‹ Le lauréat: critique des œuvres de m. Louis FréchetteChapitre 41 sur 75 · MORISSET · texte numérisé non relu

MORISSET

Et nos révcs brillants, phosphorescents Ht/mboles, Qu'on jetait, pleins de flamme, au gré des brises folles? — Des souffles violents, hélas ! les ont éteints, Comme on fait dos flambeaux, après les grands festina.

FRECHETTE

Tout te sourit d'abord, jeunesse inassouvie ; La lumière et les fleui*s couronnent iG» festins, Mais pour le cœur qui veut recommencer la vie. S'il reste encor des fleurs, les flambeaux sont éteints.

Exactement les mômes réflexions dans les deux pièces, avec les mêmes illusions^ les mêmes symboles, les mémos festins et les mêmes flambeaux éteints.

On en croit à peine ses yeux.

Sans doute, le fait d'avoir volé son frère, Victor Hugo, Lamartine, Coppée, Leconte de Lisle, Crémazie, Elie Bcrthet, etc. est une chose qui est loin de grandir M. Fréchctte.

Cependant, on peut dire que le lauréat, en pillant ces auteure, a peut-être agi inconsidérément, prenant son bien au hasard, à mesure qu'il lui tombait sous la main, sans songer qu'il pût déplaire ou nuire à quelqu'un.

Mais dans le cas qui nous occupe aujourd'hui il n'y a évidemment aucune excuse possible.

M. Fréchette, en invitant des poètes à travailler de concert avec lui sur un sujet imposé, a opéré délibérément, avec préméditation ; il a trompé des

amis de la façon la plus outrageante, la plus odieuse, — et pareil exemple de duperie est sans précédent dans l'histoire de la littérature fi-auçaîsc.

Et n'y eût-il que le vol des Vers luisants pour ternir sa réputation d'écrivain, que le lauréat ne parviendrait jamais à lui redonner son faux éclat d'antan.

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