‹ Le lauréat: critique des œuvres de m. Louis FréchetteChapitre 27 sur 75 · ARCADES AMBO 5Ô · texte numérisé non relu

ARCADES AMBO 5Ô

Roulland, dont les instincts de rapines ne le cèdent qu'à ceux de M. Frécliette, qui vient essayer de jeter de la poudre aux yeux de la masse en citant des hémistiches qui appartiennent à tout le monde, et qu'il m'accuse d'avoir filoutés au lauréat ; c'est ce même individu qui répète comme un perroquet une prétendue conversation au cours de laquelle j'aurais, il y a dix ans, demandé à M. Frécliette si je l'ennuyais quand je pillais ses vers.

Avec le Dr C, c'est le temps, ou jamais, de dire que ça c'est un très archi-comble.

Xon, M. Frécliette, vous avez beau vous débattre, vous ne parviendrez pas à faire croire que je vous ai volé les hémistiches que votre Roulland vient d'aligner dans la Minerve, Vous n'y parviendrez pas, pour la raison bien simple que ces moitiés de vers ne sont pas, comme on dit en termes du métier, des hémistiches-médailles, des hémistiches portant la marque ineftaçable de l'artiste qui les a ciselés.

Au nombre des citations de votre Roulland se trouve la suivante :

FRECHEÏTE

Sans vivres, sans souliers, chantant la Marseillaise,

CHAPMAX De charmants tapageurs chantant la Marseillaise.

r>0 LE LAUREAT

Je VOUS avouerai, M. Fréchette, que cette comparaison m'a un peu ahuri, et j'ai cru que ma mémoire pouvait m'avoir joué un mauvais tour. J'allais vous avouer que je vous avais pris — ^bien i nconsciemment, par exemple — l'hémistiche que votre Koullancl signale, quand tout à coup mes yeux sont tombés, par pur hasard, sur une page de Théodore do Banville, où j'ai lu :

Et, cheveux dénoues, chantant la MarsciUohe. ^

J'ai compris a^ors que chanter la Marseillaise

est, — dans les vers comme ailleurs, — une banalité,

et je ne vous accuse certainement pas d'avoir volé

ici l'auteur des Odes funambulesques^ pas plus que

je ne vous tiens compte des hémistiches en regard

ci-dessous :

VICTOR lilGO

Pait voir plus clairement la desîinte humaine. -

frecheïtî:

Pourquoi ? mais n'est-ce i)as la destiiu^ Inunaine.

FRANÇOIS COPPÉE Cette barque perdue entre le ciel et Veau, •'

FRECHETTE Bercé depuis l'enfance entre le ciel et Veau.

I T^es Occidentales, I2ièmc strophe du Siècle à aiguille.

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