SCENE lil
LES MÊMES, SAI K LE LAQI AÏS
J'ai, cette nuit, ét>; secoué comme il faut, Et je viens d'essuyer un dangereux assaut. Un pareil, à coup sûr, emporterait la place.
ÉRASTE
Vous voilà beaucoup mieux et le ciel, par sa grâce, Pour vos jours en péril nous permet d'espérer. Il faut présentement songer a réparer Les désordres qu'a pu causer la maladie, Vous faire désormais un régime de vie, Prendre de bons bouillons, de sûrs confortatifs, Nettoyer l'estomac par de bons purgatifs, Enfin ne vous laisser manquer de nulles choses.
GÉRONTE
Oui, j'aimerais assez ce que tu me propo Mais il faut tant d'argenl pour se faire soigner Que, puisqu'il faut mourir, autant vaut l'épar-
[gner!...
Je veux, mon cher neveu, mettre ordre à
[affaires.
(A Lisette.)
As-tu dit qu'on allât me chercher deus notaires ?
Oui, Monsieur, H sous peu vous les verrez ici
GÉRONTE
Kl dans peu vous saurez nus sentiments aussi, je veux en bon parenl vous les taire connaître.
ÉRASTE
Je me doute à peu prèa de ce que ce peut être.
GÉRONTE
J'ai des collatéraux
L1SKTTE
Oui, Monsieur, et beaucoup.
GÉRONTE
Qui d'un regard avide et d'une dent de loup Dans le fond de leur cœur dévorent par avance, Dne succession qui fait leur espérance.
ÉRASTE
Ne me confondez pas, mon oncle, s'il vous plait, Avec de tels parents !
GÉRONTE
Je sais ce qu'il en est.
ÉRASTE
Votre saule me touche et me plait davantage, Que tout l'or qui pourrait me tomber en partage.
J'en suis persuadé. Je voudrais me venger D'un vain tas d'héritiers qui me font enrager.
Tu connais et tu vois parfois Madame Argante '
ÉRASTE
Oui. Dans ses procèdes elle est toute charmante.
GÉRONTE
Et sa fille. . . Isabelle:' . . Euh ! la connais-tu ?
Fort.
ÉRASTE
C'est une tille sage et qui charme d'abord.
GÉRONTE
Tu conviens que le ciel a verse dans son aine Les qualités qu'on doit chercher en une femme
ÉRASTE
Je ne vois point d'objel plusdigne d'aucun vœux Ni de Bile plus propre à rendre un homme heureux.
GÉRONTI
Je m'en vas l'épouser. . .
ÉRASTE
VOUS, mon île !
GÉRONTE
Moi-même I
j'en ai. je voui l'avoue, une allégresse extrême.
LISETTE
Miséricorde !. . . Hélas ! ah ! ciel, a
[nous !
t>e quelle malheureuse allez-vous être époux ?.
GÉRONTE
D'Isabelle, en ce jour et, par ce mariage,
Je lui donne, à ma mort, tous mes biens en par-
ÉRASTE (se contraignanl .
Vous ne pouviez mieux faire et j'en suis fort consent ; Je voudrais, comme vous, en pouvoir faire autant.
GÉRONTE (e aut el embrassant Éra
Ah ! le joli garçon !. . . Aurais-je pu m'attendre Qu'il eut pris cette affaire ainsi qu'on lui vit prendre !
ÉRASTE
Votre bien seul m'est cher.
GÉRONTE
Va ! tu n'y perdras rien.
Quoi qu'il puisse arriver, je te ferai du bien, Et tu ne seras pas frustré de ton attente. Mais quelqu'un vient ici . . .