‹ Le Léman, monographie limnologique (volume 2)Chapitre 48 sur 157 · NOMBRE DE JOURS DIFFÉRENCE · texte numérisé non relu

NOMBRE DE JOURS DIFFÉRENCE

Juin 23 + 2.9»

Juillet 26 4- 2.4

Septembre 4 -|~ 1-^

Les différences sont de même signe, mais un peu plus fortes que oelles de la série précédente.

3"^ Nous avons inauguré en 1889 une nouvelle méthode générale d'observations de la température pélagique des lacs. L'Institut central suisse de météorologie, à Zurich, s'est adressé aux Compagnies des bateaux à vapeur suisses et leur a demandé levn^ collaboration qui a été accordée fort gracieusement. 11 s'agissait de faire mesurer chaque iour, par les officiers des bateaux à vapeur en service, la température superficielle du lac au point où le navire en marche se trouvait vers l'heure de midi. Des instruments convenables ont été fournis par l'Institut à chaque bateau. Les instructions que j'ai rédigées à cette occasion portent :

1° « L'observation de la température du lac doit être faite chaque jour, entre 11'' et 1'', quand le bateau naviguera en plein lac, ou à une distance suffisante de la rive (dans l'eau bleue).

2° » L'observateur fera remplir un seau avec de l'eau puisée directement dans le lac ; il le fera vider après avoir rincé le seau ('), puis il le fera remplir une seconde fois. Il plongera le thermomètre enfermé dans son enveloppe de bois, en l'agitant doucement dans l'eau. Au bout de 1 Va ou 2 minutes, quand la colonne de mercure aura cessé de varier, il notera la température en degrés et dixièmes de degré. II l'inscrira dans le tableau en indiquant l'heure de l'observation, le point du lac où l'observation a été faite et l'état du lac.

3» » 11 faut éviter de puiser l'eau du côté du bateau où l'eau de condensation de la machine est rejetée dans le lac.

^"^ » Quand le soleil brille, il faut mettre le seau à l'ombre pendant qu'on mesure la température.

(*) Pour obtenir l'équilibration thermique des parois du seau avec la température de l'eau.

5° » Dans la rubrique « état du lac » indiquer brièvement l'état du temps et celui du lac. Par exemple : « Grand beau....

couvert pluie brouillard bise sudois grosses

vagues vagues mortes calme, etc. »

6° » Transmettre à la liu du mois le tableau à la Direction des bateaux à vapeur, qui l'expédiera à l'Institut fédéral de météoi'ologie à Zurich. »

Si cette méthode avait été suivie avec persévérance pendant quelques années sur tous les lacs suisses, nous aurions obtenu bientôt une collection de matériaux utiles qui nous auraient permis de donner des valeurs approximatives de l'important facteur climatique de la température pélagique des lacs. Malheureusement, dans cette méthode, on est obligé de faire appel à trop de bonnes volontés, qui n'y sont pas toujours assez directement intéressées, et les observations n'ont pas été continuées pendant une durée suffisamment longue.

Toujours est-il que nous avons obtenu pour le Léman plusieurs milliers d'observations qui s'étendent sur 23 mois, de mai 1889 à juin 1891, et qui nous fournissent un précieux matériel pour la connaissance de la température pélagique du lac. Nous reviendrons plus loin sur d'autres questions qui peuvent être étudiées à l'aide de ces observations ; pour le moment, nous voulons nous en servir pour la détermination générale de la température pélagique du Léman.

Avant tout nous devons critiquer la méthode, et en préciser la valeur.

Les thermomètres étaient du type du thermomètre de bain, thermomètre à mercure, divisé en degrés centigrades, enveloppé d'une chemise en bois. Nous l'avons choisi suffisamment rustique pour résister aux fatigues d'une campagne prolongée. Pourquoi ne pas prendre des instruments plus délicats, divisés, par exemple, en cinquièmes ou en dixièmes de degi'és? La réponse à cette question est facile. Nous n'avons pas voulu attribuer à ces observations une exactitude qu'elles ne sauraient avoir. Ainsi que nous allons le dire, la température de la surface varie au même instant d'un point à l'autre, à quelques kilomètres, souvent à quelques hectomètres de distance, de valeurs importantes atteignant jusqu'à un ou deux degrés. Cela étant, pourquoi donner la température à un dixième de degré près, quand l'instrument, plongé à quelques centaines de mètres plus loin, nous indiquerait

des différence» de 1 ou 2 degrés en plus '? On peut se demander si l'agitation de l'eau causée par la marche du bateau ne mélange pas assez les couches pour que nous obtenions non pas la température superficielle, mais plutôt celle des couches sous-jacentes ? Nous avons reconnu, par des études comparatives, que la couche supérieure, jusqu'à V2 à i™, a sensiblement la même température, que la stratification thermique y est très faible, que l'erreur de ce fait est sans importance. Les erreurs d'observation, les erreurs d'instruments, les erreurs dues à l'équation personnelle de l'opérateur, sont bien plus fortes que le dixième de degré ; il suffit, pour des observations de ce genre, de mesurer la température au degi'é près. Plusieurs de nos collaborateurs ont noté la température de l'eau en demis, en quarts, en dixièmes de degré ; nous en avons tenu compte dans rétablissement des moyennes.

Grâce au nombre considérable des bateaux naviguant sur le Léman, alors même que tous les services ne les amenassent pas en plein lac à l'heure réglementaire de midi, nous avons le plus souvent un nombre suffisant d'observations, surtout pour les mois d'été, pour que nous puissions en tirer des moyennes valables.

Comment utiliser ces milliers de lectures ('), de valeur assez inégale, il faut l'avouer ?

J'aurais pu choisir dans les séries d'observations celles qui me paraissaient les meilleures et les plus sûres, celles dont les variations correspondaient le mieux avec les faits météorologiques, celles qui dénotaient le plus de soin. Mais en agissant ainsi, je n'aurais eu la température du lac qu'en un point spécial, et j'aurais perdu le bénéfice de la multiplicité des observations. J'ai préféré supposer que les erreurs en plus ou en moins s'annuleraient les unes les autres ; j'ai admis pour bonnes toutes les observations qui nous ont été remises, en n'écartant que celles qui présentaient des signes évidents d'inexactitude, et j'en ai pris pour chaque jour la moyenne arithmétique; puis j'ai cherché, comme pour les séries précédentes, les différences individuelles avec les observations journaUères de Genève, et pour chaque mois j'ai tiré la moyenne de la variation. Voici les chiffres que j'ai obtenus.

(M Cette série représente 2705 lectures individuelles.

DATES

NOMBRE ('

NOMBRE

DIFFÉRENCE

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