‹ Le Liban et l'expédition française en Syrie, 1860-1861. Documents inédits du Général A. DucrotChapitre 3 sur 20 · AVANT-PROPOS VII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS VII

Quoi qu'il en soil de ce passé douloureux, la Grande- Bretagne, devenue aujourd'hui notre alliée, "a combattu avec une noble vaillance et une admirable ténacité pour la cause du droit contre toutes les formes de la barbarie germanique et ottomane. Ses conquêtes en Mésopotamie et en Palestine, ses brillants succès militaires en France réparent glorieusement ses fautes ou erreurs anciennes. Autant sa conduite en Syrie fut blâmable en 1860, autant ses beaux efforts, au milieu des péripéties émouvantes de la grande guerre contre les ennemis de la France, sont dignes de tout éloge et de l'admiration universelle.

Cette page honoralile de son histoire ne peut cependant faire oublier son action néfaste dans l'expédition de 1860. Les temps ne sont pas les mêmes. Xous raconterons donc les faits en toute sincérité, guidé par les grands chefs de l'armée expéditionnaire, dont le témoignage de premier ordre est irrécusable. Parmi eux il faut citer le généial Ducrol qui fit partie de l'expédition sous le commandement du général de division, de Beaufort.

Dans Sa vie miliiaive d'après sa correspondance, publiée par ses enfants, en deux volumes, en 1895, à la Librairie Pion, on a inséré les lettres qu'il éci'ivit alors de Beyrouth à Madame Ducrol et à son frère. Ces lettres sont des plus instructives. Il y dit simplement, franchement, ce qu'il a vu, ce qu'il a entendu, ce qu'il a fait, ce qu'il pense. Les événements qui se déroulent sous ses yeux sont appréciés avec une liberté toute

vin AVANT-PROPOS

militaire. Nous puiserons souvent à cette excellente source.

Mais, en dehors de ces lettres, que de documents encore inédits dans les M^'Muoires du général ! Ses enfants ont bien voulu les nietti-e à notre disposition. Nous les utiliserons dans iiotic Irnvail. Ils seront lus, croyons-nous, avec plaisir et prolit.

Ces dociunents, d'une haute valeui*, rrsient cependant incom})lels sur plusieurs points. Nous cond)lerons les lacunes par les Ménioii'cs, également inédits, de l'amiral Gicquel des Touches et les lettres de l'amil'al le Barbier de Tinan au Ministère de la Marine, l'un et l'autre témoins ocnlaii-es des faits et gestes de notre armée d'occupation. Aussi, à côté de faits connus, qui ont été l'oljjcl de |)ul)licalions très estimées, le lecteur bienveillant trouvera dans notre travail de nombreuses pages d'un iidérèt nouveau et instructif.

SOURCKS

Page 1