‹ Le lauréat [microforme]Chapitre 51 sur 66 · LE PIONNIER · texte numérisé non relu

LE PIONNIER

Que les siècles n'ont pu lerrasser tout entier.

On terrasse quelqu'un ou on ne le terrasse pas.

Ni on le terrasse, il tombe par terre tout entier, et non par bouts,

L'expérience des derniers ms doit vous avoir appris cela, M. l'réchette.

JEAN-BAPTISTE DE LA SALLE

A l’école du pauvre ur humble banc d'bè:.

Un humble banc de bois !

Vraiment, il n’y a qu’un banc de bois pour être

aussi dur que cet hémistiche-là.

JEAN-BAPTISTE DE LA SALLE

Et cet autre profil dont l’aspect seul réveille,

Calme et majestueux, dans l'âme du passant,

Des demi-dieux romains le peuple éblouissant,

Quel est-il ?

Oui, quel est-il ?

Je vous avoue, M. Fréchette, que je ne puis deviner —de la manière dont vous avez écrit ce qui précède—quel est ce profil qui réveille le peuple 2 L] [2 13° . £ L sA f éblouissant des demi-dieux romains dans l'âme du passant.

Est-ce vrai que c’est de Corneille que vous voulez

parler ?

VIVE LA FRANUE :

Seule, et voulant donner-un exemple à l’histoire, Paris, ce boulevard de dix siècles de gloire,

Orgueil et désespoir des rois et des césars,

Foyer de la science et temple des beaux-arts,

Folle comme Babel, sainte comme Solime,

En un jour transformée en guerrière sublime,

Le front haut, l'arme au bras, narguant la trahison, Par-dessus ses vieux forts regardait l'horison.

Iluit vers de douze pieds pour dire qne Paris

regardait seul l'horizon par-dessus ses vieux forts pour donner une lecon à l’histoire !

Si ces huit vers ne sont pas ce qu'on nomme en littérature une lenteur, je voudrais bien savoir ce que c’est.

Et puis, comment Paris pouvait-il, rien qu’à regarder seul l'horizon par-dessus ses vieux forts, donner une leçon à l’histoire ?

Quoi qu’il en soit, M. Fréchette, ouvrez le premier petit traité de littérature venu, et vous y verrez qu’il ne faut pas faire les phrases trop longues, parce que l'esprit se fatigue à suivre cette multitude d’incidentes qui les surchargent et suspendent trop longtemps l’attention,—qu’on ne doit présenter à l'esprit que l’image exacte de ce qu’on veut exprimer... et pardonnez-moi cette période qui ne prêche certainement pas d'exemple.

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