‹ Le Léman, monographie limnologique (volume 2)Chapitre 99 sur 157 · lOO(X) plus faible que 1 : ."iOOOO · texte numérisé non relu

lOO(X) plus faible que 1 : ."iOOOO

(-') X ^^ longueur d'onde.

\i\i. z: millionnièmes de millimètres.

(•^) Les solutions au 1 : 100" que j'avais d'abord employées sont d'un ton trop Itrillant qui éteint trop par comparaison la teinte peu éclairée de la lumière venant du lac, et fait paraître celle-ci grise. Les solutions au 1 : 200« sont en revanche trop colorées pour l'étude de l'eau dans un tube de Bunsen de 6'" de long; dans ce cas', j'emploie des solutions au 1 : îJOO''. Suivant les nécessités, on peut changer le titrede la solution.

tioij les liquides colorés, on fera bien de scellei- à la lampe les tubes de verre. (')

Pour autant que les couleui'S opaques de la clirouKditiiOLji'cqjiiie sur papier peuvent représenter les couleurs transparentes d'une solution liquide, la planche IX, p. 464, donnera une idée des tons et des nuances de la gamme que j'emploie. (-) J'y renvoie poin- toutes les caractéristiques de couleur que j'aurai à citer.

Cette gamme de couleurs est d'un usage commode; en la rapprochant de l'œil ou en l'éloignant, en l'éclairant plus ou moins, on airive bientôt à éliminer deux séries de tubes qui sont certainement les uns plus bleus, les autres plus jaunes que l'eau que l'on étudie: on resserre de plus en plus les termes de comparaison, et on atteint enfin une détermination très sûre. 11 y a toutefois certaines difficultés qui résultent en particulier de deux causes :

a. Le contraste simultané des couleurs environnantes, ciel, rive opposée, bord du bateau, etc., qui altèrent l'impression donnée à notre œil par la masse d'eau considérée.

h. La différence des tons ; suivant l'état de la surface du lac, suivant l'éclairage ou suivant la limpidité des eaux, la coideui- propre de l'eau étudiée dans le rayon vei'tical est d'un ton plus clair ou d'un ton plus foncé que celui des tubes de ma gamme avec leur solution au 4 : 200e. Parfois il faudrait une solution plus concentrée, parfois une solution plus étendue, et je dois avouer que cette différence de tons rend souvent la détermination de la couleur peu aisée.

Cependant, je puis dii'e avoir fréquemment essayé l'observation avec des amis et des camarades d'excui'sion, plus ou moins bien pi'éparés à cette expérience; nous arrivons généralement aux mêmes appréciations et nous indiquons tous comme nuance de l'eau les mêmes numéros de ma gamme. L'incertitude n'est jamais bien forte et reste touj'ours entre deux numéros de la gamme. C'est tout ce qu'on peut demander à une méthode dans des conditions aussi peu précises d'expérimentation. (•')

(1) Il faut même apporter une grande attention à cette fermetiu-e a))Solument hermétique ; sinon l'ammoniaque s'évapore et le liquide s'altère très vite.

('-) Les naturalistes qui voudraient essayer ma gamme la trouveront chez M. G. -S. Penfold, fabrique d'instruments de physique, 10, Grand'Rue, Genève.

(■') Ma gamme de couleurs a été composée pour l'étude des eaux du Léman et des lacs subalpins. Elle a cependant pu être utilisée ailleurs et plusieurs de mes amis ont pu préciser, grâce à elle, les nuances d'eaux très diverses. M. le prof-

Eu po.ssossion de ces deux méthodes, j'ai étudié la couleur des lacs, et j'ai commeucé pai- une première constatation très importante. J'ai reconnu que la couleur d'un lac est constante et ne varie que dans des limites assez restreintes. Certains lacs sont bleus, et toujours bleus, tl'autres lacs sont glauques, d'autres lacs sont verts.

C'est par une étude prolongée des eaux du Léman que j'ai établi cette loi. Pendant deux années, 1886-1887, j'ai noté dans toutes les circonstances possibles la couleur de l'eau avec mes crayons de pastel ; en 1887 et 1888, j'ai utilisé pour ces études un colorimètre fort ingénieux, que m'avait confié un ami, M. F. (^ornu, cliimiste à Bàle; pondant cinq années, à partir de 1SS7. j"ai comparé à ma gamme de couleurs les nuances de l'eau chaque l'ois que je naviguais sur le lac. J'ai reconnu que j'avais toujours devant moi de l'eau bleue, légèrement teintée de vert; j'ai reconnu en même temps que je rencontrais deux éléments de variations, à savoir :

1° Lorsque l'eau trouble d'affluents débordés s'est déversée à la surface du lac, l'eau de celui-ci est salie et sa couleur est altérée localement. Ces eaux sales, ([ui jaunissent ou verdissent le bleu du lac, sont en généi'al étalées en taches plus ou moins étendues, occupant parfois quelques kilomètres cari'és; elles sont bien délimitées et doivent être évitées poui- une bonne déflnition de la couleur de l'eau du lac.

i2o 11 y a une variation notable résultant de la limpidité des eaux du lac. Quand les eaux du Léman sont limpides, elles sont plus bleues, quand elles sont opalines, elles sont plus vertes. C'est ainsi que les eaux d'hiver plus h'anspareules sont exprimées pai" les luunénts lll-IY de ma ganune de couleurs, plus exactement (i à 8"/,. de jaune, les eaux d'été par les ninnéros IV-V, plus exactement iO à 12 "/o. Telles sont les limites extrêmes de la variation de couleiu- de la masse générale du lac, et je puis définir la couleur moyenne du LiMuaii par le n" IV de ma gamme, soit un mélange de 91 de solution ])lcue et de 0 de solution jaune.

Pour les autres lacs, mes études sont moins serrées. Depuis 1874,

O. Knimmel, de Kiol, pondanl l'exprdition du \(Uii}nitl, s'en est servi avec succès pour caractériser les teintes des diverses régions de l'Atlantique. Il l'a appelée du nom de Xanthométre. (Ergebn. der Plankton-Expedition I. C. 89, Kicl, IS'j::})- M. le D' .1. Montfort, de Morge,s, l'a de même facilement utilisée dans une traversée de rAtlanli({ue de Bordeaux à Buenos-Ayres, en novembre 1S88. (Arcliives de Genève XXI, •-^ll, IHSO.) M. Elisée Reclus et M. H. (iolliez s'en sont aussi servis avec fruit pour l'étude des eaux de l'Amérique du Nord.

COULEUR DE l'eau 469

j'ai toujours noté la couleur du lac sur le(iuel je iiaviLTuais, en l'exprimant par les qualificatifs bleu, bleu-vert, vert-bleu, vert; depuis que j'ai des méthodes plus précises,' 1886, je n'ai pas manqué de profiter de chaque occasion pour les appliquer sur diverses eaux. J.e résultat de cette étude, intermittente mais prolongée, est que chaque lac a sa teinte normale, à lui spéciale; qu'elle varie dans des limites peu étendues; que sauf les accidents locaux dus en particuliei- au trouble des eaux torrentielles, les lacs verts sont toujours verts, les lacs bleus sont toujours bleus.

Voici, toutes réserves faites sur le petit nombre d'observations que j'ai pu faire dans chaque lac, la teinte que j'attribue à quelques-uns de nos lacs subalpins :

Léman

iN'

J IV de la gamme (p. 464).

Neuchàtel

Page 1