‹ Le Léman, monographie limnologique (volume 2)Chapitre 110 sur 157 · AHC-EN-CIEL REFLECHI SLR LE LAC · texte numérisé non relu

AHC-EN-CIEL REFLECHI SLR LE LAC

la description la plus complète, celle de M. Henri Dnioiir (' ) qui donne en même temps l'explication très satisfaisante de l'apparition.

Le 10 juin 1889. à 18''10'". M. G. de Palézieux, de Yevey, en station à Rivaz (entre Gully et Vevey) vit se former l'arc-en-ciel sur un nuage de pluie, dans la direction du Valais. L'arc primaire de 41" aussi bien que l'arc secondaire de 52° étaient complets. Le centre de ces arcs, soit le point antisolaire, était à 15° environ sous l'horizon. A côté de ces arcs normaux, il s'élevait en l'air des fragments d'arcs exti-aordinaires. venant couper les arcs normaux à peu près au niveau du lac, mais s'en écartant en delioi's et se peixlant dans les nuages. Ces arcs anormaux avaient la même disposition de couleurs que les arcs normaux, le rouge étant extérieur à Tare primaire, intérieur à l'arc secondaire; ils étaient de même rayon que les arcs normaux respectifs, mais leur centre situé dans le même plan vertical était de 30" environ- plus élevé que le point antisolaire.

Ces arcs anonijaux étaient dus à la réfraction sur les gouttes de pluie et au renvoi à l'œil des rayons solaires provenant de la réflexion de l'astre sur la nappe du lac. Derrière le spectateur s'étendait en effet le golfe de Cully, sur lequel le soleil, bas sur l'horizon (il devait être à 15" environ) était réfléchi en une masse énorme de lumière. Cette image du soleil sur l'eau équivalait à un second soleil, capable de former arc-en-ciel sur le nuage de pluie; de là la formation des arcs anormaux.

(Fig. 129.) Observation de M. G. de Palézieux, 10 juin ISSft.

Le spectacle vu pai- \\. de Palézieux était plus complet encore. 11 parait que le lac était calme pendant son observation. Toujours est-il

('} Note sur une forme rare d'arc-en-ciel. BulL S. V. S. X. XXV, 4(3. Lausanne, ISUO. Voyez aussi l'intéressant mémoire du même auteur sur la réflexion de rarc-en-ciel à la surface d'une eau tranquille, ihkl. XXI, 191. 1880.

((u'il décrit les arcs colorés, luis^si bien les arcs-en-ciel normaux (jne les ai'cs anormaux, se réfléchissant eux-mêmes sur la nappe du lac. C'était donc 8 arcs lumineux qu'il avait à la lois devant les yeux, 4 ai'cs-en-ciel : «, h, c et d, et 4 images <i\ b' , c' d', lig. i'-2\). Le pliénoniéne ne se voit (jue dans des condilions s|)éciales : lac calme derrière le spectateur pour la Toi-mation des ai'cs anormaux, lac calme devant lui pour la formation des arcs réfléchis. Nous en avons cependant déjà 4 obsei'vations, plus ou moins complètes, que l'on ti-oiivei'a aux soui'ces citées plus haiil.

IV. UKKKAC.TIONS NORM.\LES ET ANOHMAEES DANS l'aIR ATMOSI'IIÉHIQUE EN CONTACT AVEC. LE EAC

La trajectoire des rayons lumineux n'est une di-oito que lors(|ue le milieu ([u'ils travei-senl est homogène; sitôt ([ue sa densité varie, ils sont réfractés, déviés de leur marche rectiligne; dans ce cas les objets, aperçus par l'oMl ne sont pas vus à leur place réelle, mais ils apparaissent à une distance plus ou moins grande (ces déviations sont toujours très petites) de leur position effective.

Les couches de l'air atmosphéri(iue sont, par suit*^ de la coujpression progressive des masses siq)erposées. de densité croissante de haut en bas. 11 en résulte des faits de rélVaction. ce <(ue l'on app(Mle la réfraction normale, qui modilient la place apparente de tout objet vu dans une direction autre (|ue celle du zénith.

Oiitiv cette réfraction normale, les Meilin'balions api)ort(''esentr'autres par les actions thermiques et hygrométriiiues déterminent des acci dents locaux de réfraction, les réfractions anoi-males. C'est ce qui a lieu très fré(|uenHnent dans l'air au contacj avec le lac. La température de l'ail' et c(^lle de l'eau sont le i)ius souvent diflterentes : tantôt l'air est réchaulîé, tant(')t il est refroidi par ses i-elations avec la surface du lac. Le plus souvent l'aii- se charge d'humidité pai- l'évapoi-ation de l'eau. Les couches de l'aii- reposaiil innaéihaU'Uient sur le lac sont par cela plus ou moins chaudes, {)liis ou moins humides que les couches sus-jacentes de l'air normal. Les rayons lumineux sont donc déviés anormalement en traversant ces couches en contact avec l'eau du lac. Il en rc'vsu Ite les |)liénomènes intéressants que l'on désigne sous le nr)ni île [■('■fractions et de mirages, en réservant, dans la

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