C-i) Archives de Genève, VIII
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vent sur l'antenne. Dents du bord interne du pied-màchoire 2, rarement 3.» (')
Cette espèce est voisine de l'As elle des cavernes, Asellus cavaficus Schiodte, également aveugle et incolore; elle est plus lointainement apparentée avec l'Aselle aquatique, Asellus aquaticus L. La discussion des caractères et des conditions généalogiques de notre Aselle aveugle du lac(-) m'a conduit à admettre que cette espèce est une descendante de l'Isopode de la faune souterraine des cavernes qui a trouvé dans le lac des conditions de vie calme et obscure, analogues à celles de son milieu normal; qu'elle n'est donc pas un produit de transformation immédiate de ['Asellus aquaticus oculé, qui se serait modifié directement dans le lac par le fait des conditions de milieu de la région profonde. Entre les deux généalogies possibles qui s'expriment par les tableaux suivants:
iie hypotlièse.
Asellus aquaticus.
Se hypothèse.
Asellus aquaticus.
A. cavaticus.
A. aquaticus.
A. aquaticus. A. cavaticus. A. Foreli. A. aquaticus A. cavaticus. A. Foreli.
je me décide pour la seconde hypothèse.
Les soies des pattes et des appendices caudaux sont plus petites et moins nombreuses; le nombre des articles des membres et des organes appendiculaires est moins grand dans l'espèce lacustre que dans l'espèce cavicole des Aselles aveugles.
Tigelle des antennes inféi'ieures.
» » supérieures.
Organes olfactifs
Dents du pied-màcboire . . .
A. cavaticus.
A. Foreli
Nous allons retrouver des faits analogues chez les Amphipodes..
(') Voj'ez la description de Blanc. Matériaux, lac. cit. [p. 25J VI" sér. § L. (-) F.-A. Forel. La faune profonde des lacs suisses, loc. cit. [p. 25] p. 170.
Aiiipliipodes.
La Crevette d'eau cl ou ce, Gammarus pulex Fabr., est fréquente -dans la beine pierreuse et dans les gazons des plantes aquatiques. Dans la région profonde je ne l'ai pèchée qu'une seule fois par 40'» devant Morges. Un pêcheur d'Ouchy m'en a remis plusieurs exemplaires recueillis au fond de son bateau après qu'il avait relevé ses filets à Fera venant des très grands fonds du lac. Cette pi'ovenance est douteuse. Henri Blanc n'en a jamais ti'ouvé dans la région profonde. Je tiens pour erratique l'individu unique que j'y ai rencontré.
La Crevette lacustre aveugle, Niph a rgus Foreli Al. Humbert, est une des espèces abondantes de la région profonde. De petite taille, d'un blanc rosé fort élégant, absolument aveugle, elle remonte im peu plus haut que l'Aselle aveugle et se pêche constamment depuis la pro-
(Fig. 180.) yiphargus Foreli Al. Humbert. d'après un dessin d' Humbert. Gross. l"2/l.
fondeur de 30"\ (i) (Fig. 180.)
La même question peut être discutée à son sujet comme à celui de l'Aselle aveugle. Est-ce une espèce littorale, oculée, qui est devenue aveugle dans un milieu obscur? Kst-ce un échappé de la faune des cavernes, déjà aveugle, qui s'est acclimaté dans un milieu assez semblable à son habitat normal pour qu'il y ait fait souche? Humbert n'en faisait qu'une variété du Nipltargus puleauus Koch, Crevette des puits ou des cavernes; il admettait une relation de descendance entre les deux formes ; la Crevette lacustre aveugle proviendrait selon lui de la Crevette des eaux souterraines. C'est, fondée sur des arguments morphologiques, l'opinion que je professe en la basant sur des notions biologiques.
(') Vovez la description complète (ÏAlois Hnmherl. Matériaux, loc. cit. [p. 25] IIP série, | XXXIX.
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Mais d'autre part, j'estime assez impoitantes les dilïérences qui séparent les deux formes pour élever à la dignité d'espèce la variété lacustre d'Aloïs Humbert.
Voici les dimensions caractéristiques données par Humbert de ce qu'il appelait la variété lacustre du Léman du Niphargus des puits, N. Foreli.
Longueur de l'extrémité des antennes supéi'ieures à l'extrémité des dernières pattes sauteuses 12mm
Longueur du corps, du devant de la tète à Textrémité du dernier segment 7
Longueur des antennes supérieures 3
Longueur de la dernière paire de pattes sauteuses 2
Humbert a comparé sa variété lacustre à la variété cavicole en se fondant pour cette dernière sur des animaux qu'il avait récoltés dans un puits, à Onex, près Genève. Les dilïérences peuvent se caractériseiainsi : Les soies et les épines sont moins nombreuses dans la forme lacustre; les organes formés d'articles, tels que les antennes et les pattes natatoires ont une tendance à la réduction du nombre des pièces. Exemple :
Soies et épines. Antennes inférieures, nombre des bâtonnets 7-11
Première paire de mâchoires, nombre des soies
Lames de la 2^ paii-e de mâchoires, id.
Lame du le»' article des pattes-mâchoires, épines » 2'' . » » »
» A"-' » » soies
Articles des organes. Anteimes supérieures . .
Fouet des antennes inférieures
Petit rameau de la l''? paire de pattes natatoires » » 2*^ » »
Grand rameau
Forme
Forme
cavicole.
lacustre
C'est tout à fait parallèle à ce que nous venons de voir chez les deux espèces analogues d'AselIes. .
Entomostracés.
Phyllopotles.
Ces jolis Entomostracés sont parmi les plus nombreux et les plus élégants des habitants vivants des eaux douces. Ils sont richement représentés dans la faune du Léman.
Ils ont été étudiés au commencement du siècle par le naturaliste genevois J urine (^), mais il est probable qu'il s'est borné à pécher dans les étangs et rivières, et qu'il n'a jamais jeté son filet dans le lac. Le produit de mes pêches a été déterminé par le D^' H. Vernet, à Duillier(^), et le D^' A. Lutz, de Berne (■'^). Henri Blanc a étudié la faune du lac dans les environs d'Ouchy ('*). G. Burkhardt, de Bâle, s'en est. occupé dans ses recherches sur le plancton (•"•).
Nous avons à citer les espèces suivantes :
SiDiDÉs. — Sida lim)ïetica G. Burkhardt. \S. crystalVuia, 0. F. M.] Cette nouvelle espèce reconnue par le jeune zoologiste bâlois a d'abord été trouvée dans le Ceresio, plus tard dans d'autres lacs, entre autres dans les pèches pélagiques d'E. Y un g dans le Léman, par 150 à 200"^ de fond {^). H. Blanc a de même reconnu cette espèce dans ses filets promenés entre 100 et 200'" de profondeur. C'est donc une espèce pélagique des couches moyennes ou profondes du lac. C'est probablement la même espèce que j'avais trouvée dans la région littorale, et aussi dans ma drague à filet promenée dans la région profonde; dans ce dernier cas, la capture de ce Cladocère se serait faite dans la montée ou la descente de la drague.
(1) Louis Jurine, Histoire des Monocles qui se trouvent aux environs de Genève. Genève 1820. Avec 22 planches dessinées et peintes par M"" Jurine.
(2) Matériaux, loc. cit. [p. 25] 1" série, § XIV, 4« série, || XLI et XLII.
(3) In lut.
{*} Communications personnelles de H. Blanc.
(^) G. Burkhardt. Faunistische und systematische Studien iiber das Plankton der grôsseren Seen der Schweiz. Revue suisse de zoologie, VII, 353 et suiv., Genève 1900. C^) E. Yuncj., loc. cit., [p. 1-5] p. 354.
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La S. Hynnetica se distingue de la S. crijstallina enti' l'absence des éminences de la tète et du dos, qui servent d fixation; puis par la disposition des dents du borddoi'sald men; ces dents sont souvent groupées par deux ou trois, tandis que dans S. crystallina, elles sont toujours isolées.
Sida crystallina 0. F. Millier. Région littorale.
Daphnidés. — Daphnia hyalina Leyd., région pélagique du Léman. G. Burkhardt divise les D. hyalin a en trois groupes, dans lesquels il répartit les vingt-six variétés qu'il a indiquées dans les lacs suisses.
Dans le Léman,, il a constaté les variétés primitiva et forcli du sous-groupe des microcephala; les variétés richardi, typica, yoniocephala, du groupe des hyalina avec des formes de passage goniocephala - primitiva et goniocephala- foreli ; enfin des variétés stecki et ga-
leuta du groupe des galeata (Fig. isi.) Moina hathycoia h. avec forme de passage typica- l^'l^^^ '^'Tr"" """ ^'""''Vn
^ o o/i H. Ver net. Gr. environ 8d/1.
Stecki (^).
Scajjholeheris mncronala, forma 1, fronte brevi, P.-E. Millier ('■^), région littorale.
Simocephalus vetulns O.-F.-M., région littorale.
Moina hathycola H. Vernet, espèce voisine de la M. hrachiata de Baird. Voici un abrégé de la description qu'en a donnée Vernet(3) : Longueur totale, 65'"^, largeur ma-
e autres par 'appareils de u post-abdo-
(') G. Burkhardt , loc. cit. [p. 96] 47-2-508.
(-) D'après détermination de Ad.Lutz, 19 nov. 1877, tu litt.
<8) Matériaux, loc. cit. [p. 2.1] 4<^ série, | XLII.
ximale, 41'»'". Antenniiles longues et fortes, portent des soies délicates, terminées par une papille sensitive de longueur inégale. Pas de soie au milieu du bord antérieur de l'antennule. Antennes très fortes à leur base, plissées jusqu'à la bilurcation, deux soies au bord antérieur, une au bord postérieur. Premier rameau, trois articles portant les deux premiers, chacun, une soie bi-articulée, le troisième, trois soies bi-articulées à l'extrémité du IVe article, et une soie simple sur les 11^ et 1V« articles. Post-abdomen large, terminé par deux longs crochets, entouré de crochets plus petits et de poils fins. Sur le bord postérieur, 18 crochets principaux en deux rangées, puis quelques crochets accessoires. Deux soies bi-articulées du post-abdomen, de longue taille. Cavité incubah'ice logeant deux œufs. Valves de forme assez irrégulière, boi-dées de soies, ornées elles-mêmes de poils secondaires. Pas de stries sur les valves. Œil formé de lentilles peu nombreuses, mais grandes. Tache oculaire petite, en arrière, au-dessus de l'œil. (Fig. 181. j
Cette Moina nage mal; elle marche sur le sol, au milieu des détritus du limon, dans la région profonde.
Bosmina longïspina Leyd., très abondante dans la région pélagique. Dans ses études sur le plancton des lacs suisses, G. Burkhardt consacre un long chapitre à la systématique des Bosminas ('). Nous y renvoyons notre lecteur, en nous bornant à signaler la présence dans le Léman de Bosminas de grande taille, aussi bien du type longispinabohemica que du type coregoni ; quant aux petites Bosminas, du groupe des Joxgiconiis, il n'y en a pas dans noti-e lac.
Lyngéidés. — Eui'iicereus lameUatus O.-F. Mûller. Cette belle espèce, qui est commune devant Morges à la faune littorale et à la faune profonde, zone supérieure, jusqu'à 100™, a échappé au liletde Jurine; j'en ai tiré la preuve qu'il n'a jamais péché dans le lac. Ajoutons cependant qu'Henri Blanc m'assure ne l'avoir jamais rencontrée à Ouchy.
Camplocercus macrxirus, O.-F. Millier, également commune aux régions profonde et littorale.
Acroperns leiicocephalus Koch.
Alona striata Jurine, et A. quadrangularis O.-F. M., faunes littorale et profonde.
A. grisea Fisch.
A. acanthocercoides Fisch.
(!) G. Burkhardt, ibid., p. 510-687.