Les ïambes, 31 et 32ième vers du ehant III de l' Idole
AUDACES FOfeTUNA JUVÀT 4.9
On croit entendre dans l'éclat sonore et palpitant de son ïambe magistral non pas seulement le bruit d'une cavale lancée à toute bride sur un champ de bataille, mais celui de tout uu escadron écrasant, dans sa course vertigineuse, les lourds carrés d'infanteries ; il nous semble ouïr les clameurs dit canon, les cris saccadés des commandants, le cliquetis des épées, le crépitement de la fusillade, la voix des blessés qui se traînent, tout sanglants, sur le sol labouré par les obus, criant : A boire ! A boire ! par
pitié !
M. Fléchette, lui, voulant, après avoir escroqué nue des plus belles idées du fougueux: Barbier, faire voir tout l'éclat triomphant qui a resplendi dans les plis du drapeau tricolore, fait tranquillement passer ou plutôt glisser un haillon troué sur le rentre. . . . du monde.
L'effort que le lauréat a déployé pour imiter le grand pocte français me rappelle la grenouille qui avait voulu se grossir à. la taille du bœuf et dont le ventre, qui n'avait rien de commun avec le ventre du monde, se dégonfla si brusquement et d une si triste façon.
En tout cas, puisque M. Fréchette n'a pas encore «'prouvé le sort de la prétentieuse et stupide grenouille, j'aimerais savoir ce qu'il faut bien lui faire. pour le dégonfler.
Lui remettre sous les yeux la Bastide rouge f
Qu'il se tienne bien ! ça viendra. 4
ARCADES AMBO
M. Fréchette est tellement tomba clans l'estime «de son entourage, dont les promiscuités pourtant lui faisaient, naguère encore, une si forte carapace contre les attaques de la critique, qu'il n'a pu trouver une seule plume quelque peu élégante, quelque peu compétente, pour le défendre des coups qui, depuis quelque temps, ne cessent de le cribler.
Lo lauréat en est réduit, pour pallier ses supercheries littéraires, à me faire injurier par le secrétaire universel, II. Roullaud, un Français récemment atterri sur nos rives, un prosateur dont le style a la lourdeur de tout le plomb que M. Frécliette a dans l'aile.
Il me semble que M. Frécliette — selon la remarque d'un de mes amis — était pourtant bien assez aplati par mes dénonciations, sans se laisser passer ce Roullaud-là sur le corps.
Mais, voyez-vous, rien de plus naturel aussi que la sympathie qui unit M. Fréchette et M. Roullaud :
ils exercent le même métier.
Les deux font la paire, et la seule nuance qui les différencie, c'est que l'auteur de la Bastide rovge n° 2 prend tout entier ce qui lui tombe sons lamain, tandis que M. Roullaud enlève tout ronds les morceaux à sa portée.
Badinage à part, ce M. Roullaud, qui, comme tous les Roullaud s de passngc, a deux L pour voler, est certainement le seul qui pouvait tenir tête a M. Fréchette daus le brigandage poétique. Il ne s'en est pas fait faute, non plus, comme vous allez vous en assurer par les lignes ci-dessous détachées d'un article publié récemment dans la Patrie, sous la signature du Dr C\:
" Le Monde Illustré de Montréal, dans son " numéro du 11 mars, dénonçait par la bouche de " son directeur ce misérable plagiaire (IL Roullaud) " qui avait eu l'audace de collaborer à ce journal, et " qui dernièrement étalait encore sa signature, sinon " sa prose, dans les colonnes de la Pairie et de la " Canada- Revue.
" A l'appui de cette dénonciation, je vous offre " les preuves brutales qui suivent. Lisez :
ARCADES AMBO ôo