V. antlqua Sow., fréquentes sur le sable de la beine
Valvata lacustris S. Clessin. Sous ce nom Clessin a distingué une espèce que j'ai trouvée, moins abondante que les Limnées, dans la région profonde devant Morges. Brot l'avait rapportée à V. obtusa Drap. Clessin la fait dériver de V. antiqua de la région littorale. Voici la description de Clessin (^) traduite de l'allemand : « Coquille turbinée légèrement aplatie, ombiliquée, solide, d'un jaune sale, à striation fine, irrégulière. Spirale à 4-5 tours, de progression très lente, ai'rondis, séparés par
(1) In lut., 23 fév. 1884.
(2) Cette espèce ne descend pas dans la région profonde. Cependant j'en ai trouvé une coquille dans un dragage à 50™ devant Morges ; la coquille était fraîche, mais vide de son animal; je suppose ici un transport par les courants d'une coquille flottante qui aura plus tard coulé dans le fond.
(3) Clessin, toc. cit. [p. 102] p. 177.
une suture profonde; bouche arrondie, à bords réunis, tranchants. — Diamètre 4mm, hauteur 3.2'»™. »
Cette coquille se distingue facilement de la V. anllqua. Sa spirale est moins haute; elle a des tours plus bombés, qui sont séparés par une suture plus profonde. Elleest plus largement ombiliquée, sa bouche est de forme circulaire.
Ancylus laciiHlrts L. dans les ports et bassins où l'eau est relativement stagnante.
A. fliiviatilis Mûll., près de l'embouchure des rivières, sur les piem'es des ténevières, en eau vive.
Les Nayades ont été étudiées par A. Brot en 1867 ('); nous suivrons cet auteur dont la compétence était excellente. Quant aux Pisidies de la région profonde, elles ont été soumises à S. Clessin. qui nous en a donné de bonnes descriptions (2),
Anodonta cygnea L. Forme type, en coquilles dans la collection de Charpentier, proviennent de Villeneuve. La localité n'a pas été retrouvée. Var. rostrata (•') dans le lac, devant le marais de Villeneuve, abondant d'après Brot.
[A. venlncoui C. Pfeiff. Une coquille dans la collection .lurine, avec indicati(m de localité, Genève. Cette espèce n'a pas été retrouvée : son habitat dans le lac est certainement douteux].
A. ceUeiisis Schrôt. Abondante dans les fossés de la ville de Genève aujourd'hui comblés. Var. minor dans les anciens fossés de Genève, dans le poit de Moi'ges, aux Pierrettes près d'Ouchy, à Villeneuve.
A. (Diatina L. la Nayade la plus abondante dans le Léman, sur tous les bords du lac. Var. rostrata près de Genève, dans les zones sableuses de la beine exposées à la vague; var. a&fereriafaauxPàquisde Genève, à Pully, etc.; var. major, environs de Genève, aux Pâquis; var. elongnla, Genève, les Piei'rettes, etc.
(1) A. Brot. Etude sur les coquilles de la fanlille des Nayades qui habitent le bassin du Léman, Assoc. zoolog. du Léman. Genève 1867.
(2) loc. cit. [p. 102].
(3) Pour la synonymie des variétés de Brot, voir le mémoire original.
LAMELLIBRANXHES
Anodoiita Pictetiana Mortillet, C'est la seule espèce nouvelle du Léman. Elle a été retrouvée, depuis sa découverte en 1854, dans les lacs de St-Paul sur Thonon, d'Egeri, d'Amsoldingen, etc. J'en donne la description rédigée par Brot (') : « Solidiuscula, transversè ovata, subtriangularis, compressiuscula, anticè attenuata et compressa, posticè dilatata, in rostrum brève obtuse truncatum desinens. Area compressa, elevata, angulata. Pars anterior regularitei- rotundata (angulus lunulas nuUus). Marge superior ascendens, subarcuatus, posterior rectè descendens (statu juvenili concavus), basalis convexiusculus vel rectus. Umbones haud prominentes, rugis undulatis ornati. Testa in medio Isevigata, striis concentricis rainutis creberrimis sculpta, ad margines rugosa et epidermide foliaceo induta. Color olivaceo-ruber, versus apices rufescens. Ligamentuni pœne omninô obtectum. Margarita nitida, iridescens, anticè incrassata. Long. 99mm , ait. 64mm, cliam. 33™™ (specim. maxim.).
Cette espèce habite Villeneuve, dans le lac: Var. rostrata, également à Villeneuve.
Henri Blanc, de Lausanne, a fait récemment une observation intéressante. Il a trouvé à trois ou quatre reprises quelques larves d'Anodonte, glocJiidium, dans son filet de pêche pélagique; une dizaine en tout. Ce fait est une nouveauté pour un lac d'eau douce; il rappelle les larves ciliées de Lamellibranches trouvées dans le plancton marin, les larves de Drenssena pohjmorpha dans le plancton d'eau douce des lacs de l'Allemagne du Nord C^). Mais il est assez difficile à placer dans le cycle de la vie larvaire de l'Anodonte, tel que nous allons le résumer (•*). En automne, les anifs passent de l'ovaire de la mère dans les compartiments de la branchie externe, au nombre de plusieurs centaines de mille; ils y séjournent tout fhiver. Au printemps, en février
(Fig. 186.) Anodonta Pictetiana Mortillet, d'après un dessin de A. Brot.
Réduction i ■>.
(') loc. cit., y. 45.
(-) Apstein, loc. cit. [p. 14] p. 18-2.
(S) F.-A. Forel. Beitrage zur Entwicklungsgeschichte der Najaden, Wiirzburg, 1866. — M. Braun. Post-embryonale Entwicklung von Anodonta. Zool. Anz. I, 7, 1878. — C. Schierholz. Zur Entwicklungsgesch. der Teich- und Flussmuschel. Zeitschr. f. wiss. Zool. XXXI, 482, 1878.
et mat\s, les œufs, encore entiers, sont expulsés des branchies et sont lancés par le courant de sortie de l'eau respiratoire qui a traversé la chamiDre brancliiale, courant renforcé par une contraction brusque des muscles de la mère. Plus lourds que l'eau, ils se déposent sur le sol environnant, à moins qu'ils n'aient été poussés sur les rameaux de quelque plante lacustre où ils s'accrochent par leur byssus larvaire. Le lil de ce byssus, squi atteint 12"™ et plus de longueur, se déroule dans l'eau jusqu'à ce qu'un Poisson, passant par là, l'accroche à sa nageoire et entraine la larve avec lui. Les gros crochets de la coquille de la lai've, les bouquets de poils qui se développent en longs aiguillon:^, iiritent l'épiderme du Poisson, le provoquent à une tuméfaction, et la larve est bientôt logée dans un kyste où elle séjoiu^ne pendant 2 à 3 mois (72 jours, Braun), en perdant son byssus et en se développant lentement. Elle sort du kyste, tombe sur le sol où elle se transforme en jeune Anodonte en sécrétant une coquille nouvelle sur les sommets de laquelle les restes de la coquille du glochidium demeurent encore visibles. A aucune époque de la vie larvaire, le glochidium n'est nageur; les quelques cils vibratiles qui entourent la bouche et les fosses latérales, ne peuvent absolument pas le faire mouvoir. Jusqu'à meilleure explication, j'attribuerai donc les larves d'Anodonte de Blanc à un transport passif par les courants delà région littorale dans la région pélagique, où ces larves seraient ainsi erratiques.
La Mulettebata ve, UniobatavusLam(^). Cette espèce appartientelle à la faune du lac'? La question est intéressante. Voici les éléments de la réponse.
Et d'abord les citations des auteurs qui en ont parlé: Razoumowsky(-) nous mô\c[uel&.Myapictoi'uni. « Rien n'est plus commun, dit-il, que cette coquille aux bords des lacs de la Suisse, et dans le Pays de Vaud en particulier. » (Il ne parle pas du Léman.) B ride 1 a copié Razoumowsky, pour son énumération des Mollusques; mais il a changé les phra.ses ci-dessus et parle de la Moule commune (Mulette des peintres) comme «très commune dans le lac Léman » {^). .lean de
(1) H. Drouet élève à la dignité d'espèce U. squamosus Charpentier, cet Unio dont Charpentier n'avait fait qu'une variété dé VUniobalavus {H. Drouet, Unionidés du bassin du Rhône, Paris, 1885, p. 50).
(-) loc. cit. [p. 5.5] p. 270.
(8) loc. cit. [p. 55] p. 42.
GharpentierC) cite en fait d'Unios appartenant au Léman : Unio tumidus Retz, lacs de Genève et de Neiichâtel; Unio hatavus Lam., tous nos lacs; var. squamosus Gharp. dans un fossé près deNoville(-). A. Brot(3) nous raconte la trouvaille d'une coquille d'Unio batave sur la grève du lac près de l'embouchure du Vengeron par G. de Mortillet, et la trouvaille d'un second individu faite par Brot lui-même dans le lac devant les Pàquis de Genève. Il ajoute : «je ne peux croire qu'elle ne soit pas accidentelle, car sans cela j'aurais réussi à trouver d'autres échantillons ».
Vers 1870, j'en ai i-amassé moi-même une valve sur la grève du Léman près de l'embouchure du Bief de Lonay près Morges. En 1887, H. Schardt en a trouvé un premier exemplaire vivant à Villeneuve, dans le golfe des Grangettes, où Charpentier, Mortillet et Brot avaient péché en vain ; depuis lors il en a retrouvé presque chaque année quelques individus. En publiant ce fait il a encore cité les trouvailles faites par M. Luge on à St-Sulpice ('') et E. G barbon nier près de Nyon (•"•). Vers 1894, M. Bedot a trouvé un seul individu vivant à la Pointe de la Bise près la Belette, Genève (O). Al. Schenk en a retrouvé à Villeneuve, en 1899. Enfin moi-même j'en ai, en octobre 1899, trouvé quelques coquilles dans des tas de graviers dragués dans le lac devant l'embouchure de la Venoge; après que j'eus signalé ce fait à l'ouvi-ier qui extrait ce sable, il m'en apporta bientôt une centaine de coquilles, toutes fraîches, mais aucun animal vivant ("). 11 est donc probable que le Mollusque vit dans la rivière voisine; mais je dois ajouter que deux tentatives faites par moi et par mon fils pour les découvrir dans la Venoge ont complètement échoué.
(1) loc. cil. [p. 101] p. 24.
(2) Dans la collection Shutlleworth à Berne, il y a quelques coquilles d'Unio batavus, var. squamosus Gharp., avec la note Genfersee. G. Surlieck suppose que ce sont ceux trouvés clans le fossé de No ville. Snrbeck. Die MoUuskenfauna des Vierwaldstâttersees. Revue Suisse de Zoologie, VI, .548. Genève 1899.
(S) loc. cit. [p. 101] p. 51.
(^) M. L u g e 0 n précise mieux la localité. C'est à l'embouchure de la Ghamberonne, à Vidy près Lausanne, qu'il a trouvé chaque année, de 1888 à 1890, des valves isolées, mais fraîches de VUnio batavus, in litl., 28 février 1900.
(5) Bull. S. V. S. N., XXIll, P. V., p. XXII. Lausanne 1888.
(R) G. Surbeck, ibid. .549.
C) Cette Mulette est notablement plus petite que les variétés décrites par Brot qui mesuraient de 65 à 61""" de longueur. Le plus grand de mes Unio batavus de l'embouchure de la Venoge ne mesure que 51"".
En résumé, les citations anciennes sont sans valeur, sauf celle de Charpentier, qui est assez étrange par l'indication qu'il fait de VUnio tu mkl H s daiiis le Léman, où il n'a plus été retrouvé par personne. Au milieu du XIX^ siècle, absence presque complète de VUnio hatavus qui est pourtant cherché avec d'autant plus d'ardeur par M o r t i 1 1 e t et B r o t que cette espèce est abondante dans les lacs de Neuchâtel et de Morat, ainsi que dans les ruisseaux du canton de Genève. Puis dans les vingt dernières années, trouvailles toujours plus nombreuses par Schardt, Schenk, Luge on et moi-même. 11 semble qu'il y ait là une de ces variations, si fréquentes, mais souvent si difficiles à constater dans l'aire d'extension d'une espèce animale. C'est une étude à poursuivre, et elle est d'autant plus recommandable que cette coquille est grosse et ne peut échapper à des yeux qui la reclierchent.
D'autre part, VUnio hatavus qui semble presque éteint dans le Léman, y était autrefois abondant. J'en ai ramassé ime valve dans les ruines du palafitte des Roseaux à Morges (de l'âge néolithique). J'en ai trouvé une coquille dans un puits creusé à Morges sur l'emplacement d'un des anciens fossés du château (jardin Conod). Dans les fouilles du casino de Morges, en 1897, j'ai recueilli une centaine de coquilles de la même Mulette, dans les sables d'un ancien rivage du lac. Enfin H. Schardt nous confirme que «VUnio batavws était très fréquent à une époque qui n'est pas très éloignée, à en juger par la présence de ses valves à l'état subfossile dans les limons de certains endroits de la rive, et dans les anciens sédiments lacustres reposant sur les dépôts glaciaires à la hauteur de 2 à 5™ au-dessus du niveau du lac » {^). M. L u g e on a fait la même observation aux Pierrettes de Vidy (-).
Unio tumidus Retz. Je dois l'indiquer, car il a été cité très positivement par J. de Charpentier comme existant dans le lac de Genève (•*). 11 n'a pas été retrouvé depuis lui. J'en ai cependant trouvé une coquille à l'état subfossile dans les fouilles d'un puits creusé au milieu du jardin Pache, à Morges, sur le trajet des anciens fossés de la ville du moyen âge.
(1) Schardt, Bull. S. V. S. N., XXIII, xxii. Lausanne, 1888.
(-) M. Lugeon, ibid.
(S) Ajoutons que soit Razournowsky, soit Bridel, parlent de la Moule des peintres qui se rapproclie plus par la forme de VUnio tumidus que de VU. batavus.
Ci/clas cornea L., est assez fréquente dans le sable de la beine. Elle manque complètement, comme les Anodontes, à la région profonde.
Pisidium amnkum Mûll.
P. ]ienslowia}tH}ii Schepp.
P. inilfltcJluni Jenyns.
P. nitidum Jenyns. Ces espèces vivent dans le sable et la vase de la beine.
P. Foreli S. Clessiu, très petite espèce, abondante dans la région profonde de 25 à 300'", dérive du P. nlluiuni. Je traduis la description de Clessin (') : « Coquille très petite, ovoïde, mince, transparente, ventrue, striée d'un dessin fin et irrégulier, brillante, de couleur cornée. Sommets larges, gonflés, saillants près du milieu de la coquille. Partie antérieure assez courte, très peu appointie ; partie postérieure arrondie. Bord antérieur un peu courbé, court, limité du côté des bords latéraux par la saillie assez prononcée des ai]gles du corselet et de la lunule; bord postérieur tombant verticalement, peu recourbé, séparé du bord inférieur par un angle assez arrondi; bord inférieur peu recourbé, sa courbure s'accentuant vers le bord antérieur; (Fig.isi.) PiskUum Foreu s. ç]essm.
d'après un dessin de Clessin. Gr. 12 1.
bord antérieur tombant verticalement avec une faible courbure à partir de l'angle de la lunule, formant avec le bord intérieur un angle à peine sensible. Ligament court, mince, en saillie. Nacre très peu développée. Lame cardinale très fine. Valve gauche. Dents cardinales 2. L'intérieure assez haute, s'élevant légèrement d'avant en arrière, à peine courbée; l'extérieure très fine, moins haute, presque droite, entourant presque complètement la dent intérieure. Dents latérales simples ; l'antérieure très près des dents cardinales, assez haute, avec pointe mousse; la postérieure moins haute, moins pointue. — Valve droite. Dent cardinale unique, peu recourbée, s' épaississant un peu en massue postérieurement; cet épaississement est légèrement échancré au milieu, et se prolonge en pointe fine en avant. Dents latérales doubles, très fines, peu appointies, les dents extrêmes très petites. Dimensions. Longueur 2.1'""^, largeur 1.7'"'", épaisseur 1.5'"'". (Fig. 187.)
(') Matériaux, loc. cit. [p. 25] 3<^ série, | XXXV.
P. profimdum Clessin, décrit d'après quelques individus que j'avais dragués près de Chilien par 60 à 80™ de fond. Clessin n'a pas su indiquer l'espèce littorale d'où dérive cette forme. En voici la description traduite de l'allemand ('). Coquille petite, ovoïde, arrondie, assez épaisse, ornée de stries fines mais très irrégulières, brillante. Epiderme de couleur cornée, jaune. Sommets larges, assez saillants, très rapprochés du bord postérieur. Partie antérieure large, assez longue, arrondie; pallie postérieure courte, tronquée. Bord supérieur courbé ; angles du corselet et de la lunule à peine marqués ; boid postérieui- tronqué, limité à ses extrémités par des angles arrondis ; celui qui touche au bord inférieur est très bien marqué; bord inférieur peu bombé, assez recoui-bé cependant vers le bord antérieur; bord antérieur très courbé. Ligament court, fort en saillie. Nacre blanche, calcaire. Lame cardinale large. Valve gauche. Dents cai'dinales, deux; l'interne courte, assez
épaisse, à peine courbée, s'effaçant progressivement en avant, de telle manière qu'elle semble n'être qu'ini épaississement du bord des lamelles cardinales; de même aussi le sillon entre les deux dents cardinales est un peu enfoncé dans les lames, en relation avec la fossette entre la dent latérale antérieure et le bord extérieur des lames; dent cardinale externe courte, mince, peu courbée, faisant à peine saillie en arrière sur la dent interne, en avant ayant presque la même longueurquecelle-ci. Dents latérales, simples ; l'antérieure très solide,haute à pointe émoussée ; la postérieure plus basse. Valve droite. Dent cardinale unique, à peine courbée ; son extr'émité postérieure forme un cône triangulaire court, son extrémité antérieure est très fine, plus basse. Dents latérales doubles; les internes très fortes et assez élevées peu appointies ; les externes très courtes et petites. Diwensio)is: longueur 3.1mm, largeur 2.4™"^ épaisseur 1.6mm. (Fig. 188.)
(Fig. 188.) Pisidimn iwofundum S. Clessin, d'après un dessin de dessin. Gr. 7/1.
(1) Matériaux, loc. cit. [p. 2Ô] 8'' série, | XXXV.
ROTATEURS 111
VERMIDES
ROTATEURS
Après que MM. G. du Plessis, Imhof, Rlanc, et moi-même avions signalé la présence dans le Léman, et spécialement dans sa région pélagique de quelque liuit ou neuf espèces de Rotateurs, leD'E.-F.Weber à Genève, a publié en 1898 une grande étude zoologique, anatomique et biologique : La faune rotatorienne du bassin du Léman (^), d'après laquelle nous allons indiquer la liste des Fîotateurs jusqu'à présent signalés dans notre lac. Une communication obligeante de M. Weber (4 février 1899) me permet d'ajouter encore quelques espèces aux listes publiées dans sa faune rotatorienne.
Sédentaires.
Floscidaria ornata Ehrbg., signalée par du Plessis sur les polypiers de FredericeUa Du Plessisi, dans la région profonde, Morges, Ouchy, etc.
FI. pelaglca Rousselet, espèce pélagique, rare dans le Léman. (Weber, in lUt.)
Megalotrocha semibidlalii Thorpe et M. spinosa Tlioipe; mare de la grève inondable, la Relotte près Genève (Du Plessis et Weber, 2 août 1897). Cette découverte est vraiment extraordinaire. Les deux espèces de Mégalotroches, associées dans la mare de la Relotte, n'étaient connues jusqu'à présent, également associées, que dans deux localités de l'extrême Orient, environs de Rrisbane, Australie, environs d'Hongkong, Cbine. Elles ont disparu delà mare de la Relotte, et n'ont depuis lors été retrouvées nulle part. (Weber, mars 1900.)
M. albo/laviccDïs Ehrbg. Trouvée à la Gabiule et à la Relotte par G. du Plessis. (Weber in litt.)
Conochiius unicornisI{ousse\et, région pélagique, signalée par Imhof sous le nom de C. volvox, retrouvée par Weber qui en a rectifié la dé-
(1) Revue suisse de Zoologie, T. V, Fasc. 3 et 4. Genève 1898.
signatioii spécitique. C. volvox est une espèce palustre, C. unicoDiis une espèce lacustre.
Arpenteurs.
Philodlna roseoln Ehrbg., région littorale.
Rôti fer macrocerus Ehrbg., embouchure du Flon, Vidy près Lausanne. C'est une forme palustre erratique dans le lac. (Weber.)
Hageui's uns.
Asplanchna pnodonta Gosse \A. helvetica Imhof], abondante dans la. région pélagique, en toutes saisons.
AsplcDidinopus mynneleo Ehrbg., quelques individus péchés en août 1897 par Weber et G. du Plessis dans une mare de la grève inondée à la Gabiule près de Bellerive. Cette espèce paraît très rare dans notre pays; elle n'est probablement pas lacustre.
SyncJiaeta peciinata Ehrbg., abondante dans la région pélagique en toutes saisons.
Polyartlwa platyptera Ehrbg., abondante dans le Léman en toutes régions, spécialement dans la région pélagique.
Tr'mrthra loiigiseia Ehrbg., pélagique, abondante en toutes saisons. (Imhof; Weber in litt.)
Hydatina senta Ehrbg., mares de Vidy, espèce palustre des mares croupissantes. (Weber.)
Proaies iigndia Gosse, phragmitaie de la Belette, littorale. (Weber, in litt.)
Nageurs cuirassés.
Enchlanis tremida Ehrbg., région littorale, phragmitaie de la Belotte. (Weber in litt.)
Anurea acideata Ehrbg. type et var. hrevispina Gosse, pélagique du Petit-lac, rare. (Weber i)i litt.)
A. colilearis Gosse, région pélagique du Léman, abondante en toutes saisons.
Notliolca foliacea Ehrbg., région pélagique du Petit-lac, rare. (Weber in litt.)
N. strata O.-F. Muller, phragmitaies du littoral (W^eber), variété labis Gosse, dans le lac à Corsier en avril 1889 et 1890. (Weber.)
N. longispina Kellicott, région pélagique du lac, en toutes saisons.
Plœsoma truncatum Levander, région pélagique du Léman, peu abondante.
ROTATEURS, RRYOZÛAIRES 113
PL Hii<lso)ii Imliof. Quelques individus péchés par Weber devant Asnières, octobfe 1888. Retfouvée depuis lors dans la région pélagique.
Gaati'opus stylifer Imhof, espèce pélagique, assez commune.
Anapiis ovalis Bergendal, pêchée par Weber dans le lac en juin et juillet 1898.
.4. testudo Lauterborn, pélagique, relativement rare, péchée par Weber au large de Montreux en mai 1898.
Nous avons là 26 espèces constatées dans le domaine du lac. C'est peu si nous comparons ce nombre à celui des espèces connues dans la faune indigène.
D'après Weber, voici le tableau des espèces de Rotateurs du bassin du Léman.
Espèces connues
dans le bassin
du Léman.
Espèces dans
connues le lac.
Rotateurs
sédentaires
arpenteurs
nageurs nus
cuirassés
sauteurs
C'est le quart seulement des espèces indigènes qui appartiennent à la l'aune lacustre. Il est probable que des recherches ultérieui'es amèneraient la trouvaille dans la région littorale d'un grand nombre d'espèces palustres de ces petits animaux, qui doivent arriver à l'état erratique dans le lac. Leur très petite taille en rend la recherche difficile et la trouvaille presque accidentelle.