CHAPMAN
Le ciel est radieux ; le soleil de janvier
Fait miroiter au loin les coteaux pittoresques
Oîi de joyeux essaims d'enfants chevaleresques
Glissent sur leurs traîneaux prompts comme l'épervicr.
FRECHETTE
Quand le soleil luit, la neige est coquette ; Mol et lumineux, son tapis attend Le groupe rieur qui sur la raquette Au flanc des coteaux chemine en chantniit.
Le Maître avait orn qu'en mettant sur les coteaux (les raquettes au lieu do traîneaux il cacherait son Jeu. Malheureusement le jeu a tourné contre lui, à cause (le mes i/cu.i: <Jc hjnx^ pour parler comme M. Fréchette.
Mais reprenons n.)s citations dos vers du M;ntre t't <lu <lisi-ipk! :
ClIAl'.MAN
Sur le cristal Lîlaccdcs fleuves i,Mgant( .scjUCf!, Les patineurs, montes sur leurs lames (Vacier, Traci^nt en tournoyant i\vfnltfx aralxsciut s, On Intti-nt d»; vitesse avec »juel<iue vinmief.
rKECHKTTK
Dans les suirs sereins, l'astre noetaiulitile rhiqiie vaguement d'tni rellet (/'(/.///• La el<K'lii tte d'or qui tintinnalaiit!
Au liai-nais d"a:",.;ent du iVingaiit murnii r.
Je VOUS avouerai. Maître, qu'iei vous no nravoz pa8 Volé iTidées, et que vous vous êtes cotitenté do lui! Huhtiliscr deux rimes.
i,E DfcDAiK i>'ln plagiai ri; 33
Je me permettrai, toutefois, de répéter mon dernier quatrain, pour voir si je ne pourrais pas trouver par cette répétition quelque chose de plus grave contre vous :
CIIAi'MAN
Sur le cristal glacé dos fleuves gigantesques. Les patineurg, montés sur leurs laïues d'acier, Tracent eu tournoyant de folles arabesques, Ou luttent de vitesse avec (luehjue coursier.
Av feu du soleil ou des (/irandolts, Emportée au vol de son patin clair.
Mainte î>f//tHfJ(8c, en ses courses /o//é'S, Sylphe gracieux, luit ciniime l'tcUiir.
Ah I par exemple, ici. Maître, c'est effrayant comme vous m'avez tailladé ! La patineuse pour les 'patineurs, les courses Jolies pour les jolies arabesques ....
Un peu plus, et vous enleviez le. .. .morceau.
Et \i\\\^,commc r^t/</?V,c*est vieux,ça, M. Fréchette. La rue Saut-au-Matelot est d'hier à côté de ce lieu commun-là.
A part cela, vous rabâchez, Maître, vous rabâchez, attendu que vous avez déjà dit dans Janvier des Oiseaux de neige :
Dans les salons ambres, nouveaux temples d'idoles. Aux accords de l'orchestre, au feu de» girandoles
I^ proincneuso, loin de son boudoir tépido, Bravant sous les peaux d'ours les morsures do l'air, Ail son d(>s grelot* d'or de son cheval rapide, A nos yeux éblouis passe comme nu éclair.
En tout cas, j'aime mieux votre patineuse que votre promeneuse, parce «^u'en faisant passer celle-ci comme un éclair, vous dites. Maître, quelque chose qui frise les vérités de M. de La Palisse, puisque son cheval est rapide.
Mais tous ces commentaires retardent inutilement les citations, et je prends la ferme résolution de n'en plus faire.
Au demeurant, ai-je besoin de mettre pins eu relief les escroqueries de M. Fréchette ? J'ai été volé comme dans un bois.
Reprenons «loue le fil de nos comparaisons, et suivons-le sans nous arrêter un hcuI instant :
CHArMAX
Au iliéntrc, 1<> soir, eluique stalle est garnie, Kt la foule, l'oreille ouverte A, l'hannoni»*, Ihii «aints enivrenienta boit les Ilots parfunufs,
IVndant que, dans le bal, la ikihe «étourdissante Sur le pnniuot baigné de flamme éblouissante Knipcift»' dans ses bras bien des eonpii's
FUKCHKTrK
Un rayon, là-bas, aux vitns rougi^nie ; L'on entend «N-s soni? i\'oi't'lu')<tre Inintjiiu ; (*'e Kout ces deux sœurs, la ihnivi' et la joie, (^ui vont s'aintisrr jii^ii'K'M *i>i matin.