SOC
Sobriété n.r. lat. sobrietas). Tempérance dans ,1e boire et dans le manger. Retenue, modération en général : user des plaisirs avec sobriété. Exclusion de la recherche : la sobriété de l'art florentin. A.nt. Intempérance.
sobriquet [Icè] n. m. Surnom donné le plus souvent par dérision : recevoir un sobriquet.
SOC [sok'] n. m. (orig. celt.). Partie de la charrue qui creuse le sillon : le soc s'engage dans la ligne ouverte par le coutre. V. charrue.
SOCage n. m. Féod. Tenure qui obligeait à labourer et à semer les terres du seigneur.
SOCCage [so-ka-je] n. m. Opération qui consiste à faire évaporer l'eau salée pour en obtenir le sel. Temps que met le sel à se précipiter par cette opération.
SoCCia [sot-chi-a], ch.-l. de c. (Corse), arr. et à 67 kil. d'Ajaccio, au pied du Capo al Pantane ; 690 h. Elève de bétail. — Le cant- a 4 comm. et 2.220 h.
SOCCOlant [so-ko-lun] n. m. (ital. soccolante). Nom donné aux membres d'une congrégation de franciscains de forme particulière, établie en 1368 par saint Paulct de Foligny.
SOChet [ché] n. m. (de «oc). Charrue sans roue.
SOCiabiliser [zé] v. a. Rendre sociable.
Sociabilité n. f. Aptitude à vivre en société.
Sociable adj. (lat. sociabilis. de socius, compagnon). Né pour vivre en société:
l'homme est essentiellement sociable. Q u i est d'un bon et facile commerce : cet homme n'est pas sociable. N. m.
Voiture de luxe à quatre roues, avec deux sièges se faisant vis-à-vis et un siège en avant pour le cocher. Vélocipède portant deux sièges l'un à côté de l'autre. Ant. Insociable.
sociablement [man] adv. D'une manière sociable.
Social, e, aux adj. (lat. soei'aiïs). Qui concerne la société: ordre social. Qui concerne une société de commerce: raison, signature sociale. Etre social, celui qui vit en société. Science sociale, science de l'organisation et du développement de la société. Question sociale, ensemble des questions, à la fois politiques et économiques, qui traitent de l'organisation des classes sociales. Contrat, traité, pacte social, convention ou accord tacite qui règle les droits et les devoirs respectifs d'un peuple et de son gouvernement. Zool. Se dit des animaux qui vivent en société, comme les abeilles, les fourmis, les guêpes, etc. (Ce mot est employé par opposition à solitaire.) 501. Se dit aussi des plantes qui vivent en société et forment ensemble des fourrés épais. N. f. Pop. LaSociale, la république socialiste- Guerre sociale, v. Sociale (guerre).
Sociale (guerre), nom sous lequel on désigne l'insurrection de l'Italie contre la domination romaine, insurrection qui dura de 90 à 88 av. J.-C. Les Italiens alliés (socii) de Rome ne jouissaient pas du droit de cité romaine, ni par conséquent des privilèges qui er découlaient. Ils formèrent donc, à la mort de leur protecteur, Livius Drusus, une ligue pour conquérir les libertés qui leur faisaient défaut. Conduits par Pompedius Silo, les Italiens furent battus par Marius, puis par Sylla, et le Sénat mit fin habilement à la guerre en distribuant d'inégales concessions aux différents peuples italiens.
Socialement [man] adv. Dans l'ordre social. Relativement à la société, à l'ordre social.
Socialisation [za-si-on] n. f. (de socialiser). Action de mettre en société : demander la socialisation des biens. Extension, par lois ou décrets, d'avantages particuliers à la société entière.
Socialiser [zé] v. a. Rendre social, réunir en société. Placer dans le régime de l'association : socialiser la propriété.
socialisme [lis-me] n. m. (rad. social'. Toute conception qui, en opposition avec la doctrine individualiste, voit dans : 1° la socialisation immédiate ou progressive, volontaire ou forcée, des moyens de production, 2° le retour des biens à la collectivité, 3° la répartition entre tous du travail commun et des objets de consommation, la condition sine qua non de tout progrès. Socialisme d'Etal ou étatisme, théorie politique qui, partant de la critique de l'ordre social, fait appel à l'initiative de l'Etat pour la réalisation des réformes que les partisans de cette théorie jugent indispensables. Socialisme chrétien, qui propose la restauration, sous l'égide de l'Eglise catholique, des anciennes corporations. Socialisme agraire, qui ajourne la socialisation delà petite propriété foncière.
— Encycl. En France, de 1750 à 1789, le socialisme s'élabore par les théories de la parcelle ; il se manifeste après la Révolution par les doctrines de Babeuf et la « conspiration » desEgaux.se retrouve au fond des théories de Saint-Simon et de Fourier, se fortifie, de 1830 à 1848, dans les sociétés secrètes, avec l'appui de L. Blanc, Pecqueur, Cabet ; enfin, sous l'influence de K. Marx et du Manifeste communiste (1848), inspire l'Internationale. A partir de 1870, il se divise : socialisme blanquiste à tendances communistes; possibilistes et marxistes; mutuellistes proudhoniens. Le socialisme révolutionnaire, en France, reçoit aujourd'hui le mot d'ordre de la Confédération générale du travail. Pour les socialistes, à quelque école qu'ils appartiennent, les moyens de production et leurs avantages doivent être incorporés à la communauté.
Socialiste [lis-te] adj. Qui a rapport au socialisme et à ses partisans : doctrine socialiste. N. Partisan du socialisme : un député socialiste.
SOcialitaire [tè-re] adj. Qui a rapport, qui appartient à la socialité.
SOCialité n. f. Instinct social.
SOCiatif, ive adj. (du lat. sociare, associer). Gramm. Qui exprime l'idée d'association. N. m. Cas qui marque l'association : Instrumental est parfois un sociatif.
sociétaire [tè-re] n. et adj. Qui fait partie d'une société^ d'une association: les sociétaires de la Comédie-Française.
soc
soeiétairement [tê-ré-man] adv. En sociétaire, par société.
Sociétariat [ta-ri-a] n. m. Qualité de sociétaire: pensiotmaire de la Comédie-Française promu au sociétariat.
SOCiétè n. f. (lat. societas). Etat des hommes ou des animaux vivant sous des lois communes : les abeillles vivent en société. Réunion d'hommes ou d'animaux soumis à des lois communes : chaque famille forme une société naturelle. Corps social: devoirs envers la société. Union de plusieurs personnes régies par un règlement commun : former une société. Réunion de gens qui s'assemblent pour la conversation, le jeu ou d'autres plaisirs : société nombreuse. Commerce, relations habituelles : rechercher la société de quelqu'un. Société commerciale, association entre plusieurs personnes, en vue de réaliser des bénéfices résultant d'actes de commerce. Société civile, association n'ayant pas pour objet dis actes de commerce- Société en nom collectif, société anonyme, société en commandite, société en participation, v. la partie encycl. Société de Jésus, la congrégation des jésuites. Talents de société, talents qui rendent agréable dans un salon. Vers, couplets de société, vers, couplets faits pour le plaisir d'une réunion particulière, et qui ne sont point destinés au public. La haute société, ou absol., la société, le grand monde. Aritk. Règle de société ou de compagnie, règle qui donne les moyens de partager une somme avec plusieurs associés, d'après la quotité de leurs mises.
— Encycl. Dr. La société est un contrat par lequel deux ou plusieurs personnes conviennent de mettre quelque chose en commun, en vue de partager le bénéfice qui pourra en résulter.
Les sociétés sont civiles ou commerciales suivant que leurs opérations ne rentrent pas ou rentrent dans la catégorie des actes de commerce énumérés dans les articles 632 et suivants du Code de commerce. V. COMMERCE.
Les conditions essentielles à la validité du contrat de s- iété sont, indépendamment du consentement des intéressés et d'un objet licite: 1» un apport réciproque, matériel, intellectuel ou moral ; 2° un intérêt commun ; 3» des bénéfices a réaliser.
Tous les actes de société doivent être rédigés par écrit lorsque leur objet est d'une valeur de plus de 150 francs. Le contrat peut être passé devant notaire, ou en la forme sous signatures privées.
Les actes constitutifs des sociétés commerciales sont, en outre, assujettis à certaines formalités de publicité destinées à les porter à la connaissance des tiers.
La société régulièrement constituée donne naissance à un être moral, à une personnalité juridique distincte de la personne des associés : cet être moral est propriétaire du fonds commun, les associés n'ayant qu'un droit éventuel à la répartition des bénéfices et au partage de l'actif après la dissolution.
Sociétés civiles. Les sociétés civiles sont universelles (société de tous biens présents et société universelle de gains) ou particulières, ne s'appliquant qu'à certaines choses déterminées, à leur usage ou aux fruits à en percevoir : rentrent spécialement dans cette catégorie les sociétés formées soit pour une entreprise désignée, soit pour l'exercice de quelque métier ou profession.
Sociétés commerciales. On distingue cinq espèces de sociétés commerciales : la société en nom collectif, la société en commandite, la société anonyme, la sociétéen participation et la société à capitalvariable.
La société en nom collectif est celle que contractent deux personnes ou un plus grand nombre et qui a pour objet de faire le. commerce sous une raison sociale, dont les noms des associés seuls peuvent faire partie (ex. : Jean, Louis et C>').
Toute société en nom collectif, quelle qu'en soit l'importance, doit être constituée par acte authentique ou sous seings privés.
La gestion peut en être confiée à tous les associés ou à un seul, qui prend alors le nom de gérant ; mais, dans tous les cas, les associés indiqués dans l'acte de société sont personnellement et solidairement tenus sur leurs biens des engagements de la société, encore qu'un seul d'entre eux ait signé, pourvu que ce soit sous la raison sociale.
La société en commandite est celle qui est contractée entre un ou plusieurs associés responsables et solidaires et un ou plusieurs associés simples bailleurs de fonds, que l'on nomme commanditaires ou associés en commandite. Elle compte ainsi deux espèces d'associés, qui se distinguentessentiellement par la différence de responsabilité. On peut dire qu'elle est en nom collectif pour les gérants (associés responsables et solidairesj, et en commandite pour les simples bailleurs de fonds. La commandite n'engage le bailleur que jusqu'à concurrence de la somme par lui fournie ou à fournir.
Quand le capital social n'est pas divisé en actions, lasociété se nomme commandite simple ; quand il est divisé en actions, elle se nomme commandite par actions.
Le terme « intérêt', dans son acception générale, désigne la part d'un associé dans une société quelconque, mais il s'entend plus spécialement du droit de l'associé dans une société en nom collectif ou en commandite simple.
L' « action » s'entend de la part d'un associé dans une commandite par actions ou une société anonyme et se distingue principalement de l'intérêt ou «part d'intérêt • par la libre cessibilité des titres qui la représentent et sa négociabilité suivant les formes commerciales.
Les sociétés en commandite par actions ne peuvent diviser leur capital en actions ou coupures d'actions de moins de 25 francs lorsque le capital n'excède pas 200.000 francs ; à moins de 100 francs lorsque le capital est supérieur à 200.000 francs.
Elles impliquent d'une part la responsabilité personnelle et indéfinie du commandité ou des commandités chargés de la gérance ; d'autre part, la responsabilité restreinte des actionnaires. Elles ont une raison sociale, qui se compose du nom des commandités-gérants, suivi des mots : et C".
L'action est au porteur, nominative ou à ordre. (V. action)
Trois éléments concourent à l'administration des sociétés en commandite par actions : les gérants, chargés de l'action et de la direction; un conseil de surveillance, investi du contrôle ; les assemblées d'actionnaires, délibérant sur les intérêts de la so-
ciété, recevant des comptes et éclairant l'administration du gérant.
On désigne sous le nom d'obligations les titres d'emprunt émis par les sociétés dans le public en vue de se procurer les fonds dont elles ont besoin.
A la différence de l'action, qui est une part d'associé soumise à tous les aléas de l'entreprise, l'oblifation est une créance contre la société donnant roit à nn intérêt fixe et annuel jusqu'à l'époque de son remboursement. Elle représente une partie du passif social, tandis que l'action est un élément de l'actif; il s'ensuit que les porteurs d'obligations sont payés avant que les actionnaires puissent prétendre à la répartition du fonds commun.
La société anonyme, quel que soit son capital, peut se former sans autorisation du gouvernement ; mais elle ne peut être constituée si le nombre des associés est inférieur à sept.
La société anonyme n'a pour élément de crédit que le capital social ; c'est une société de capitaux, indépendante de la considération des personnes. De ce principe il résulte : 1» que le capital social est, comme celui de la commandite par actions, naturellement divisé en'actions et en coupons d'actions ; 2" qu'à la différence de la commandite par actions, la société anonyme n'a pas de raison sociale et qu'elle n'est désignée que par l'objet de son entreprise ; 3" qu'aucun associé n'est tenu au delà de sa mise-
Trois éléments concourent à l'administration de la société anonyme : les actionnaires, qui ont la véritable direction de la société; les administrateurs, qui sont chargés d'exécuter et de réaliser la volonté des actionnaires; enfin, les commissaires, qui ont une mission de surveillance.
Indépendamment des actions ordinaires et des obligations dont il est question plus haut, les sociétés anonymes et en commandite par actions ont été autorisées à créer des actions de priorité, dites aussi « actions privilégiées », qui jouissent de certains avantages sur les autres, en ce qu'elles confèrent des droits d'antériorité sur les bénéfices et sur l'actif social. Sauf prohibition expresse dans les statuts, toute société, ancienne ou nouvelle, peut créer des actions de cette nature.
A l'action de capital, qui donne droit à la fois aux bénéfices et à une part dans l'actif social, on oppose l'action de jouissance, qui est délivrée aux actionnaires après le remboursement du capital par eux versé. Le titulaire de l'action de jouissance, ayant été remboursé du montant de son apport, ne participe plus qu'à la distribution des dividendes annuels, à l'exclusion des sommes payées à titre d'intérêts, et au partage des bénéfices en fin d'entreprise, à l'exclusion du capital à restituer intégralement aux porteurs d'actions ordinaires.
Il existe actuellement, dans de nombreuses sociétés, à côté des actions de capital et des obligations, des parts de fondateur ou bénéficiaires, qui sont réservées aux personnes ayant par leur apport d'industrie ou leurs démarches personnelles contribué à la formation de l'entreprise. Ces parts, qui donnent simplement droit à une certaine quotité des bénéfices, constituent les actions sut gêner is, assimilables à des actions de jouissance. Elles ne confèrent aucun droit sur le capital social.
Outre les sociétés en nom collectif, en commandite et anonymes, la loi commerciale reconnaît une quatrième espèce de société, la société en participation; c'est celle par laquelle deux ou plusieurs personnes conviennent de participer à une affaire commerciale, avec les proportions d'intérêt, et aux conditions déterminées par leur convention.
Enfin, les sociétés à capital variable sont celles dans lesquelles le capital social, d'après les statuts, est susceptible d'augmentation ou de diminution. L'augmentation peut avoir lieu par des versements successifs faits par les associés ou par l'admission d'associés nouveaux. La diminution s'opère par la reprise totale ou partielle des apports effectués.
SOCiété (ARCHIPEL DE LA). V. TAÏTI.
Société royale de Londres (Royal Society), équivalent de l'Académie des sciences de France, mais plus ancienne , dérivant d'un club formé à Londres en 1645, organisée par chartes royales de 1662 et 1668.
Socin (Lelio, dit Sozzini), protestant italien, né à Sienne, m. à Zurich (1523-1562). Il fonda la doctrine antitrinitaire connue sous le nom de sociniaiiisme, et que contribua à répandre son neveu Fauste Socin, né à Sienne, m. à Luclavie, en Pologne (1539-1604).
socinianisme [nis-me] n.
m. Hérésie des partisans de Socin, qui rejettent les mystères et la divinité de J.-C.
socinien, enne [ni -in,
é-ne] adj. Qui a rapport au socinianisme. N. Adhèrent du socinianisme.
— Encycl. Les premiers sociniens croyaient à la révélation et regardaient la Bible comme inspirée ; mais il n'y avait d'autres preuves, suivant eux, de l'inspiration des livres saints qu'un certain sentiment intérieur éprouvé par le lecteur fidèle. De ï>lus, Jésus était un homme créé par Dieu, né cependant d'une manière miraculeuse et ayant reçu la mission de sauver le genre humain. Cette rédemption n'était autre que la prédication de l'évangile. Les sociniens étaient divisés sur plusieurs points de
doctrine. Au xviii" siècle, ils se distinguaient à peine des déistes. Aujourd'hui ce sont de purs rationalistes.
SOCiolOgie [ji] n. f. (de société, et dugr. logos, discours). Science desphénomenes sociaux : la sociologie est une science toute moderne.
— Encycl. La possibilité d'une science positive des faits sociaux n'est guère contestée : on admet généralement qu'il y a de tels faits et qu'ils sont autre chose que la somme des faits psychologiques individuels. Onreconnait généralement un déterminisme historique et sociologique, alors même que l'on défend l'idée d'une liberté métaphysique. La sociologie prend divers aspects, selon l'objet qu'elle étudie. Tantôt cll< est l'exposition du « matérialisme