‹ Le LémanChapitre 74 sur 88 · et au-dessous · texte numérisé non relu

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Si l’on critique en détail, comme j’ai pu le faire à Morges, les conditions de ces divers locaux, l’on constate que les caves à la cote de 2“, et au-dessous, sont toutes modernes; construites par des propriétaires imprudents, pendant une année à eaux estivales exceptionnellement basses, (1857 âl858entr’autres), elles étaient assez fréquemment inondées pour que l’on fût engagé à les combler ou à les relever. Les caves anciennes, celles qui ont résisté à l’expérience des siècles, ont leur sol au-dessus des cotes ZL -j- 2.4 ou 2.5'". Ce sont ces cotes qui donnent la limite apprise par l’usage pour la construction des caves au bord du Léman. De l’existence d’un grand nombre de caves à ce niveau, on peut admettre, comme probable, que lors de la construction de ces rues et de ces villes, les hautes eaux dépassant 2.4 et 2.5'" étaient non seulement chose rare, mais tout à fait exceptionnelle. Pour qui connaît en elfet les ennuis, les inconvénients, les dangers de l’état d’inondation des caves et rez-de-chaussées, tel que nous l’avons expérimenté trop souvent dans les dix années de 1870-1880, il est évident que ce n’est pas volontairement qu’un propriétaire s’y est exposé, lors de la con.struction de sa maison. Or, comme une ville ou

HYDROLOGIE

une l’ue ne se bâtit pas en une année, mais successivement et progressivement, j’estime que l’on peut tirer de la position de ces caves une inférence assez probable que, dans les siècles passés, à l’époque de la construction des rues et villes basses des rives du Léman, les hautes eaux du lac atteignaient rarement la cote ZL -f 2.5m.

C’est surtout très évident à Villeneuve où le nombre des locaux descendant à des cotes très basses, datant des siècles antérieurs, est considérable (78 locaux ont une cote inférieure à 2.5™). On reti’ouve, en outre, sous le pavé des caves inondées dans les années 1876 à 1879, d’anciens pavés qui indiquent une hauteur générale du sol habité bien inférieure à celle que nous avdns vu être l’extrême limite dans les. conditions du lac de la seconde moitié du X1X« siècle, .le citerai, comme exemples, les pavés retrouvés en 1882 quand on a creusé dans la cave de la maison P.-L. Masson à 2.4™, et dans le pressoir de la maison F.-E. llofl'mann à la cote 2.1™. (')

Nous pourrions nous fonder aussi sur lès résultats de l’enquête faite en 1822 par le préfet De Loys de Chandieu, à Lausanne, S. Nicod- Delom, â Vevey, et Chausson, à Noville. Cette commission a réuni tous les faits, souvenirs et dépositions apportés par les vieillards de toutes les localités riveraines; tous ont prétendu que le lac s’était considérablement élevé depuis le temps de leur première jeunesse; tous ont donné des témoignages aussi nets et aussi affirmatifs que ceux des vieillards qui ont paru à Genève dans la séance du 21 juillet 1882 devant la délégation du tribunal fédéral. Nous n’avons pas récusé les témoignages de ces derniei's, (-) nous aurions le droit de nous fonder sur les témoignages des vieillards de 1822. Mais nous voulons baser l’étude actuelle uniquement sur des faits objectifs, vérifiables et contrôlables. Nous laisserons donc de côté cet ordre de preuve qui, du reste, nous le reconnaissons volontiers, est passible de critiques facilement justifiées.

Quant aux basses eaux de ces périodes anciennes, nous avons deux faits à citer :

Le premier est le récit, donné par Fatio de Duillier, des circonstances qui ont amené la construction de la digue du Rhône, en 1713. Nous l’avons déjà reproduit page 408.

Le second fait, c’est l’existence des carrières de molasse submergées.

(') Notes de M. G. Delapraz, géomètre, à Villeneuve.

P) Voir ci-de.ssus, p. 243.

LIMNIMÉTRIE

Des bancs de molasse apparaissent en plusieurs points, sur la grève du lac ; là où cette pierre est de qualité suffisante, elle a été exploitée et des carrières ont été ouvertes jusqu’à l’extrèine limite des basses eaux, ainsi que le décrivait le voyageur anglais Addison, en 1702 : « Il y a, près de Genève, plusieurs carrières de pierre de taille, qui s’étendent jusqu’au-dessous du lac. Lorsque les eaux sont fort basses, on fait au-dedans de ses bords un petit carréentouré de quatre murailles.(’) Dans ce carré, on ci'cuse une fosse et l’on y fouille pour chercber la pierre, les murailles empêchant que les eaux n’y entrent, lorsque le lac enfle et inonde tous ses bords. La grande facilité qu’il y a de voiturer ces pierres, fait qu’on les a à meilleur mai-cbé qu’aucunes autres qui se trouvent ailleurs. On voit, en passant à la voile, plusieurs fosses profondes qui ont été faites en divers temps. (-) » Addison semble les avoir vues dans le petit voyage de cinq jours qu’il fit sur le lac, pendant son séjour à Genève, an printemps de 1702. Mais, a-t-il assisté à l’exploitation de ces carrières, rpa’il décrit fort bien 7 ou bien, frappé par l’apparitionsingulière de ces vastes et nombreuses chambres rectangulaires qui découpent, comme un damier, une vaste étendue de la beine, les a-t-il étudiées en passant et s’est-il fait expliquer leur formation ? Cela ne ressort pas immédiatement du texte cité. En tout cas, il en parle comme d’une affaire contemporaine, et non comme de faits appartenant à un passé légendaire. C’est donc, ou bien à l’hiver de 1702, ou bien à quelques années antérieures à cette date, que nous devons rapporter l’ouverture de ces carrières, aujourd’hui inondées par les eaux du lac.

On connaît six localités où de semblables carrières sont encore visibles sous les eaux du lac (■') ; à Pully, près Lausanne, à Fraidaigues,

(') Les carrières sont encore aiijourd’liiü assez intactes pour (pie l'on distingue parfaitement, autour de quelques chambres d’exploitation, les trous où étaient enfoncées les palplanches, destinées à supporter les murailles de protection, décrites par Addison.

P) Addison. llmnarqucs sur divers endroits de l’Italie. Voyage de M. Misson. Utrecht 1732, p. SOU.

{■*) Il y avait autrefois des carrières analogues à Ouchy ; elles ont ôté signalées dans l’enquête de 1S2'2; elles sont actuellement recouvertes par le grand quai devant la gare du chemin de fer funiculaire.

Pour qui voudrait visiter cos carrières submergées, voici quelques indications suffisantes permettant de les retrouver. Elles sont situées ;

à Pully, à côté du débarcadère ;

à Fraidaigues, devant la villa:

HYDROLOGIE

près St-Prex, à Founex, près de Céligny, (') à Coppet, au Reposoir, sous Pregny, près de Genève, et à Montalôgre, sous Cologiiy, également près de Genève. Ces dernières ont été étudiées fort attentivement par Macaire-Prinsep, i]ui en a donné une bonne description, avec un plan détaillé au 2000*'. (-) On peut aujourd’tiui, en mesurant la profondeur de l’eau au point le plus avancé du bord de la chambre d’exploitation, en déduire la hauteur approximative de l’eau au moment où le creusement a été commencé. Voici les chiffres que nous obtenons ainsi :

Carrière de Pully ZL -|- 0.37»' Carrière de Fraidaigue ZL — 0.3'»

Carrière de Founex ZL F 0.0»' Carrière de Coppet ZL — 0.23'»

Carrière du Reposoir ZL — 0.05"' Carrière de iMontalègre ZL — 0.5'» 0

M. Fl. Robert 1880.

F.-A. Forel 1880.

Jean Lombai’cletF.-A. Forel 1892.

D’après cela, à une époque inconnue que nous pouvons rapprocher de l’an 1700, les basses eaux du lac descendaient aux cotes — 0.3'» ou — 0.5'» de notre échelle limnimétrique.

Quoiqu’il en soit, il est probable qu’à ces époques anciennes l’amphtude des variations annuelles devait être considérable ; aux basses eaux, le cours du Rhône était insuf0.samment. barré par des digues primitives, et le lac devait s’abaisser considérablement en hiver ; les hautes eaux devaient être surélevées par las obstacles nombreux qui

à Founex, devant la frontière du territoire entre le cercle de Coppet et l’enclave de Céligny ;

il Coppet, à onviron'Vj kilomètre au nord de la ville ;

au Reposoir, près Genève, devant la villa Rotlisoliild ;

à VIonlalègre, sons Cologny, sur un kilomètre de longueur de la cote; les plus belles sont au nord du port de la villa Brot.

(') Dans le journal de la commission d'eni|uète île 1823, teini par Nicod-Delom (dossier appartenant à M. M. Morel), je trouve snr ces carrières de Founex une note qui pourrait conduire à des recherches fructueuses : « En 1813 (lisez 1713) il y a eu procès avec le baron do Coppet pour les droits d’exptoitation d'une partie de ces carrières, qu’il s’attriliuait; ou transigea. » Je n’ai pas su, jusqu'à présent, retrouver les actes de ce procès.

(■q Macaire-Prinsep. Notice sur les travaux entrepris snr le niveau du lac de Genève. Ittém. soc. phys. Genève. V. 6-1. 1824.

(») Les chambres des carrières de Montalègre ont en général leur bord à la cote ZL — 0..’)“' ; mais il y a, à l'extrémité nord du grand groupe des carrières situées à 2(J0"' au nord du port Brot, deux chambres dont le bord descend à ZL — 0.9'» ; je les ai visitées et mesurées deux fois en mai ISftJ. Je préfère cependant m’en tenir à la cote ZL — O.ô'" qui est déjà sullisamment étrange.

LDINLMÉTRIE

obstruaient l’émissaire, les quatre rangées des pilotis du port, les ponts, et enfin les nombreux moulins bâtis sur pieux, qui faisaient sur les deux bras du Rhône une véritable ville lacustre.

3“ période, de 1713 à 1830. De la période 1743 à 1820, nous avons déjà quelques observations limnimétriques datant du milieu et de la fin du siècle dernier et du commencement du XIX® ; elles sont difficiles à coordonner avec les nivellements actuels. On peut cependant êti’e ceilain de quelques faits que je citerai en détail, vu leur intérêt historique.

A. En 1739, ou peut-être déjà avant, l’ingénieur bernois Maritz, directeur de la machine hydraulique de Genève, avait établi une échelle limnimétrique, le premier limnimètre connu sur le Léman, coasistant en un pieu .sur lequel étaient fichées des chevilles espacées de 3 pouces, soit de 81““ ; leur numérotation allant de haut en bas, l’échelle était du type des limniraètres à zéro supérieui'. Nous possédons encore des observations l'égulières faites, chaque samedi, du 7 février 1739 au 31 mars 1752, plus quelques notes isolées ; les manuscrits en sont conservés aux Archives d’Etat de Genève, dossier n" IGtiO. Nous les utilisons dans notre tableau limnimétrique, mais en les accompagnant des remarques suivantes :

L’échelle n’était malheureusement pas repérée et nous ne savons, pas plus que IL IL de Saussure, (-) comment les rapporter à des hauteurs connues. Les cotes des maximums et minimums que nous en tii'ons n’ont donc pas de valeur absolue, mais seulement une valeur relative.

Nous déduirons de ces valeurs extrêmes l’amplitude de la variation annuelle. Mais ici encore nous devons faire une réserve. Nous ne savons pas la .situation de l’échelle, mais elle était probablement près de la machine hydraulique, autrement dit dans le Rhône, en aval du port. Par conséquent la pente variable de la sortie du lac entache ces observations d’une erreur variable, si nous voulons en tirer la variation de hauteur du lac. Nous ne savons comment corriger cette erreur. Les valeurs de cette variation, telles qu’elles sont indiquées par notre tableau, sont probablement trop faibles.

Nous donnerons encore dans notre tableau les dates des maximums et minimums. Nous devons noter à leur sujet que ces dates ne sont

Question du tue, p. 403.

HYDROLOGIE

qu’approximatives. En effet, d’une part les observations ne se faisaient qu’une fois par semaine ; d’une autre part les degrés de l’écbelle étant fort espacés, les eaux restaient souvent longtemps au même numéro (au printemps de 1741 nous trouvons pendant 5 semaines la même cote). J’ai pris dans e;es cas la date moyenne de la période pour laquelle la cote extrême est indiquée.

Nous trouvons encore dans les observations de Maritz des données sur l’époque des manœuvres du barrage, et c’est d’après ces notes que j’ai inscrit, à la note de la page 414, la date moyenne du 17 mars pour l’époque de l’ouverture du barrage, et celle du 19 novembre pour l’époque de la fermeture. La manœuvre se faisait en général quand l’eau arrivait en montant ou en descendant à la cheville n*' 24 correspondant à la cote relative 0.811“: mais cette règle était loin d’être rigide ; le 8 avril 17.50 on ouvrait le barrage alors que l’eau n’était qu’à la 29^ cheville (0.487“), tandis que l’année précédente on l’avait déjà ouvert le 8 février parce que l’eau arrivait à la 22^' cheville (cote relative 0.978"'). Même variabilité pour les conditions de la fermeture. Ces manœuvres semblent du reste avoir été conduites avec intelligence, et en tenant compte juste de la hauteur du lac et de la saison.

B. La cote des hautes eaux de 1 775 nous est donnée par une note du chevalier G. Shuckburgh (ou Shuckborough), naturaliste anglais (') qui l’a prise pour base de mesures hypsométriques, opérées avec le baromètre. (2) Il a vu les hautes eaux à 21 pouces anglais au-dessous de la pierre du Niton, la plus basse ; ce qui, transformé en valeurs de notre échelle limnimétrique, représente :

Hauteur du lac en août 1775 ZL -j- 2.494“

V'oici la citation de Schuckburgh : «La hauteur du lac, en août 1775, a été mesurée et trouvée de 1 pied 9 pouces (0.533>") au-dessous du sommet de la pierre du Niton du nord, et 3 pieds 9 pouces (1.143"’) au-dessous du sommet de celle du sud, et de 249 pieds 1 pouce audessous de la boule de la tour sud-occidentale de l’église de St-Pierre. Philosoph. transact, 1777. »

Ces données nous amènent aux chiffres suivants :

Sommet de la grosse pierre à Niton ZL -)- 3.619 — 1.143 — 2.476'" Sommet de la petite » ZL -|- 3.027 — 0.533 — 2.494'"

(') G.-A. Sliuckburgh-Evelyn, physicien anglais, 1751-1804.

(^) Ct.-H. Dufour. Mémoires de 1843, p. 13.

LIJINIMÉTRIE

11 y a donc écart de entre les deux mesures. Nous nous tiendrons à la cote prise sur la petite pierre à Niton, en justifiant cette préférence par le fait que c’est sur cette pierre qu’e.st le repère fondamental de l’hypsométrie .suisse et de la limnimétrie du Léman. '

Le lac était en hautes eaux quand Shuckburgh a pris les mesures. Etait-ce le maximum de l’année? Nous l’ignorons.

G. Nous avons la cote des basses eaux de 1780, elle est donnée par le trou percé dans la grande pierre du Niton, par M. A. Pictet, qui y fit sceller un bouton de bronze. (’)

Le centre de ce trou est à ZL 0.804'" (MM. L. Gonin et Guiguer

de Frangins, mars 1882).

D. Les observations limnimétriques du colonel Mestrezat, dans sa propriété du Creux de Plan, près Yevey ; une échelle de marbre noir, graduée en pieds et pouces de Berne, avait été scellée dans le mur, en 1779, le zéro étant établi à la cote des basses eaux de l’hiver 1778- 1779. Une inscription latine, sur une plaque de marbre, fut placée dans le mur en 1793. On y lit ;

CAL. APRIL. MDCCLXXIX. Lemanns lacus quàm maxime depressus fuit et ab hoccc infimo gradu moduii infra consqjicui fit initium.

ni CAL. AUC. MDCCXCIl ad altitudinem usque tune ignolam excrevît.

(Le zéro de ce limnimètre a été placé à la hauteur très basse qu’avaient les eaux du lac le 1®' avril 1779. — Le 30 juillet 1792, le lac atteignait une hauteur jusqu’alors inconnue, 8 pieds 10 pouces du limnimètre.)

Cette échelle, restée intacte jusqu’en 1868 a été transportée à sa place actuelle, dans la même propriété du Creux de Plan, avec toutes les précautions nécessaires, pour lui conserver la même hauteur ("-) Un nivellement de 1880 a donné la cote absolue du zéro à ZL -f- 0.241'"

Les seules observations de ce limnimètre qui nous aient été conservées, sont les maximums des hautes eaux de 1780 à 1782 et de 1792 à 1825, dont ^lestrezat avait envoyé une copie à Genève. (^) Voici ces cotes avec la traduction des pouces de Berne en cotes de l'échelle normale du Léman, d’après l’équation que nous venons d’indiquer.

(') V. G.-H. Dufour, Mémoire de 1837.

(") Voir pour les détails de cette opération : F.-A.Forel. Limnimétrie, V. 15.

(8) Jlémoires dn général Uufour de 1844.

■476 HYDROLOGIE

60 pouces 1.707'"

pouces 2.465'»

E. Nous possédons, d’après une

note de Nicod-Delom, (') quelques

cotes des années 1783 à 1786, qui nous donnent, enti

■e autres, les hau-

tes et

basses eaux,

rapportées à la

surface de

l’Eperon de l’^yie.

juillet 1783

50 pouces de roi

sous l’éperon

mars 1784

août —

mars 1785

août —

lljanvier 1786

D’une autre part,

une autre note

du même

Nicod,

dans le cahier de

ses observations originales, nous apprend que la ligne lixe de son limnimètre était à 17 pouces de Berne (0.415'") au-dessus de l’épel’on, et à 6i2 pouces de Berne (1.515"') au-de.s.sus des plus hautes eaux de lcS17. En adoptant pour ces hautes eaux de 1817 la cote ■2.880"', donnée par les observations Mestrezat, et en admettant, ce qui est probable, que les cotes de Nicod se rapportent aux maximums et minimums des eaux, j’en tire les valeurs sur ZL :

0) Archives de Vevey. 10. W.

LIMNIMÉTRIE

Minimum.

Maximum.

Variation.

F. Nous avons les obsen'aüons limnimétriques faites à l’échelle du Port-au-bois de Genève, de 1787 à 1791 ('). Une lettre des syndics de Genève à LL. EE. de Berne, en date du 21) août 1792, (-) nous donne en plus le maximum des eaux de cette année mesuré à la même échelle par 104 Vi pouces de roi. Comme nous avons le même maximum de 1792 par 106 pouces bernois du liminimètre Mestrezat, cela nous permet d’en tirer l’équation (approximative) de l’échelle du Port-au-bois. Son zéro était ZL -|- 0.003™. Voici les chiffres originaux des observations de l’échelle du Port-au-bois, en pouces du pied de roi.

Basses eaux.

Hautes eaux.

12 pouces

pouces

La pente du lac jusqu’au Port-au-bois étant à cette époque relative-

ment très faible, j’en déduis, sans

autre correction que celle de l’équa-

tion de l’échelle.

les cotes des maximums, minimums, et variations

annuelle.

Minimum.

Maximum.

Variation.

(>) G.-Il. Dufour. 1843, p. 11.

C^) Archives des Ponts et Chaussées de Lausanne.

(■*) Cette cote du maximum de 1787 est déduite du chiffre de 91 '/a pouces de l’échelle du Port-au-hois, donné par la lettre des syndics de Genève. Le métnoire du général Dufour donne un autre chiffre pour ce maximum de 1787 à savoir 98 ponces, qui traduit dans notre échelle normale du Léman, amènerait à ZL -(-2.65C"’. .Te préfère la cote de la lettre des syndics, comme venant d’un docu-

HYDROLOGIE

G. Un limnimètre à flotteur a été établi en 1806 par Paul, dans le bâtiment de la inacliine hydraulique de Genève. Le zéro de ce limnimètre était d’après le nivellement de Filhon, à ZL — 0.60'«. (•) Mais il y a lieu de tenir compte de la pente depuis le lac jusqu’au bassin du limnimètre ; j’ai obtenu par une comparaison des minimums annuels de 1818 à 1820, avec les cotes analogues de Vevey, la correction moyenne à appliquer, en temps de basses eaux, aux lectures du limnimètre de la machine pour les transformer en valeurs normales du lac, à savoir — 0.441“. Gela représente une pente moyenne de 159““ (0.600 — 0.441 = 0.159). Voici les chiffres originaux, en pouces de pied de roi, des minimums annuels, d’après les observations delà machine hydraulique.

Pouces

Pouces

Pouces

Pouces

27 Va

33 Vi

Je tirerai de ces chilïVes les valeurs des minimums de 1806 à 1817, et la différence de ces minimums, avec les maximums donnés par les observations Mestrezat, nous fournirait l’amplitude de la variation annuelle. Mais cette dernière valeur serait de beaucoup moins bien assurée que les chiffres analogues des autres séries où les deux valeurs extrêmes proviennent d’observations faites au même instrument ; je ne la donne pas dans mon tableau.

Période de 1820 à nos jours. A dater de 1816, nous po.ssédons des observations limnimétriques, plus ou moins régulières, faites dans le lac ou la partie supérieure du port de Genève. Ces observations ont été faites :

meut plus rapproché de l’époque de l’observation ; puis, la cote de Dufour nous donnerait, pour la valeur de la variation annuelle de cette année 1787, l’amplitude inadmissible de qui n'a jamais été atteinte par le lac.

(') G.-ll. Ihifoiw. Mémoire de 1837.

LIJINIJIÉTRIE

De 1816 à nos jours aux limnimètres de Vevey, limnimètre à flotteur Nicod-Deloni, limnimètre à flotteur Fraisse, etc.

De 1838 à nos jours, aux divers limnimètres qui se sont succédés dans le port de Genève.

De 1843, 1844, 1846 ou 1850 à nos jours, aux divers limnimètres établis à Ouchy, Morges, Nyon, Rolle, Cojjpet, Chillon, etc., etc.

La coordination de ces diverses observations a été longue et difficile ; elle est môme entachée d’une incertitude assez forte pour les plus anciennes observations. Quelle que soit cette incertitude sur le repérage, entre les diverses époques successives de cette longue période, elle n’inOrme en rien la comparaison que l’on peut en tirer en-, tre les hautes eaux et les basses eaux, la courbe périodique annuelle ou la variation annuelle, .le me bornerai à indiquer ici les bases de ma limnimétrie, en renvoyant, pour des détails plus circonstanciés, aux mémoires que j’ai publiés sur ce sujet. (Q

De 1818 à juin 1840, je me suis fondé sur les observations du limnimètre à flotteur Nicod-Delom, à V’evey, en lui attribuant un zéro à ZL -F 4.341™ ; cette valeur est intermédiaire à celle que j’ai obtenue par une coordination avec les observations simultanées avec l’échelle Mestrezat, maximums de 1816 à 18!24, qui me donnait ZL 4.309™, et à celle de la coordination avec les lectures journalières du limnimètre du Grand-Quai de Genève, amiées 1838 et 1839, qui me donnait ZL 4- 4.398'*n Le chiffre que j’ai adopté implique une erreur probable de 1; 5'™‘.

De juin 1840 à octobre 1843, j’ai utilisé les observations du limnimètre à flotteur du Grand-Quai de Genève, en corrigeant l’équation de l’appareil, donnée par G.-H. Dufour, de valeurs de 12 à 75i>™i, représentant la pente variable du Lac jusqu’au Grand-Quai. (-)

De novembre 1843 à janvier 1850, je me suis adressé aux observations du limnimètre à flotteur de Fraisse, à Ouchy ; j’ai dû leur apporter une petite correction, dont la nécessité m’a été prouvée par la comparaison avec les observations simultanées de Morges et Ouchy, en 1850-1854. Cette correction varie de -|- 3"”“ aux basses eaux, à -g 54mm aux hautes eaux.

(') K-.t. Foret. Limnimétrie du Léman, V. p. 16. But. .S. V. S. N. XVII. 300 sq. 1881. — Etude comparative des coordinations. E. PlantamouretForel, mai 1881. Documents vaudois du procès du Léman.

(-) V. F.-A. Foret. Limnimétrie du Léman, V, p. 99 (note).

HYDROLOGIE

4eo

De février 1850 à novembre 1854, j’ai les excellentes observations de Morges, parfaitement repérées par F. Burniei', avec une correction constante de -j- 25''''", représentant la pente du lac de Morges à Genève.

De décembre 1854 à mars 1870, j’ai choisi les oliservations du limnimètre à flotteur de Fraisse, à Vevey, en y apportant quelques corrections trop longues à énumérer ici.

D’avril 1870 à décembre 1880, j’ai pris les chiffres de mon limnographe de Morges, en les complétant, là où cela était nécessaire, par ceux du limnographe de Sécheron.

De janvier 1881 à nos jours, j’ai utilisé les valeurs données par le limnographe Ph. Plantamoui', à Sécheron, près Genève.

11 est regrettable, et pei’sonne ne le sent plus vivement que moi, (jue nous n’ayons pas eu, pour cette longue série d’années, des observations provenant d’un seul et même instrument; nous eussions évité les difficultés, les inceilitudes et les erreurs possibles de coordinations souvent trop compliquées. Mais, dans l’état des documents à notre, disposition, je ci’ois pouvoir donner le tableau suivant, comme ce qu’il y a de plus plausible pour la limnimélrie du Léman.

Ce tableau inscrit : la source des observations, les dates et les hauteurs des minimums et des maximums, l’amplitude de la variation annuelle entre les basses eaux de l’hiver et les hautes eaux de l’été suivant, et enfin la moyenne annuelle (moyenne arithmétique des douze moyennes mensuelles de l’année civile. (‘) Toutes ces valeurs, sauf celles de 1739 à 1753, sont rapportées à ZL — RPN — 3.0™.

Tableau général de la Hmnimétrie du Léman.

Source

Année

MMn

Date

lUDl

Maxli

Date

nuni

Varlailon

Moyenne

annuelle

Genève. Echelle Ma-

ritz.

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