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(') Voir pour le détail des expériences ; F.-A Fnrel. Matériaux pour l'étude de la faune profonde du Léman. Bull. S. V. S. N., XIV, 137 sq. Lausanne, 1876.
-2(> octobre 1814, devant Morges.
Heure Hauteur du soleil Limite de visibilité
— 45 coLiclier apparent du soleil
La différence entre les cliiffres extrêmes de la profondeiu- de visibilité ne dépassait pas la limite des erreurs d'obsei'vation et l'influencedu lien où l'on opère, comme on le verra plus loin. Le résidtat de ces expériences n'était donc pas conforme à l'opinion théorique que je m'étais laite, non plus qu'avec les observations du P. Secchi.
J'ai dû faire intervenir une hypothèse : l'obstacle à la vision serait dû non à l'absorption de la lumière par l'eau, mais à la présence de poussières en suspension dans l'eau.
Dans une eau physiquement pure, la cause de la disparition d'un corps éclairé serait l'absorption des rayons lumineux par l'eau ellemême ; absorption des rayons solaires qui éclairent le corps, absorption des rayons réfléchis par le corps éclairé ; dans ce cas, il est évident que l'intensité de l'éclairage aurait une grande influence sur la profondeur limite de visibilité.
Si l'eau contient des matières en suspension, les conditions sont tout autres. Le corps éclairé, le disque blanc que nous faisons descendre dans une eau ainsi opalin isée, nous le faisons pénétrer dans un nuage, dans un brouillard formé par les corpuscules opaques flottant entre deux eaux. Dans ces conditions, l'éclaii^age, l'éclat de l'objet que nous contemplons, n'a presque aucune influence sur son apparition ou sa disparition. Tant que les poussières, ou les vésicules du brouillard laissent passer entt^'elles quelque rayon lumineux, un corps quelconque, même noir, reste encore visible ; sitôt que par leur superposition optique elles forment un écran continu, le coi^ps, quelqu'éclairé, quelque brillant qu'il soit, disparaît à nos yeux.
Là donc où l'éclairage de l'objet contemplé a une action manifeste sur la limite de visibilité, nous devons attribuer la disparition du corps à l'absorption des rayons lumineux par l'eau elle-même; là où cet éclairage n'a point d'elïet, là où la profondeur limite de visibilité reste la même quelle que soit la hauteur du soleil, nous devons admetti^e la présence d'un nuage de corpuscules faisant écran optique et arrêtant les rayons réfléchis par le corps en observation.
De là, la diftei-ence entre les observations du Père Secchi qui opérait dans l'eau limpide de la Méditerranée, et les miennes qui étudiaient les eaux plus opalines du lac Léman.
J'ai confirmé ces observations sur le peu d'effet de l'intensité de l'éclairage en interrogeant non plus la hauteur du soleil qui faisait pénétrer plus ou moins de rayons réfractés, mais en m'adressant à l'écran naturel formé par un nuage atmosphérique. En opérant dans le lac sous un ciel traversé par des nuages qui, tantôt me couvraient de leur ombre, tantôt laissaient dans leurs intervalles arriver sous mon bateau l'éclairage du soleil, j'ai obtenu pour la limite de visibilité des chiffi-es égaux :
'23 juillet 1S74. Devant Morges.
Heures Limites de visibilité
18''45"> en plein soleil ^.2^