‹ Le Laurier noirChapitre 15 sur 32 · SABBAT · texte numérisé non relu

SABBAT

Comme d'un tambour do basque Les trois sorcières du Rhin Dans le vent et la bourrasque Jouent du désespoir humain.

La première dit : «> Les cendres Montent plus haut que ma tour. »

La seconde qui vit pendre, Aux ormeaux des carrefours

Des enfants à la mamelle Rit si fort que, dans la nuit, Se brisent sur les margelles Les amphores des vieux puits.

La troisième est toujours ivre Et ses doigts de chat-huant Nattent ses cheveux de cuivre Alourdis de trop de sang.

C'est le sabbat de la guerre, L'Empereur est courroucé.

Sur les Vosges, les sorcières Recommencent à danser.

Macbeth pince la guitare, La chouette hullule encor, Et Salomé joue aux barres Avec des têtes de morts.

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