‹ Le Laurier noirChapitre 9 sur 32 · TOUSSAINT · texte numérisé non relu

TOUSSAINT

O jour de la Toussaint ! Sur les Vosges brumeuses Pèse le balancier funèbre des clochers.

Que de messes des morts ! Et toujours la faucheuse, A l'horizon sanglant, continue de faucher.

De Profundis ! Pour moi faudra-t-il que l'on prie ?

Dans ce jardin provincial de Mirecourt

Je sens que la tristesse ensevelit ma vie

Et que de noirs corbeaux rôdent sur mon amour.

Ami, sors du buffet ta chaude mirabelle Eclose au pur verger de ce sombre pays. Je me veux enivrer afin qu'entre les ailes De la douleur qui sur mon coeur s'apesantit,

Se glissent, tendrement, des gouttes de lumière. Je ne puis plus goûter à ce ciel incertain Car il met trop de vent, de cendres et de terre Dans la coupe d'azur qui vacille en mes mains.

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