).

Romaines (Manuel des antiquités) , par Marquardt et Mommsen , précieuse encyclopédie des institutions de l'ancienne Rome (1871-18821.

Romains et de leur décadence (Considérations sur les causes de la grandeur des), par Montesquieu ; œuvre profonde, écrite avec une concision qui n'a d'égale que la vigueur et la sagesse des aperçus. Montesquieu y recherche uniquement, dans l'homme, le caractère, les mœurs, les maximes des chefs et des peuples la cause de tous les grands événements politiques. C'est ainsi qu'il aperçoit les causes de la grandeur de Rome dans Ja valeur personnelle de ses rois, puis ses vertus républicaines, et dans la modération et la fermeté du Sénat ; la décadence est due à l'agrandissement presque indéfini de l'Empire, aux guerres lointaines, à la corruption des mœurs (1734).

Romains (Histoire des), depuis les temps reculés jusqu'à l'invasion des Barbares, par V. Duruy (1879- 1885). C'est la première histoire romaine digne de ce nom qui ait été composée en France.

Romains de la décadence (les) ou l'Orgie romaine, tableau de Th. Couture (1847), musée du Louvre, d'une remarquable composition.

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ROM

Jules Romain.

Romaine,

O O EAN

Romain [min] (saint), né vers 400, m. vers 460, fondateur du monastère de Coudât, qui prit plus tard le nom de Saint-Claude. — Fête le 28 février.

Romain (saint), évêque de Kouen, né vers 000, m. vers 614, admis dans l'intimité de Clotairc II. — Fête le 23 octobre.

Romain, pape en 897. 11 aurait réhabilité, diton, la mémoire du pape Formose, condamnée par son prédécesseur, Etienne VI.

Romain I" Lécapène , empereur d'Orient (919-944), renversé par ses fils, m. en 948. — Romain II, le Jeune, empereur d'Orient (959- 963), reconquit sur les Arabes la Crète etlaCilicie.- Romain III, Argyre, empereur d'Orient (1028- 1034). — Romain IV, Biogène, empereur d'Orient ( 1067-1071 ), fut fait prisonnier par les Turcs et ne put jamais parvenir à reconquérir son trûne.

Romain (Giuiio pippi de'

Iannuzzi, dit Jules) architecte et peintre de l'école romaine, né et m. à Rome (1482-1546), élève de Raphaël, dont il acheva la Transfiguration, la Victoire de Constantin sur Maxence, etc. Maître puissant et fécond, il s'abandonna trop à sa facilité et à sa fougue, qui dégénère souvent en brutalité.

romaine [mè-ne]n.

f. (de l'ar. rummâna, balance). Balance à.levier, formée d'un fléau à bras inégaux et d'un poids unique que l'on fait glisser a volonté sur- le long bras du fléau portant des divisions avec indication des poids correspondants.

romaine [mè-ne] n. f. Variété de laitue.

Romainville, comm. de la Seine, arr. et à 8 kil. de Paris ; 4.470 h. Carrières de plâtre.

romaïque [ma-i-ke] adj. (gr. rômaihos). Qui appartient aux Grecs modernes. N.m. Le grec moderne.

Roma locuta est, mots lat. signif. : Rome a •parlé. Aphorisme ecclésiastique par lequel se formule la soumission absolue que tout catholique doit avoir pour les décisions de la cour de Rome. Ou dit aussi Roma locuta, causa finita, Rome a parlé, la cause est entendue.

roman, e adj. (du lat. romanus, romain). Se dit des langues dérivées du latin : l'italien, le français, le provençal, l'espagnol, le portugais, le roumain, sont des tangues romanes.Se dit de l'architecture des pays latins, du v»

au xii" siècle. N. m. Langue vulgaire ancienne, par opposition au latin, qui était la langue savante. Architecture romane.

— Encycl. Art roman.

Dérivé directement de l'art romain, il s'inspire du style des basiliques latines. Les édifices furent d'abord recouverts d'une charpente en bois ; la voûte n'apparaît qu'au xe siècle, et d'abord en Aquitaine. Outre les éléments antiques, on retrouve dans l'art roman des élémentsorientauxet byzantins.

Les murs, d'une grande épaisseur et percés de rares fenêtres, sont appuyés de contreforts. Les nefs sont étroites. Le plan de la basilique romaine se modifie et adopte la l'orme d'une croix.

Les portes et ouvertures sont ordinairement en demicercle ou plein cintre. C'est surtout dans les détails de la décoration que la fantaisie se donne carrière. L'art roman se développe à partir du xi» siècle, surtout grâce aux ordres monastiques. Les principales écoles d'architecture sont : celles de Cluny ou de Bourgogne (église de Vézelay),d' Auvergne(Saint-SernindeToulouse, Saint-Trophime d'Arles).

duPérigord (Saint-Front de Périgueux), du Poitou églises dePoitiers),deNormandie(églisesdeCaen,Evreux, Rouen, Bayeux); hors de France l'école rhénane.

L'art roman réunit la basilique latine et la voûte. Il n'y eut pas seulement, dans la substitution de l'arc à l'entablement, une question d'art, mais aussi une nécessité causée par les incendies que les Normands allumaient sur leur passage : le plafond de bois des édifices, gagné rapidement par l'incendie, s'écroulait et, avec lui, une grande partie de la construction. La voûte, tel est le problème autour duquel gravite toute l'histoire de l'architecture au moyen âge, et la construction de la voûte fut la préoccupation capitale des architectes du style roman. Les voûtes exerçant une poussée latérale sur les murs qui les soutiennent, on a recours à des murs très épais, fortifiés par des contreforts ou piliers extérieurs. La voûte fut renforcée par des arcs doubleaux : ces arcs en maçonnerie doublent la voûte et viennent porter sur des piliers ; la poussée augmentant avec la largeur, on resserra les voûtes. On inventa le triforium et la coupole sur pendentifs. Les clochers et les tours s'élèvent déjà à des hauteurs considérables. La peinture et la sculpture trouvent aisément place sur les larges surfaces de pierre des églises romanes, à tel point que l'autorité ecclésiastique s'émut d'un tel luxe. Ce sont les abbayes (Cluny) et non les cathédrales qui sont les constructions les plus importantes de l'époque romane.

— Linguist. Les langues romanes comprennent sept groupes linguistiques principaux, renfermant chacun une ou plusieurs langues littéraires et un très grand nombre de dialectes locaux. Ces langues sont : l'italien, le français, le provençal (avec le

catalan), l'espagnol, le portugais (avec le galle rhéto-roman et le roumain- Elles sont toutes des transformations du latin parlé dan6 les différentes parties de l'empire romain; il s'agit d'ailleurs non du latin classique, mais du latin vulgaire, peu connu, qui parait avoir été d'une syntaxe beaucoup moins compliquée. Il fut porté par les soldats romains dans diverses parties de l'empire. Au moment des invasions barbares, des divergences dialectales se produisirent. Au x« siècle, l'essentiel de la transformation était accompli. Issues d'une langue synthétique, les langues romanes sont analytiques.

romail n. m. (du précéd.). Autref., récit vrai ou faux, en prose ou en vers, écrit en langue romane : le roman de la Rose. Auj. Œuvre d'imagination, récit en prose d'aventures imaginaires, inventées et combinées pour intéresser le lecteur : les romans historiques de Dumas père sont d'un vif intérêt. l'"aj. Récit dénué de vraisemblance : cela a tout l'air d'un roman. Chimère, utopie. Héros de roman, homme qui n'a pas le sens de la vie réelle. Pays des romans, contrée imaginaire, où tout s'arrange au gré des désirs de chacun.

— Encïcl. Litt. Tout roman est toujours, plus ou moins, un récit d'aventures ; mais il peut se doubler d'une intention qui lui est étrangère: intention phiiosophique, morale, scientifique, etc. Le conte est un roman merveilleux, qui plaît par son invraisemblance. La nouvelle est simplement un court roman.

Le roman n'a pris tout son essor que dans les littératures modernes. Pourtant, les Grecs l'ont connu (Héliodore, Longus, Lucien), les Romains l'ont pressenti (Pétrone). Le moyen âge l'a mêlé aux réminiscences antiques, aux aventures chevaleresques, à l'épopée nationale. Nulle part son histoire ne fut plus brillante qu'en France. En 1610, VAstrée, d'H. d'Urfé, inaugura le genre, avec sa fertile descendance de romans idéalistes (M1'» de Scudéry) et réalistes (Scarron, Furetière). Citons encore au xvii» siècle la Princesse de Clèves de M">« de La Fayette, le chef-d'œuvre du genre psychologique, les contes de Perrault et Télimaque de Fénelon. Au Tiviiv siècle, Le Sage fonde le roman d'observation avec son Gil Blas. Citons aussi Marivaux (Marianne), l'abbé Prévost (Manon Lescaut), J.-J. Rousseau (la Nouvelle Eéloise), qui fait du roman un genre à la fois sentimental, moral et philosophique, Bernardin de Saint-Pierre (Paul et Virginie).

Au xix" siècle, la puissance du roman devient presque souveraine et il prend toutes les formes. Il est cultivé par Mme de Staël, Chateaubriand et Benjamin Constant (roman autobiographique et sentimental), A. de Vigny, Mérimée, V. Hugo, Th. Gautier, Dumas père (roman historique), Lamartine, G. Sand, Musset (roman lyrique) ; Nodier (nou-

Freytag, Ebers, etc. ;l'Espagne Cervantes ; l'ItalieManzonijd'Azeglio.S.Pcllico.d'AnnunziOjFogazzaro.etc; l'Amérique Cooper et Edg. Poe; la Russie Pouchkine, Gogol, Tourguenef, Dostoïevski, Tolstoï. —Le roman français rayonne bien au delà des limites où il est ne et appartient à la littérature universelle.

Roman bourgeois (le), roman réaliste de Furetière, écrit par réaction contre les fadeurs du roman pastoral, œuvre d'un observateur judicieux et d'un satirique acerbe (1066).

Roman comique (le), le meilleur ouvrage de Scarron ; récits des aventures plaisantes d'une troupe de théâtre en voyage; satire, écrite dans un style spirituel et original, du monde des comédiens et de celui des provinciaux ( 10G2j.

Roman de la Rose (le), poème du moyen âge, comprenant deux parties, dont la première (vers 1225), récit allégorique, d'une aventure d'amour, d'une grâce un peu mièvre, a pour auteur Guillaume de Lorris, et la seconde, plus longue et plus didactique, avec des passages d'âpre satire, Jean de Meung (entre 1265 et 1270).

Roman d'un brave homme (le), par Edm. About, véritable morale en action sous la forme du roman. C'est l'histoire d'un honnête ouvrier qui parvient à la fortune par son seul mérite et son effort continu.

Roman d'un jeune homme pauvre (le), roman d'O. Feuillet, récit attachant et romanesque. Le héros est un jeune homme qui, privé de ressources, accepte, sous un nom supposé, d'être intendant d'une riche famille. Il fait apprécier sa délicatesse et son désintéressement, et il épouse l'héritière de la famille (1857). L'auteur a tiré de son œuvre une comédie en cinq actes et sept tableaux (1858).

Roman, v. de Roumanie (Moldavie), ch.-l. de département, sur la Moldava; 14.000 h. Blés.

romance adj. Syn. de p.omane. V. roman.

romance n. f. (espagn. romance). Morceau'de chant sur un sujet tendre et touchant. Air sur lequel se chante cette chanson. Litlér. esp. Composition métrique espagnole, formée d'une suite de vers octosyllabiques en nombre indéterminé, et disposée de telle sorte que les vers pairs sont assonnants et les impairs libres. Pop. Piquer une romance, dormir.

— Encycl. La romance est un poème musical de courtes proportions, divisé en strophes ou couplets, qui est particulier à la France comme le lied à l'Allemagne ou la canzone à l'Italie- La romance, qui dérive directement des lais des ménestrels et des troubadours, revêt toutes les formes, tantôt tendre et sentimentale, tantôt touchante et pathétique. Parmi les compositeurs de romances (dont beaucoup sont de petits chefs-d'œuvre), nous citerons, depuis la Révolution, Devienne, Martini (Plai-

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