MARS
Adieu les jours sereins et les nuits étoilées ! La neige à flocons lourds s'amoncelle à foison Au penchant des coteaux, dans le fond des vallées. C'est le dernier effort de la rude saison.
C'est le mois ennuyeux, le mois des giboulées ; Des frimas cristallins l'étrange floraison Brode ses fleurs de givre aux brandies constellées, Là-bas un trait bronzé dessine l'horizon.
Le vieux coureur des bois dépose ses raquettes ; Plui d'orignaux géants, plus de biches coquette»,
Flus de course lointaine au lointain Labrador !
On s'en consolera dans la combe voisine, En regardant monter sur un feu de résine La sève de l'érable en brûlants bouillons d'or.