‹ Le Léman, monographie limnologiqueChapitre 15 sur 174 · RAPACES · texte numérisé non relu

RAPACES

Le Milan noir, Milmis niger Brisson, est un oiseau de passage qui arrive dans notre pays vers le milieu de mars ou le commencement d'avril, qui repart en octobre C). 11 fait son aire dans une fente de rocher. 11 habite les bois du plateau Suisse, les rochers du Salève.

(*) (Communication personnelle.

(2) Tribune de Genève, 17 janvier 1883.

(•■') Estafette de Lausanne, 18 janvier 1883.

(•) Chronique agricole IV, 148. Lausanne 1891.

{^) Communication personnelle.

Q'>) Pour la classe des Oiseaux, outre la Faune des Vertébrés de Fatio déjà citée p. 26, nous avons consulté entre autres :

L.-A. Decker, Mémoire sur les Oiseaux des envii'ons de Genève, 2'' édition. Genève, 1864, suivi d'un appendice d'Edouard Mallct.

J.-B. Bailly, Ornithologie de la Savoie. Paris et Ghambéry, 1854.

V. Fatio et Th. Studer, Catalogue distribntif des Oiseaux de la Suisse. Berne et Genève, 189-?.

(") Cf. Fatio. [toc. cit. p. ^G] II, 49.

ir vient pêcher dans le lac les poissons crevés qui flottent sur l'eau, pour les apporter à ses petits, de là son nom vulgaire de Milan pèc h e u r .

Sa première apparition au printemps sur le lac a été notée les :

23 mars

2 mars

1897, etc

Dans l'hiver de 1879 une paire de Milans ont hiverné dans notre pays. L'un d'eux a été tué parle comte de Puligny à Fraidaigues, St-Prex ; l'autre a été vu par M. C. Monod sur un arbre de son jardin à Morges.

Pendant ses chasses siu' le lac, le Milan est parfois le jouet des Mouettes; j'ai vu une troupe de ces dernières, le 3 avril 1883, poursuivre le lourd rapace en tourbillonnant autour de lui, comme le font les Hirondelles qui harcèlent une Buse.

Le Milan-pêcheur est un oiseau de passage, espèce adventice de la faune du lac.

Ce n'est pas seulement pour la nourriture de leurs petits que les Milans-pêcheurs viennent récolter des poissons sur le lac; le 10 juin 1889, j'ai noté la pêche du Milan qui profitait d'une moilalité abondante de Percliettes pour faire bombance au large de Morges.

FISSIROSTBES DIURNES

Les Hirondelles. L'Hirondelle de cheminée, /:/ù'(o?(/o nisiticaL., l'Hirondelle de fenêtre ou Gul-blanc, Clielidon urbica Boie, l'Hirondelle des rivages, Cotyle riparia Boie, appartiennent à la faune aérienne terrestre. Mais les ravages qu'elles font dans la gent des Chironomes, Tanypes, Ephémères, Peiles et autres insectes dont les larves se développent dans le lac nous forcent à les ranger dans notre catégorie des espèces adventices lacustres. Au moment de la métamorphose des mouches aquatiques, les Hirondelles les poursuivent activement, soit sur le lac même, soit sur terre ferme, ou les insectes

ont émigré. Elles travaillent ainsi directement à débarrasser le lac des matières organisées sous la forme d'insectes. Ces mouches sont emportées sur terre ferme où les Hirondelles en nourrissent leurs petits ; elles sont donc sorties du cycle organique du lac.

Les Hirondelles sont des oiseaux migrateurs. Elles arrivent des pays chauds entre le 25 mars et le l^i' avril (') et nous quittent vers le 10 octobre (-). Quelquefois elles sont surprises par un retour de froid (3), ainsi en avril 1812 et le 15 avril 1816(''), ou par un automne trop hâtif: le 30 septembre 1885 il en périt un grand nombre; j'ai compté 80 cadavres de ces oiseaux dans le bassin du port de Morges; à Vevey, on les ramassait à la pelle {^).

Plusieurs observateurs croient avoir constaté que le nombre des Hirondelles qui estivent dans notre pays a sensiblement diminué dans les dix ou vingt dernières années. Nous l'attribuons à la chasse infernale qui est faite à ces gracieux et utiles oiseaux dans les pays du Midi et spécialement en Italie.

PASSEREAUX DENTIROSTRES

Le Cincle-plongeu r, Cinclus aquaticus Bechst., vit ordinairement au bord des eaux coui-antes et limpides; il s'y nourrit de Crustacés, d'Insectes d'eau, de frai de Poisson ; il niche sur les berges des tor-

(1) Voici la date de l'arrivée des Hirondelles telle que nous l'avons notée à Morges dans les dernières années.

9 avril 1875 1 - 187(3 27 mars 1877 .31 — 1878 31 — 1879 Premiers jours d'avril 188U.

26 mars 1881 4 avril 1882

26 mars 1883 28 — 1884

(■-) Necker. Mémoire sur les oiseaux des environs de Genève. Genève 1864, p. 81.

(S) Au commencement de mai 1740, le froid a fait mourir presque toutes les Hirondelles qui tombaient par les rues, mortes de faim et de froid. Livre de famille -des Blanchenay, biblioth. Forel.

(^) Necker, p. 60.

(■"•) Diana, III, 84, 1885.

23 mars

3 avril

26 mars

rents. En hiver il quitte les livières trop froides et descend jusqu'au lac, comme le Martin-pêche.ur. Dans Thivei" de ISO'i, je Fai vu à plusieurs reprises établi siu- les rocailles d'empierrement du quai du Château à Morges. C'est une espèce Iluviatile, temporairement lacustre.

PASSEREAUX SYNDACTYLES

Le Martin-pêcheur, Alcedo lihpida L., Oiseau indigène, solitaire,, nichant dans les berges des rivières, se nourrissant de petits Poissons, et d'hisectes d'eau. Pendant l'hiver il quitte parfois les rivières et vient sur les bords du lac oii on le voit passer comme une étincelle de lapislazuli dans son vol rectiligne qui rase l'eau. C'est, comme le Cincle, une espèce fluviatile, temporairement lacustre.

ECHASSIERS MACRODACTYLES

LaPoule d'eau, GalUmda chloropiis Lath., se plaît dans les roseaux où elle niche, a des habitudes d'un Palmipède, nage fort bien et plonge encore mieux. Elle est de passage sur le Léman vers la fin de mars et en octobre. Accidentellement elle reste en hiver sur le lac; un oiseau isolé a passé l'hiver de 1879 dans le champ de roseaux de Morges.

La Foulque macronle, Fidicn atra L., vit dans les roseaux, nage avec aisance et se plait dans l'eau ; c'est un oiseau mauvais voilier. 11 se nourrit de frai de Grenouille et de Poisson au printemps, d'herbages en été, de graines en automne ; sa chair devient mangeable à la fin de l'été. Il est de passage à la fin de mars et en octobre.

Les Echassiers de passage dans notre pays, qui peuvent accidentellement venir se baigner- ou chasser leur proie dans les eaux littorales du Léman et y apporter peut-être des organismes ou des germes provenant de pays étrangers, sont donnés dans la liste suivante. Je l'ai dressée d'après Necker et Mallet('), Fatio et Studer(-) et d'après les notes de quelques ornithologistes de mes amis. Les espèces qui viennent rarement ou très rarement dans notre région sont signalées par une ou deux astéi'isques.

(') [loc. cit., Y>. 29] passim.

(^) V. Fatio et TIi. Studer, toc. cit., p. 29.

Vanneau pluvier Pluvier doré PI u viei'-guignard Pluvier à collier inter

rompu Grand pluvier à collier Petit pluvier à collier Vanneau huppé Tourne-pierre à collier Huitrier pie Grue cendrée Cigogne blanche Cigogne noire Spatule Ibis falcinelle Héron cendré Héron poui-pré Héron aigrette Héron garzette Héron crabier Héron blongios Bihoreau G r a n d b u t o r Râle d'eau Piàle de genêts Poule d'eau Bâillon P 0 u 1 e d ' e a u poussin Poule d'eau marouette Poule d'eau ordinaire Foulque macro u le Couidis cendré

Charadrius squatarola L. (') Ch. pluvialis L.

Eudromias niorinellKS L.

Aegialites cantianns Lath.

Ae. Inatxcida L.

Ae. minor M.-W.

VaneUus cristatiis L.

StrepsUas interpres L.

Hsematopus ostralegus L.

Grus cinerea Bechst.

Ciconia alba Bechst.

Page 1